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VACCINE

# 4 beaucoup de gens n’hésitaient pas à se faire, comme on “disait, varioliser, à sefaireinoculer artificiellement la ma- - ladie, Malgré quelques insuccès, malgré des cas excep- tionnels de variole grave et même mortelle, cette . variolisation avait été acceptée en Europe par toutes les classes éclairées, quand survint en 1798 la découverte de Jenner. Elle substituait une inoculation très bénigne, toujours inoffensive, à uneinoculation des plus périlleuses. __ Jenner eut ce mérite de ne pas dédaigner et traiter par le mépris une curieuse tradition populaire, Depuis longtemps, les paysans du comté de Gloucester racontaient que les vachers et les vachères, qui avaient contracté, en trayant les vaches, une maladie pustuleuse assez fréquente au pis deces animaux, échappaient à la variole, Jenner s’imposa treize ansde patientes recherches pour contrôler et vérifier cette bizarre assertion. L’ayant reconnue exacte, il n'hésita pas à inoculerle liquide pris sur les pustules du pis de la vache. Il constata que les sujets ainsi vaccinés échappaientensuitenon seulement à la maladie spontanée, mais à toutes les tentatives ultérieures de variolisation. Sa grande découverte était faite. Et, fait très rare dans la science, cette nouveauté se répandit très vite et fut fort bien accueillie.

La loi sanitaire de 1902 a justement rendu la vaccinaüon obligatoire et précisé les conditions très strictes de cette obligation.

ART. 6. — 1° Pour la première vaccination, la liste comprend : Tous les enfants ayant plus de trois mois et moins d’un an le jour de la séance de vaccination, nés dans la commune et relevés sur le registre de l’état civil;

Les enfants du même âge nés dans une autre localité et résidant dans la commune ;

Les enfants plus âgés qui n'auraient pu être vaccinés antérieurement pour une raison quelconque ;

Ceux qui, antérieurement vaccinés, doivent subir une nouvelle vaccination, la première n’ayant pas été suivie de succès.

Pour la première vaccination, la liste comprend, d’après l’état civil et les renseignements fournis par les directeurs des établissements d'instruction publics ou privés, tous les enfants inscrits

dans les écoles qui sont entrés dans leur onzième année au moment de la séance de vaccination.

Les enfants qui reçoivent l'instruction à domicile doivent être déclarés par leurs parents ou tuteurs dans les mêmes conditions et portés sur la liste.

Pour la deuxième vaccination, la liste comprend toutes les personnes qui se trouvent au cours de leur vingt et unième année et résident dans la commune.

Les parents ou tuteurs sont tenus d'envoyer les enfants aux séances de vaccination, de les soumettre à l'opération vaccinale et à la constatation des résultats de cette opération au cours de la séance de revision. Toutefois, ils sont libres de satisfaire à leur obligation en déposant à la mairie un certificat constatant la vac= cination ou la revaccination de leurs enfants avec la date et le résultat de ces opérations, délivré par le médecin ou la sagefemme qui les aura pratiquées.

Le vaccin de génisse donne la sécurité la plus complète contre la variole ; il expose au minimum d'accidents. On évite tout mélange de microbes pathogènes : 1° en recueillant la pulpe avec une extrême propreté ; 2° en évitant de recueillir les croûtes des pustules, siège ordinaire de ces microbes.

3. Isolement des malades; précautions à prendre par ceux qui les soignent.

Les malades atteints de maladies contagieuses doivent être complètement séparés. Seules, les personnes indis= pensables pour leur donner des soins auront accès dans la chambre d'isolement. Ces personnes s’astreindront à des précautions minutieuses pour éviter soit de contracter elles-mêmes, soit de propager la maladie. Voici (et ce sera le meilleur exemple) les règles nécessaires contre la maladie la plus contagieuse de toutes, la variole, Les précautions particulières aux autres maladies infectieuses seront indiquées pour chacune d’elles au chapitre suivant.

La variole, qu’il serait si facile de faire disparaître par la vaccine, est une maladie grave. Sa mortalité reste très forte, surtout chez les sujets n'ayant jamais été vaccinés. Dans l'épidémie de 1870, elle atteignit jusqu à 70 pour 100, Les malades guéris conservent souvent des lésions du

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