PRÉFACE XI
de son rôle. Sans doute, la lutte contre les maladies évitables n’est en France qu’à son début. Beaucoup de progrès restent à faire. Avec une surveillance suffisante des eaux potables, certaines maladies, comme la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie, disparaîtraient. L’assainissement des marais etla lutte contre les moustiques achèveraient de supprimer les fièvres intermittentes, d’ailleurs déjà moins redoutables aujourd’hui qu’autrefois. La tuberculose, le fléau de nos temps modernes, réclamerait une série complexe de mesures contre la contagion, contre l’alcoolisme et contre les logements insalubres. Le danger des principales intoxications (alcool, absinthe, falsifications diverses, plomb, mercure, intoxications professionnelles) est souvent mieux précisé dans la théorie que combattu dans la pratique. L’effort qui s'impose reste donc considérable. Mais cet effort ne doit pas faire méconnaître les résultats déjà obtenus. Au point de vue de la science pure, ce n’est pas un mince mérite de Phygiène d’avoir fixé avec tant de précision les réformes et les améliorations nécessaires. Bien posé, le problème est à moitié résolu et l’exécution s'impose d'elle-même. Mieux encore que cette rapide vue d'ensemble, l'étude détaillée de ce qui a trait à l'alimentation, à la respiration, à l'hygiène individuelle, fournira de nombreux exemples pour cette importante question de l'hygiène en général.
Dans ce livre nous avons tout naturellement donné la première place aux questions intéressant directement l'individu ou la famille. Les développements accordés à l'hygiène sociale devaient être forcément beaucoup moindres. Ils suffisent pourtant à montrer les résultats déjà obtenus.