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CORSET

duire des effets fâcheux sur les organes placés en dessous et sur leurs fonctions. Ses effets sur la respiration, sur le foie, le rein, l'estomac, seront étudiés ultérieurement. Bornons-nous à signaler ici le rôle du corset dans Îa production dela constipation et de l’atrophie des muscles.

L'intestin est très mobile ; il se laisse comprimer et tasser très facilement. Le corset pressant sur le ventre, les fonctions intestinales en souffrent ; des points rétrécis se forment entre les anses de l'intestin et gênent la progression des matières, ce qui provoque la constipation avec tous les troubles digestifs et nerveux qui en résultent.

La constipation, malheureusement si fréquente chez la femme, est encore favorisée par ce fait que le corset, en comprimant la base du thorax, gêne la production de l'effort nécessaire pour l’expulsion des matières. Voilà pourquoi il est d’une sage pratique de se présenter à la garde-robe le matin, ayant de mettre son corset.

Un autre inconvénient du corset consiste dans l’affaiblissement et l’atrophie des muscles qu’il comprime. Les muscles du dos, en particulier ceux qui nous font maintenir notre colonne vertébrale droite et la redressent une fois qu’elle a été inclinée, en subissent les fâcheux effets. C’est une loi bien connue en physiologie qu’un organe qui ne travaille pas s’atrophie. Le corset forme une espèce d’attelle sur le dos à l'endroit des reins. Les muscles n’ont plus besoin de travailler pour maintenir le dos droit dans cette région; les mouvements même en sont gênés. Ainsi en partie par l’inaction, en partie à cause de la compression qu’ils subissent, les muscles correspondants s’atrophient.

On entend souvent les personnes habituées au port du corset dire qu’elles n’ont pas de force, une fois leur corset enlevé ; il leur semble qu’elles vont s’affaisser. Cette sensation de faiblesse provient de l’atrophie de leurs muscles.

Il est évident que, plus on se serre dans le corset, plus

ses mauvais effets sont accentués. Mais il est une remarque que la plupart des médecins sont à même de faire : il est tout à fait exceptionnel de rencontrer une personne qui convienne qu’elle est serrée dans son corset ; cela n'arrive, pour ainsi dire, pas, tandis qu'il n’y a rien de plus commun que de constater, à l'examen des malades, les troubles que le port du corset a causés.

Est-ce toujours de la mauvaise foi de la part des personnes interrogées ? Non, mais peu à peu l’accoutumance se produit et, au bout d’un certain temps, on ne sent plus la constriction, tandis que ses effets fâcheux continuent à se manifester. Ge qui fait ainsi illusion à beaucoup de personnes, c’est qu'en faisant une expiration forcée, elles peuvent très facilement passer la main entre le corset et la peau.

Malheureusement, les conditions changent, lorsqu'elles exécutent un mouvement, ne füt-ce que celui de l’inspiration; déjà la base du thorax butte contre le corset qui la gêne dans son expansion. C’est encore pire, si cette personne doit se baisser pour rattacher son soulier, par exemple. Aussitôt les buscs du corset compriment les viscères abdominaux et les gros troncs vasculaires. La personne en éprouve un grand malaise ; sa face se congestionne et, au bout d’un moment, elle est obligée de se redresser. Supposez encore cette même personne un peu myope et forcée de se pencher sur son écriture : au bout d’un certain temps, le bord inférieur du corset va comprimer les vaisseaux du pli de l’aine à gauche (puisqu'on se penche de ce côté pour écrire), ce qui produira de l’engourdissement et une douleur intolérable du membre correspondant.

Et nous pourrions multiplier les exemples à l'infini.

Alors, il ne faudrait pas porter de corset ? Oui et non.

Nous avons dit plus haut que le corset règle aujourd’hui la statique du vêtement féminin. Si, tout en conservant la forme générale des vêtements actuels adaptés au corset, on se passe de celui-ci, on n’y gagnera guère.

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