Ce qu'on doit et ce qu'on peut manger
Le choix judicieux et raisonné des aliments exerce sur la santé la plus grande influence. Ce choix doit être déterminé par des raisons multiples. Il fauttenir compte, en première ligne, de la composition chimique des aliments, qui, comme on le verra, doivent à cette composition des propriétés variables. Les uns servent surtout à la nutrition et à l'accroissement des tissus du corps, les autres à l'entretien de la chaleur animale et de l’énergie musculaire.
Pour le choix des aliments, on doit tenir compte, en second lieu, de l’âge et du genre de vie. En dehors du régime tout spécial nécessaire au nourrisson, dont nous parlerons dans le cours de cinquième année à propos de
l'hygiène de la première enfance, l’enfant et l’adolescent ont besoin, pendant toute la période de leur croissance, d'aliments riches en phosphates et en sels calcaires, leur fournissant les matériaux destinés à assurer le développement de leurs os et de leur système nerveux. L’adulte travaillant beaucoup en plein air doit avoir une alimentation presque double de celle de l'adulte sédentaire et menant une existence confinée. Cette alimentation variera beaucoup, suivant la saison. Les graisses, les féculents, les sucres, substances excellentes pendant la saison froide pour maintenir la chaleur du corps, deviennent, en été, moins utiles et parfois même défavorables. Le vieillard a besoin d’un régime très surveillé, d'aliments de digestion très facile. On doit, chez lui, tenir compte de l’état souvent défectueux des dents, lui donner des aliments en hachis ou en purée, qui n’exigent pas une mastication trop difficile. Pour le vieillard qui ne travaille pas et sort peu, on doit, plus encore que pour l'adulte sédentaire, réduire la quantité des aliments.
Le troisième point dont il faut se préoccuper, et peutêtre le plus important de tous, c’est la qualité des aliments. Par une erreur des plus communes et des plus préjudiciables à la santé, on n'est pas toujours, même dans les familles aisées, assez sévère sur cette qualité parfaite. On consomme de la viande ou du poisson de fraîcheur douteuse ; on finit, après un ou deux jours, une boîte de conserves entamée, qu'on a laissée ouverte, On est parfois séduit par l'extrême bon marché d’un produit alimentaire. Certes, il est raisonnable de vouloir diminuer les dépenses de l'alimentation, qui, surtout pour les familles un peu nombreuses, sont souvent fort lourdes. La connaissance de la composition des aliments, de la préparation culinaire permet de choisir la nourriture la moins coûteuse; mais c'est une faute grave de chercher l'économie au détriment de la qualité. Cette faute se paie fréquemment au détriment de la santé.