VACCINE
rement disparu. Pour toute l'Allemagne, il survient souvent moins de décès par variole, en toute une année, qu'il n'y en a assez fréquemment, en une seule semaine, pour la seule ville de Paris. — De 1874 à 1886, l’armée allemande n’a eu qu'un seul décès par variole. Pendant toute la campagne de 1870, à une époque où la loi allemande était moins inflexible qu'aujourd'hui, cette armée perdit 459 varioliques. Mais le parallèle des pertes subies comparativement chez nous, où la vaccine était alors absolument négligée, est profondément triste. Nos troupes eurent 23.400 décès par variole. Nous perdimes presque l'effectif d’un corps d'armée.
Les merveilleux résultats donnés par la vaccine ont parfois conduit à des espérances chimériques. On entend sans cesse parler de vaccination contre la tuberculose, contre la diphtérie, etc. Il ÿ a là une illusion dangereuse pouvant conduire à négliger les modes de traitement vraiment efficaces. La variole est une maladie bien différente, comme allures, de la tuberculose et dela diphtérie. Une première atteinte confère pour de longues années l’immunité, Les récidives sont fort rares. Dans la tuberculose, dans la diphtérie, les rechutes, les récidives sont, au contraire, très fréquentes. Les sujets atteints une première fois sembleraientmême plutôtoffrirune vulnérabilité particulière. On voit donc les difficultés de les protéger par une vaccination.
Sans trop compter sur des découvertes encore incer= taines et peut-être impossibles, l'essentiel est de ne pas négliger lerésultat bien démontré de la vaccine. Si l’on applique rigoureusement en France la loi de 1902, la variole disparaîtra.
En Allemagne, ce résultat estdepuislongtempsacquis. Les rares cas de variole qu'on y observe se voient surtout dans les pays de frontière : ils sont importés par des voyageurs ou des émigrants. Fait curieux : plusieurs fois, leur diagnostic fut méconnu tout d'abordpar des médecins tort instruits. Quand on leur reprochait de n'avoir pas
dû
fait la déclaration obligatoire, ils donnaient cette excuse très curieuse : « La variole est devenue si rare en Allemagne que nous n'avions jamais eu occasion de voir un seul cas de cette maladie. »
M. Duclaux, en 1895, a comparé la mortalité par variole en Allemagne à celle des autres pays de l’Europe. Pour
Fig. 45. — Flanc d’une génisse vaccinifère, avec pustules vaccinales, (Ces pustules, bien plus nombreuses que dans le cow-pox spontané, ont été obtenues par inoculation.)
un décès variolique en Allemagne, il y en a 3 en Suisse, 19 en Angleterre, 25 en Belgique, 81 en Hollande et 201 en France.
Depuis lors, la situation en France s’est beaucoup améliorée ; mais on voit qu'il y a encore un effort sérieux à faire.
Au xvinr siècle, la terreur causée par la variole était telle qu’elle avait conduit à un moyen bien audacieux de prophylaxie. Comme la variole inoculée était, en général, beaucoup moins grave que la variole spontanée,