VIII PRÉFACE
L'importance des connaissances hygiéniques el de leur application pour l'individu lui-même, pour sa vigueur, pour sa santé, pour sa longévité, n’a pas besoin de démonstration. Sans doute, de temps à autre, quelques esprits faux risqueront le fameux paradoxe : « Nos pères faisaient beaucoup moins d'hygiène; ils vivaient plus vieux et ne s’en portaient pas plus mal. » Cette plaisanterie facile repose sur une inexactitude. La durée moyenne de la vie a subi, en effet, depuis un siècle, une augmen:tation très notable. Il y a là un gain précieux d’existences humaines, gain dû tout entier au progrès de l'hygiène et qui pourra encore s’augmenter considérablement par la suite.
Sur la vigueur plus grande et sur la santé plus robuste, soit de nos pères, soit des populations les plus dédaigneuses de toute loi d'hygiène, il y aurait également beaucoup à objecter. On ne peut contester que la vie rude, sans ménagements, sans soins minutieux du corps et de la santé, ne finisse par opérer une véritable sélection. Elle tue très vite les faibles et les chétifs; elle ne laisse subsister que les plus robustes; mais cette sélection s’achète par un déchet considérable. Il faut d’ailleurs avouer que, pour l'individu, l'important est de survivre. Cette préoccupation personnelle a plus de prix à ses yeux que la vigueur générale de la race.
En outre (en particulier à propos de certains chapitres sur l'hygiène individuelle), il sera facile de montrer que celle-ci peut au contraire devenir