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CHAPITRE PREMIER

HISTOIRE DES VICISSITUDES DES CHEVEUX ET DE LA BARBE CHEZ LES DIVERS PEUPLES DE LA TERP.E ET PARTICULIÈREMENT CHEZ LES FRANÇAIS.

Les peuples de l'antiquité, plus raisonnables que les modernes sous plusieurs rapports, regardaient la barbe et les cheveux non-seulement comme ornement naturel de la* face et du crâne, mais comme indispensables a l'hygiène des divers organes que présente la tête ; aussi veillaient-ils à leur conservation et n'en retranchaient-ils que l'excès devenu incommode.

L'arl de la coiffure était alors parfaitement cultivé, et notre civilisation est peut-être, sur ce point, restée en arrière de l'ancienne. Les Perses se frisaient scrupuleusement la barbe et les clieveux ; les Lydiens et les Ioniens entremêlaient leurs cheveux de filets dorés et les nouaient avec des rubans de pourpre.

Les Grecs et les Romains se montrèrent grands appréciateurs d'une belle chevelure; ils employaient tout ce que l'art pouvait inventer pour l'orner, la conserver et la rendre plus longue, plus touffue. Les dieux et les déesses de l'Olympe étaient représentés avec une chevelure magnifique. Les poètes donnèrent aux Muses le nom de déesses aux beaux cheveux, et ils symbolisèrent dans Vénus la beauté typique de la chevelure féminine. Les héros des temps homériques, Érecthée, Thésée, Hercule, Achille, etc., se faisaient remarquer autant par un luxe de cheveux bouclés que par leur courage, Périclès, Alcibiade, et tous les élégants de ces lointaines époques, étaient fort recherchés dans ce genre de toilette, et ne paraissaient en public qu'avec une chevelure retombant sur les épaules en boucles embaumées. Les guerriers mêmes, depuis le capitaine jusqu'au soldat, ne dédaignaient pas d'employer les heures de loisir a soigner leurs cheveux. On sait que les trois cents Spartiates, aux Thermopyles, se peignèrent et se couronnèrent de fleurs avant ce fameux combat, où ils devaient trouver la mort et l'immortalité. L'empereur

Trajan cultivait si bien ses cheveux, qu'il dulii leur longueur et a leur épaisseur le surnom de Crinitus chevelu).

Mais ce fut surtout cliez les femmes que l'art de cultiver et d'orner les cheveux fit d'immenses progrès ; les Grecques et les Romaines passèrent, aux yeux de l'ancien monde, comme les plus habiles dans cet art. Les Aspasie, les Laïs, les Lamia, les Cléopàlre,ïes Poppée, les Sabine, etc., ces femmes si célèbres dans les annales de la beauté et de la coquetterie, se faisaient admirer par leurs magnifiques chevelures et l'art avec lequel elles composaient des coiffures charmantes. Nous apprenons de quelques poètes latins qu'elles excellaient à disposer leurs cheveux en édifices, à leur donner la forme d'un casque, d'un bouclier, d'une tour ; à les tresser en nattes, les rouler en spirales, les boucler, les réunir en grappes, les onder, les lustrer, et même leur donner la couleur a la mode. C'était surtout dans l'ornement que se déployait leur adresse; elles rehaussaient leurs coiffures de joyaux d'or et d'argent, de bandelettes de pourpre, de filigranes, et les diapraient de pierreries de diverses couleurs. Enfin les Heurs naturelles et artificielles entraient non-seulement dans la coiffure des femmes, mais les couronnes de fleurs' étaient d'obligation pour les hommes invités à un banquet. L'importance que les anciens attachaient a la chevelure se manifeste dans le sacrifice qu'ils en faisaient

aux jours de deuil et de douleur profonde, ou bien comme preuve d'.amour et de dévouement. Oresle coupa ses cheveux et les offrit aux mânes de son père. Achille fit couper les siens et les jeta dans le bûcher qui consumait le cadavre de Patrocle. Le Péloponèse porta le deuil du poêle Alcée par la tonsure de toutes les chevelures mâles. A la mort d'Épheslion, Alexandre se fit raser les cheveux, et ordonna que les crinières de ses chevaux fussent coupées. On voyait, dans les nombreux lemples d'Esculape, une quantité de chevelures offertes à ce dieu pour obtenir le retour a la sanlé d'un parent, d'un ami, d'un objet adoré. Bérénice fit don de sa, chevelure au dieu Mars, pour assurer la victoire aux armes de Ptolémée É vergetés. Anna déposa sa chevelure sur le tombeau de Didon Les soldats d'Attila se tonsurèrenla la mort de ce prince. Héloïse fit a Dieu le sacrifice de son amour et de sa chevelure. De nos jours encore, la mèche de cheveux donnée par la beauté qu'on aime est une preuve d'amour el de dévouement.

Relativement a la couleur des cheveux, selon les temps et les peuples, telle ou telle couleur l'emporte sur telle aulre : tantôt c'est le noir, tantôt c'est le blond et quelquefois le rouge.

Chez les anciens Égyptiens, les cheveux roux furent en honneur. Les Grecs des temps héroïques estimaient les cheveux blonds comme les plus beaux.

Bacchus, Apollon, Achille, Méléagre, Narcisse, Endymion, se faisaient remarquer par leurs belles chevelures blondes; et, parmi les femmes, on cite OEnone, Danaé, Bacchis, Léda, Dionée Po- Jyxène, etc., etc. Plus tard, la couleur blonde fut détrônée parla noire; les femmes les plus célèbres par leur beauté se montèrent lières de posséder des cheveux de couleur d'ébène. Lais, Phrynée, Aspasie, Thaïs, etc., comptaient au nombre de leurs puissants attraits leur magnifique chevelure noire, et les artistes considérèrent désormais celle couleur comme indispensable à la perfection de l'être humain.

A Rome, on eut aussi, pendant quelque temps, la fantaisie des cheveux blonds, puis celle des cheveux roux. Les dames romaines jaunissaient leurs cheveux avec un savon gaulois, et les poudraient avec une terre ocreuse. Les coquets Romains voulurent aussi, a l'exemple des femmes, avoir les cheveux blonds; l'empereur Commode se poudrait avec une poudre d'or qui donnait a ses cheveux une teinte jaune si rutilante, que les yeux ne pouvaient en soutenir l'éblouissant éclat.

La mode du blond rutilant se généralisa en Italie, cl tint fort longtemps chez les dames vénitiennes, qui se poudraient à jaune comme l'avaient pratiqué les Romains. Les grands peintres de la Renaissance se plurent a décorer de blonds cheveux les têtes de leurs Vierges et de leurs anges. De Venise ce goût passa

en France, vers le onzième siècle, et fil fureur. Maître Coquillard, poète satirique de cette époque, nous fait connaître, dans les vers suivants, les soins qu'employait la classe fashionable pour cacher la couleur naturelle de ses cheveux.

A Paris, un las de béja^iies

Lavent trois fois par jour leurs testes

Afin qu'ils aient les cheveux jaunes.

Aujourd'hui, les couleurs noire et blonde, ainsi que leurs belles nuances, sont également appréciées ; il n'y a que le roux carotte qui soit généralement rejeté. Ce qui précède tendrait a établir que les peuples font peu de cas de la couleur pileuse que la nature leur a donnée, et qu'ils cherchent à la remplacer, selon la fantaisie des modes, par une couleur étrangère. La mode de la poudre d'amidon qui , sous Louis XV, contagionna toute l'Europe, et blanchit indistinctement les têtes d'enfants et de vieillards, en est un exemple frappant.

Quant a la prédominance de telle couleur sur telle autre, et aux inductions qu'on peut en tirer, nous croyons que la nuance brun-noir mérite la préférence, parce qu'elle s'allie ordinairement a une forte constitution, à un tempérament sanguin, a une santé brillante, et qu'elle fait mieux ressortir la blancheur satinée de la peau. Cependant nous dirons que la belle

nuance blond cendré a bien son mérite, et beaucoup d'amateurs la préfèrent à la couleur noire. La valeur phvsiognomonique des couleurs pileuses est sujette à une foule d'exceptions ; car on a vu de puissantes nations aux cheveux blonds et d'autres aux cheveux noirs bouleverser alternativement et asservir le monde. Sous le rapport de l'activité scientifique el industrielle, les nations blondes ne le cèdent en rien aux nations a cheveux noirs.

Les peuples qui luttèrent le plus vaillamment contre les Romains et qui en triomphèrent, nos ancêtres les Francs el les Gaulois, soignaient scrupuleusement leur chevelure; sa longueur était chez eux une marque de distinction el de liberté. C'est pourquoi César, après avoir asservi les Gaules, fit couper les cheveux à ses habitants, afin qu'ils eussent toujours devant les yeux le signe commémora leur de ses victoires et de leur servitude.

Dans le principe, les Francs relevaient leurs cheveux sur le sommet de la tête, et les y fixaient par un ou plusieurs nœuds. Au commencement du cinquième siècle, cette coutume fui remplacée par la mode des cheveux plats, tombant sur le front, les joues et les épaules. Les Francs poudrèrent longl.emps leurs cheveux avec une terre d'un rouge ardent, pour inspirer plus de terreur a l'ennemi.

Aux premiers temps de notre monarchie, les Francs se choisissaient dos rois parmi les princes doués des

plus longs cheveux. Clodion, si remarquable sous ce rapport, mérita le nom de roi chevelu.

Après avoir enlevé aux Romains plusieurs provinces des Gaules, Clodion ordonna aux habitants de laisser croître leurs cheveux, afin de les distinguer des autres Gaulois qui se trouvaient encore sous la domination romaine.

Alors, dit Sainte-Foix , la chevelure était en si grande vénération, qu'on jurait par ses cheveux comme on jure aujourd'hui sur son honneur. Rien n'était plus poli, lorsqu'on se rendait visite, que de s'arracher un cheveu et de se l'offrir réciproquement. Clovis s'arracha un cheveu, et le donna a saint Germier pour lui prouver combien il l'honorait, et saint Germier emporta ce cheveu comme un précieux trésor. Les Francs estimaient le sacrifice de leur chevelure égal a la perle de leur liberté. Lorsque l'un d'eux ne pouvait acquitter ses dettes, il allait trouver son créancier, lui présentait des ciseaux et devenait son serf en se laissant couper les cheveux.

Sous Clovis, les cheveux longs devinrent le privilège de la famille royale et des hauts seigneurs. Le peuple avait les cheveux coupés en rond ; ceux des cerfs étaient rasés ou taillés très-courts. L'usage voulait qu'on coupât la barbe et les cheveux aux vaincus. Clovis, après avoir défait Cararic, roi des Merciens, ordonna que ce roi et toute sa famille fussent complètement rasés.

Le cachet de Childéric Ier, trouvé dans des fouilles, aux environs de Tournay, et déposé au cabinet des médailles, représente ce roi, âgé de trente ans, ayant les cheveux partagés sur le sommet de la tête, aplatis sur les tempes, descendant le long des joues, où ils sont maintenus par des nœuds de rubans et retombant ensuite sur les épaules.

Gondebaud. qui se prétendait fils de Clotaire, ne produisait d'autre titre à la couronne que sa longue chevelure, et Clotaire ne trouva point de preuve plus éclatante pour le renier que de la lui faire couper.

Ce fut a son immense chevelure qu'on reconnut le cadavre du fils de Chilpéric, que Frédégonde avait fait poignarder et précipiter dans la Marne.

Ce fut encore à la longueur et à l'épaisseur de ses cheveux que les Bourguignons découvrirent Clodomir parmi leurs prisonniers.

L'usage subsista longtemps de tondre les rois déchus ou vaincus. Clodoalde, l'un des fils de Clotilde, n'échappa aux poignards qui avaient massacré ses deux frères qu'en faisant le sacrifice de ses cheveux. Les princes royaux qui renonçaient à leurs prétentions à la couronne étaient tondus, de même que les rois qui, du trône, tombaient dans un cloître.

Le septième siècle venait d'expirer lorsque la mode des cheveux bouclés et frisés s'établit en France, et se répandit en peu de temps sur toute l'Europe. 11 paraît que cette mode émut le clergé, qui crut y re-

connaître une malice du diable, car, dans un concile lenu a cette occasion, le pape signa le canon suivant :

« Prenant un soin paternel de punir, autant qu'il « est a propos, ceux qui portent des cheveux frisés et « bouclés par artifice, pour faire tomber dans le piège « les personnes qui les voient, nous les exhortons et « leur enjoignons de vivre plus modestement, en « sorte qu'on ne remarque plus en eux aucuns restes « de la malice du diable. Si quelqu'un pèche contre « ce canon, qu'il soit excommunié! »

Sous Louis le Débonnaire, les cheveux, déjà taillés en rond et considérablement diminués, furent encore raccourcis.

Sous Charles le Chauve, très-peu favorisé du côté des cheveux, ainsi que l'indique l'épilhète accolée à son nom, les cheveux perdirent le peu de longueur qu'ils avaient conservée, et les oreilles, si longtemps cachées, purent enfin se montrer. Les courtisans, pour plaire a leur souverain, se rasèrent^ à son exemple, les cheveux du front ; peu de temps après, les tempes et la nuque furent aussi tondues; enfin, la chevelure se vit réduite à une espèce de touffe ronde sur le sommet de la tète ayant la forme d'une calotte. Alors parurent les bonnets fourrés, et, en peu de temps, la mode s'en répandit dans tout le royaume (1).

(1) Voyez. l'Histoire des modes françaises depuis h berceau de la monarchie jusqu'à nos jours, ouvrage des plus curieux, du même auteur.

Vers la lin du dixième siècle, quelques seigneurs, ennuyés du bonnet, essayèrent de faire revivre la mode des cheveux longs ; mais ils rencontrèrent de grands obstacles, surtout de la part du clergé, qui alla jusqu'à refuser la porte de l'église à un seigneur portant des cheveux longs.

Cependant la mode des longs cheveux gagnait toujours, malgré l'interdiction du clergé. Les partisans des cheveux entiers attaquèrent les casuistes, et leur prouvèrent que le clergé n'avait aucune règle certaine sur ce qu'il qualifiait de cheveux longs ; qu'ici on exi-. geait les oreilles découvertes ; que là il suffisait d'en montrer le bout; qu'ailleurs on tolérait les toupets, tandis qu'en d'autres endroits on exigeait la rasure du toupet. Qu'en conséquence ils garderaient leurs longs cheveux jusqu'au jour où le clergé entier se prononcerait sur ce qu'il entendait par cheveux courts.

L'Église, habituée depuis lontemps a . être obéie aveuglément sans observation, se formalisa de ce langage, et saint Anselme convoqua une assemblée de prélats pour fixer la longueur qu'on pourrait accorder aux cheveux sans révolter la nature. L'assemblée jugea fort sérieusement la question, et décréta un ordre conçu en ces termes :

« Les cheveux des laïques seront coupés de ma- « nière a laisser voir la moitié de l'oreille; ceux qui « cacheront l'oreille entière seront excommuniés. »

Malgré ces menaces, les longs cheveux prévalurent.

el, sous Philippe-Auguste, les cheveux courts devinrent si ridicules, que les dévots mêmes n'osaient plus les porter. Les prêtres eux-mêmes cédèrent au torrent de la mode, et laissèrent pousser leurs cheveux. Les prélats se virent encore une fois réduits a tourner contre leur milice les armes qu'ils avaient employées contre les laïques.

Philippe-Auguste el Louis VIII se proclamèrent les protecteurs des belles chevelures. Alors, tout le monde s'empressa de nourrir ses cheveux et d'en étaler le luxe sur ses épaules. La plus grosse injure qu'on pouvait dire a quelqu'un était de l'appeler tête tondue ou rusée.

Tout-puissant sous Louis IX, le clergé s'acharna de nouveau contre les chevelures, et, s'il ne parvint point a les faire abattre complètement, du moins il réussit a les faire rogner.

Le commencement du quatorzième siècle vit naître la mode des toupets relevés. Ces toupets consistaient en une mèche des cheveux du front, relevée presque perpendiculairement, et imitant ces langues de feu que les peintres placent sur la tête des génies. Cette mode n'eut qu'une durée éphémère; les toupets couchés et arrondis lui succédèrent. Les cheveux plats et tombant sur le cou donnèrent lieu h la mode des calottes.

Charles VII, cédant aux instances du clergé, se fit couper les cheveux, et donna l'ordre a ses sujets d'en

faire autant. Dans ces temps de luxe et de galanterie., c'était fort bizarre, dit un vieil auteur, que de voir des preux et coquets chevaliers, tels que Dunois, Lahire, la Trémouille, et tant d'autres beaux et fiers guerriers, avec une tête pelée, couverte d'une large calotte de moine et superbement encasquée !

Sous les successeurs de Louis XI, les Français purent, sans trop de tracasserie, laisser croître leurs cheveux; la coupe ronde, bornant les cheveux au niveau du cou, et les toupets couchés furent généralement adoptés.

.Cette mode dura jusqu'au jour où François Ier, en jouant avec plusieurs seigneurs, fut blessé a la tête par un tison que lança le capitaine de Lorges, sieur de Montgommery. Cette blessure, ayant nécessité la coupe de la chevelure royale, fut cause de la suppression presque totale des cheveux en France.

Les cheveux de moyenne longueur reparurent sous Henri III; de plus, on les fixa tout autour de la tête. La frisure se faisait en boucles et rouleaux, distincts les uns des autres, qu'on appela bichons; de là l'épithète de bichonnées donnée aux personnes dont la coiffure élait soignée.

Louis XIII ayant conservé, depuis l'enfance, sa chevelure entière, la mode des longs cheveux reparut aussitôt qu'il monta sur le trône. Les cheveux commencèrent par s'arrondir autour de la tête; ils cachèrent ensuite les oreilles, et finirent par ruisseler en

anneaux sur les épaules. Le clergé, toujours d'une infatigable hostilité contre les cheveux, essaya encore de combattre cette mode, mais sa puissance pâlissait; on se moqua de ses menaces, et les cheveux s'allongèrent de plus belle.

Tout le monde fut vaniteux d'étaler une épaisse et longue chevelure; alors, pour les têtes chauves ou peu garnies, on inventa les bonnets à cheveux ou perruques. Bientôt, par une de ces absurdités de la mode, les têtes les plus chevelues se firent tondre pour adopter la perruque, qui, en peu de temps, contagionna et envahit le monde civilisé.

Nous n'entreprendrons pas de l'aire ici l'histoire généalogique des perruques ; de plus érudits que nous se sont acquittés de celle tâche, et le nombre des historiographes des perruques est déjà trop considérable pour que nous voulions y ajouter un mot de plus. Il nous suffira de dire que, d'après les longues et laborieuses recherches de J.-B. Thiers, la perruque pourrail bien remonter au père Adam. Elle était en usage chez les Chaldéens. les Assyriens, les Égyptiens et les Hébreux. Plusieurs passages de l'histoire anciennp prouveraient que les princes et princesses avaient recours au bienfait de la perruque lorsque l'âge ou les maladies avaient dépouillé leurs têtes. Un verset de l'Écriture annoncerait même que le prophète Jérémie et les vieilles coquettes de Sion cachaient sous une perruque les outrages du temps. Ce que l'on ne

saurait contredire, c'est que la perruque était parfai- ' lemept connue des Grecs et des Romains ; la calvitie avant chez eux quelque chose de honteux, on la cachait sous une perruque. Domilien, complètement chauve, et honteux de cette infirmité, portait une perruque artistemenl frisée; les médailles romaines le représentent ainsi. Othon et Galba usaient du même stratagème pour masquer leur calvitie. Messaline, Lesbie, Sabine, et autres coquettesde ce temps, portaient des perruques blondes exigées par la mode. Martial. Juvénal, Perse, et tous les satiriques latins, ont dévoilé la fraude dont usaient les personnes chauves pour déguiser leur infirmité.

Arlhémidore et Apulée s'indignaient de l'abus que les femmes faisaient des cheveux postiches. Le poëte Avianus relate la comique aventure arrivée a un noble chevalier romain, qui, au milieu d'une fêle, eut sa perruque enlevée par un coup de vent, et fut l'objet d'une risée générale. Enfin la mode des perruques se répandit si généralement dans toutes les classes de la société, que l'empereur Juslinien II se vit obligé de convoquer un synode a Gonstanlinople, où la perruque fut interdite sous les peines les plus sévères. Mais la mode se moqua des décrets impériaux et synodiques. Plusieurs pères de l'Église s'élevèrent énergiquement contre les perruques sans plus de succès. Clément d'Alexandrie tonna contre les perruquiers cl les femmes qui chargeaient leurs têtes de cheveux

postiches. L'ardent Terlullien fulmina, en ces termes, contre les personnes qui osaient porter une chevelure mensongère : « Rougissez de parer vos têtes, sanctifiées par le baptême, des dépouilles de quelques scélérats jusliciés sur un échafaud... » L'austère Cyprien anathématisa tous ceux et celles qui se faisaient teindre ou friser les cheveux et qui portaient de faux toupets. Grégoire de Nazianze, Ambroise, Jérôme, et beaucoup d'autres Pères, se déchaînèrent contre les cheveux postiches, et les vouèrent aux flammes de l'enfer. La perruque résista a toutes ces fulminations, a tous ces anathèmes, lancés contre elle, et sortit victorieuse de la guerre acharnée qu'on ne cessa de lui faire.

Mais si, dans l'antiquité, la perruque ne fut mise en usage que par les comédiens, sur le théâtre, ou par les têtes chauves, pour cacher leur infirmité, il n'en fut pas de même au dix-septième siècle : les gens de cour, les élégants, hommes, femmes, filles, enfants, tous s'affublèrent de perruques énormes. De Paris, la contagion gagna les États voisins et se propagea rapidement dans presque toute l'Europe. Plusieurs prélats et graves théologiens descendirent dans l'arène, les uns pour combattre, les autres pour défendre la perruque. Les perruquiers doivent certainement leur tenir compte des peines qu'ils se sont données pour composer en latin huit ou dix savants traités sur une aussi sérieuse matière ! ! !

Le règne de Louis XIII avait vu le commencement de cette contagion; sous le règne de Louis XIV, elle arriva a son plus haut degré d'intensité, ce fut un paroxysme. On porta des perruques monstrueuses, effrayantes, disposées par étages et d'une hauteur égalant le tiers de la taille d'un homme. Le coiffeur Binette, célèbre dans l'art de fabriquer des perruques, devint un personnage important ; il eut ses équipages et ses valets de pied. Les riches et les élégants ne pouvaient se passer à'une binette.

On dit que Louis XIV avait une telle confiance dans l'effet imposant des perruques hautes et ruisselantes, qu'il ne quittait jamais la sienne devant personne, pas même devant son valet de chambre, parce que, selon M. de Lévis, le roi pensait que sa tête, sans perruque, n'avait plus autant de majesté.

A l'exemple de leur roi et maître, les seigneurs, courtisans et hauts fonctionnaires, s'affublèrent d'énormes binettes. Les médecins, magistrats, professeurs et gens de lettres, s'imaginant qu'une binette donnait a la physionomie une certaine dignité, imitèrent les seigneurs. Dès lors, toute la France fui emperruquée, et la croyance s'établit partout que, plus une perruque était vaste et monstrueuse, plus le respect du peuple était grand pour celui qui la portait. Le règne de Louis XIV, si remarquable a tant d'égards, le fut également par ses grandes perruques.

Pendant toute la durée de cette mode bizarre, jeu-

nés et vieux se soumettaient aveuglément a son tyrannique empire; l'impitoyable perruque couvrait les plus jolies têtes, cachait les plus beaux cheveux, et, malgré les migraines, le prurit incommode qu'occasionnait la perruque, malgré les tintements d'oreille, les éblouissements, les vertiges, l'apoplexie même, il fallait la porter sous peine de ridicule ou de disgrâce. Rien déplus saisissant que les portraits des personnes peintes a cette époque : depuis le vieillard jusqu'à l'enfant, tous sont affublés de perruques ruisselantes.

Au plus fort de cette passion pour les perruques, on en inventa de toutes les dimensions, de toutes les formes: perruques rondes, carrées, pointues — perruques à boudins, à papillons, à deux et trois marteaux, — perruques grand et petit in-folio, in-quarto, intrente-deux, — perruques h effet, saisissantes, à la moutonne, — perruques de chanoine, à' abbé, — perruques de voyage, de circonstances, etc., etc., etc.

La consommation de cheveux devint si grande, que leur rareté les porta à un prix énorme: ils se vendirent jusqu'à trente écus l'once ! Trente écus étaient alors ce que cent cinquante francs sont aujourd'hui. Ce commerce vivace fut soumis à une forte taxe, comme les tabacs de nos jours, et devint une ressource fiscale qui enrichit le trésor.

La coiffure des dames était tout aussi ridicule; plusieurs s'avisèrent même de porter perruque, mais

le plus grand nombre se servaient de leurs cheveux naturels pour échatàuder des coiffures gigantesques. La coiffure à la Fontange, qui fit fureur pendant quelques années, est un exemple frappant des caprices el des excentricités de la mode.

Supprimées en 1714, pour obéir aux désirs du roi, les hautes coiffures reparurent sous Louis XV plus exagérées que jamais, et blanches de poudre parfumée. La mode de la poudre se propagea et se généralisa en Europe, encore plus rapidement que celle du tabac. Il fallait presque une journée entière pour compléter une de ces coiffures gigantesques, zébrées de rubans, empanachées de plumes el tout enfarinées de poudre parfumée. La tyrannie de cetle mode fut telle, que la pauvre dame qui se faisait coiffer la veille, pour aller au bal ou à la soirée du lendemain, passait la nuit clans un fauteuil, pour ne pas endommager le superbe édifice de sa coiffure.

Sous la minorité de Louis XV, le régent, ami des fêles et des plaisirs, abolit les perruques énormes de l'ancienne cour et leur en substitua d'autres de dimension plus raisonnable, mais qui eurent aussi leur côté ridicule, par la poudre blanche dont on les couvrit. Enfin, le jour arriva où quelques hommes de bon sens abandonnèrent la perruque el laissèrent flotter en liberté leurs cheveux si longtemps prisonniers. Les jeunes gens s'empressèrent de suivre leur exemple, et, en peu de temps, la déconfiture des perru-

ques fut générale, une foule de brocanteurs se mirent h courir les rues criant : Vieilles yerruques à, vendre! C'est d'eux que tirent leur origine ces autres brocanteurs d'habits qui, aujourd'hui, étourdissent la capitale de leurs accents criards.

Les lecteurs qui désireraient connaître à fond l'histoire des perruques devront lire l'ouvrage deNicolaï, de Berlin. Ce livre, moitié sérieux, moitié plaisant, est plein de recherches curieuses ; on y trouve l'analyse de vingt- deux auteurs, tant laïques qu'ecclésiastiques, dont la verve s'est exercée sur les perruques.

Aux frisures ruisselantes des perruques avaient succédé les ailes de pigeon, la queue mince et le cadogan tout enfarinés, se promenant d'une épaule à l'autre, au moindre mouvement de la tête. La queue, ornée de coquets nœuds de rubans, jouissait de grands privilèges : le gentilhomme eût regardé comme une grave offense la moindre plaisanterie sur sa queue, et le grave magistrat, dont le visage sévère ne s'épanouissait pas même aux minauderies d'une épouse, ue pouvait s'empêcher de sourire d'aise lorsqu'on le complimentait sur la beauté de sa queue.

Les jeunes élégants du siècle de Louis XV, qui s'étaient soustraits au joug humiliant de la perruque, n'eurent pas la force de s'affranchir de la poudre ; ils continuèrent a se faire coiffer et enfariner, selon la mode imposée par les prétentieux de cinquante ans,

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qui cachaient sous la poudre leurs cheveux gris. C'était fort drôle, en vérité, de voir les moustaches noires des gentilshommes contraster avec la blancheur de leurs cheveux; le frais minois des jeunes femmes encadré par une coiffure poudrée à blanc. 0 puissance de la mode ! qui te résisterait?

En 1760, il sembla que la mode des hautes coiffures de femmes louchait a sa fin. Une foule de dames se prirent d'une belle passion pour les coiffures a la grecque; malheureusement cette mode, qui avait rendu a la physionomie des femmes tous ses attraits, mourut aussi vite qu'elle était née, et voici comment :

Les nombreux coiffeurs de Paris, tombés en chômage par suite de la mode grecque, instituée par un de leurs confrères nommé Legros, se réunirent contre lui au nombre de plusieurs mille, l'attaquèrent en justice, et se donnèrent tant de mouvement, qu'ils gagnèrent leur procès. A la suite de ce procès, d'ailleurs assez burlesque, les têtes furent de nouveau poudrées, crêpées, frisées, boudinées, etc., etc.

Sous Louis "XVI les hommes portaient toujours les cheveux de l'occiput roulés en queue, ou réunis dans unebourse de taffetas noir. Le toupet élait relevé et accompagné, de chaque côté, de trois à quatre boudins symétriques qualifiés d'aile de pigeon, le tout Irès-scrupuleusement poudré.

Après le procès Legros, la coiffure des femmes alla

(ou jours gagnant en hauteur et en largeur, (Je façon que la figure ne ressemblait plus qu'à un point dans cet immense entourage. Les noms donnés à ces coiffures n'étaient pas moins ridicules, ainsi qu'on peut en juger par ceux-ci : coiffures en papillon, en oreilles d'e'pagneul, en poule mouillée, en marronnier d'Inde, en vergettes, en guéridon, en commode, en cabriolet, en chien fou, en chasseur dans un taillis, etc. , etc. , etc. Le Mercure de France de cette époque raconte les choses les plus étranges sur les coiffures.

L'auteur des Mémoires secrets rapporte que la reine elle-même donnait l'exemple de ces folles coiffures. Elle avait inventé une coiffure d'une hauteur prodigieuse qui représentait des collines, des prairies émaillées, des ruisseaux argentins et des torrents écumeux, des jardins symétriques et des parcs anglais. Enfin, en 1778, les coiffures féminines avaient acquis une telle hauteur et une si prodigieuse largeur, qu'elles interceptaient, a l'Opéra, la vue de la scène aux spectateurs placés par derrière. Les plaintes, qui se grossissaient de jour en jour, obligèrent le directeur de l'Opéra de défendre l'entrée de l'amphithéâtre aux dames qui n'auraient pas une coiffure modérée.

Pour apprécier les folies relatives aux coiffures, il faut feuilleter le journal des modes alors rédigé par M. delaMésangère; c'est un passe-temps fort agréable pour ceux qui aiment les surprises.

En 1780, les cheveux de la reine étant lombes a la suite d'une couche, les hautes coiffures tombèrent également; les dames de la cour, pour plaire a leur souveraine, se coiffèrent à Vênfant, c'est-à-dire en cheveux courts, et la bourgeoisie adopta aussitôt cette coiffure.

Vint la grande époque de 95 ! Les queues, les ailes de pigeon et la poudre disparurent devant elle ; à l'exception de quelques esclaves de l'ancien régime, qui s'obstinèrent à les conserver, tous les Français adoptèrent la mode républicaine ; c'est-à-dire les cheveux de moyenne longueur avec leur couleur naturelle.

Sous l'Empire, les troupes françaises furent en partie tondues, et la mode à la Titus prévalut.

1830 vint aussi opérer des changements dans la coiffure et la barbe. Le toupet des hommes s'éleva en pyramide sur le front, à l'instar du toupet nouvellement royal ; mais la secte saiut-simonienne, avant de disparaître, donna la mode des cheveux longs, et du toupet aplati avec une raie vivement dessinée sur un des côtés de la tête. Le toupet élevé fut forcé de s'abaisser devant cette mode qu'adopta la jeunesse, mode qui se propagea comme l'incendie et qui dure encore. Enfin, aujourd'hui les cheveux, taillés selon des modes plus ou moins élégantes, laissent admirer les reflets de leur couleur naturelle ; il n'y a plus que les gens chauves par maladie et les vieillards qui

portent perruque pour préserver leur chef des intempéries.

La coiffure des femmes a, depuis vingt ans, éprouvé des modifications innombrables, et la plupart de ces modifications ont toujours été avouées du bon goût. Perfectionnée par des artistes habiles, la coiffure est aujourd'hui devenue un art auquel les physionomies empruntent le complément de leurs attraits. Une foule d'ornements et de parures de tête, tels que fruits, fleurs, couronnes, demi-couronnes, grappes, gerbes, aigrettes, rubans, perles, diamants, etc., disposés avec ce goût délicat qui caractérise nos artistes coiffeurs, composent de ravissantes coiffures qui attirent l'admiration et les éloges des plus indifférents, et Ton peut avancer, sans crainte de trouver de contradicteurs, que, dans aucune capitale du monde, les femmes ne sont aussi bien coiffées qu'a Paris.

Ici se termine la notice historique sur les différentes modes auxquelles furent assujettis les cheveux. Nous allons maintenant traiter la question scientifique, beaucoup plus utile pour les personnes qui perdent ousontmenacées de perdre leurs cheveux ; et la question hygiénique, traitée d'une manière fort imparfaite dans presque tous les ouvrages médicaux, recevra ici tous les développements qu'elle mérite.

CHAPITI1I3 II.

ANATOMIE. — PHYSIOLOGIE DES CHEVEUX ET DES POILS. — FORME, COULEUR. — PROPRIÉTÉS. - USAGES, ETC.

Le système pileux est, depuis longtemps, l'objet de recherches physiologiques et chimiques d'un haut intérêt pour l'hygiène. Un grand nombre de savants (1) se sont livrés a des travaux fort minutieux pour compléter l'histoire naturelle des cheveux, qui laisse encore a désirer. Ces travaux peuvent se résumer ainsi :

Les cheveux, de même que les poils et la barbe, naissent dans la portion profonde de la peau, et vien-

(I) Voir les ouvrages de Buysch, Leuwenlioeck, Malpiglii, lloock, Rudolplii, Zeis, Fomana, Meckel, Escliricht, Ledermùller, Bichat, Acliard, Chiajc, Valcnlin, Grcllier, Weber, Meyer, Cuvirr, John, Witop, Eblc, Krause, Guiit, Kaauv, Laulli, Vauqnclih, Gauthier, Hunier, Mùiler, Heusinger, Simon, Berres, Duirochcl, Breschet, Burdacli, Raspail, Berzélius, Henle, élç., auteurs qui se sont occupes d'une manière spéciale du système pileux.

lient croître a sa surface. Les premiers vestiges du poil s'annoncent par l'apparition de petites taches brunes ou jaunâtres, selon la couleur du cheveu. Lorsqu'on écrase, entre deux plaques de verre, la matière qui compose ces taches, on aperçoit, a l'aide d'un bon microscope, un petit sac déchiré, et, au milieu de la tache, le rudiment du poil ou du cheveu.

Parcourant, a notre tour, la roule tracée par nos maîtres, nous avons suivi, armé du microscope, le mystérieux travail de la nature dans la formation et la végétation pileuse, et voici le résultat de nos observations.

Composition du poil ou du cheveu. —

Le poil se compose de trois parties distinctes : le follicule ou petit sac a deux ouvertures, qui peut être végéta tivement considéré comme la graine du poil ; le bulbe ou pulpe, vulgairement appelé racine, et la lige ou poil proprement dit.

Formation du follicule —Dans la couche profonde de la peau, sur une base garnie de vaisseaux capillaires et de nerfs, s'organise un petit sac, nommé follicule ou gaine, qui sécrète et se remplit d'une humeur que beaucoup de physiologistes regardent comme analogue à la sécrétion pigmenlaire de la peau. Au milieu de cette humeur se forme une granulation conique (le bulbe), de laquelle doit sortir la lige du poil. Le fond du follicule est percé d'un petit trou par lequel entrent les nerfs et vaisseaux qui apportent

au bulbe les sucs nourriciers ; le sommet du follicule est également percé d'un autre petit trou pour laisser passer la tige.

Bulbe. — Le bulbe ou pulpe du poil est entièrement isolé du follicule de telle sorte qu'on peut l'arracher sans endommager celui-ci; on ne saurait mieux comparer le follicule qu'à un globe de verre a deux ouvertures, et le bulbe qu'a un oignon de jacinthe contenu dans ce globe, dont l'ouverture inférieure livrerait passage aux racines de l'oignon, et la supérieure donnerait issue a la tige. Cet entier isolement du bulbe et du follicule est une circonstance fort importante ; nous verrons tout à l'heure que le cheveu qui tombe ou qui est arraché avec son bulbe n'implique pas l'impossibilité d'une régénération, et que, partout où le follicule existe, on peut espérer voir sortir un nouveau cheveu.

Tige. — La tige du poil ou du cheveu se compose : 1° d'une enveloppe extérieure ou corticale de nature cornée, très-mince et transparente; 2° d'une matière huileuse ou médullaire (moelle) offrant, selon les individus, diverses teintes, d'où dépendent la couleur et les diverses nuances de couleur des cheveux. Vue sous un fort grossissement, la substance corticale présente des fibres longitudinales et des stries circulaires, dont Berres a donné le dessin; ces dernières ne sont que des tissures de la substance corticale elle-même.

L'orifice du conduit pilifère, qui s'ouvre a la surface du cuir chevelu, est entouré de cryptes sébacés microscopiques, mais très-apparents autour des gros poils servant de moustaches à certains animaux. Ces cryptes sécrètent une humeur onctueuse qui donne aux cheveux leur lustre et leur souplesse.

Formation des cheveux et poils. — Les cheveux commencent à paraître vers le cinquième mois de la vie intra-utérine ; ils ont acquis quelques millimètres au moment de la naissance, mais ils sont encore assez rares, et ce n'est que vers la seconde année qu'ils couvrent entièrement la tête de l'enfant.

Composition chimique. — Les sulfate et

phosphate de chaux, le sulfate de magnésie, le peroxyde de fer, le chlorure de sodium, la silice, etc., concourent a former la substance du cheveu. Or, tous ces principes chimiques se retrouvant dans le sang, il en résulte que, sur toutes les surfaces de la peau où un follicule pileux s'organise, il doit nécessairement pousser un cheveu ou un poil. L'expérience suivante, faite sur certains animaux à peau transparente, nous a semblé donner une idée assez exacte de la formation du cheveu.

Un poil étant arraché avec son bulbe, mais sans que le follicule soit intéressé, et la peau de l'animal étant placée devant une vive lumière, on aperçoit, au bout de quelques minutes, l'intérieur du sac folliculeux se remplir d'une humeur épaisse et rougeâtre.

Douze heures après, un pelit point brun se dessine au milieu de celle tumeur; douze heures plus tard, la couleur brune du point devient plus foncée, et, vers le troisième jour, paraît presque noire. Ce point est le rudiment du nouveau poil; au cinquième jour, le poil a acquis deux millimètres de longueur. Plusieurs physiologistes ont émis l'opinion que l'humeur dont se remplit le sac folliculeux, et qui donne naissance au bulbe ou pulpe du poil, n'est autre chose que de l'humeur pigmentaire subissant une modification dans le follicule. Une circonstance qui vient corroborer celte opinion, c'est qu'en général les taches de naissance de couleur brune, exclusivement formée du pigment, sont couvertes de poils.

Croissance du poil. — Le point noirâtre, ou la granulation pigmentaire qui vient de se former, est poussée en haut par une deuxième granulation qui s'organise; une troisième pousse la deuxième, et successivement chaque granulation pousse sa voisine de bas en haut ; ainsi s'opère la croissance du poil et du cheveu.

• Pendant ce travail microscopique intérieur, un autre phénomène se passe : à mesure que les granulations pigmentaires se poussent de bas en haut, elles s'organisent en petites cellules dans lesquelles est contenue une matière huileuse de la consistance du miel; c'est la moelle du poil. A peine le poil a-t-il percé la peau, que la surface extérieure des cellules

se change, probablement par le contact de l'air, en libres corticales constituant l'enveloppe extérieure de la tige du poil. Enfin, par-dessus ces libres corticales, se forment de petites écailles excessivement ténues qui ajoutent a la force de la lige, et font que le poil s'avance toujours dans le même sens lorsqu'on le roule entre les doigts.

N'oublions pas de dire'qu'a sa sortie du sac folliculeux le poil marche obliquement dans la peau, soulève l'épiderme, le perfore, et continue sa croissance en liberté. La portion d'épiderme soulevée reste encore attachée à la base du poil, surtout a celle du cheveu, puis s'exfolie et tombe. Nous ajouterons que les granulations pigmenlaires qui composent la moelle du poil ne remplissent pas toujours exactement le canal médullaire; on voit souvent, en regardant un cheveu a la lumière, des intervalles où la moelle manque; a ces endroits, la couleur des cheveux est beaucoup plus claire, et la cassure plus facile.

Pour rendre plus sensible, et meltre à la portée des gens du monde cette description physiologique, nous la résumerons en ces quelques lignes :

Le sac folliculeux est l'organe générateur du poil, en général; le bulbe, qui s'est formé dans ce sac. reçoit du tissu auquel il adhère par sa racine des sucs qu'il verse dans le canal de la tige du poil; de nouveaux sucs, arrivant incessamment, poussent les anciens, et le poil s'allonge ainsi, de bas en haut, jus-

qu'a ce qu'il ait atteint toute sa croissance; arrivé a ce terme, il reste plus ou moins longtemps stationnaire, puis il tombe pour être remplacé par un autre, que sécrète aussitôt le sac folliculaire.

Les expériences par arrachement, qui nous ont conduit a découvrir la mystérieuse formation du poil, sont une preuve convaincante de la faculté régénératrice du follicule; une autre preuve a donner de la régénération du poil après son avulsion est l'exemple fourni chaque jour par les individus qui s'arrachent continuellement les poils de certaines parties du corps, sans pouvoir les détruire. Je connais bon nombre de personnes qui, pendant plus de dix ans, se sont arraché les poils de l'entre-sourcil, de la lèvre supérieure, de l'oreille, du nez, etc.. et, loin d'obtenir le succès désiré, ont toujours vu repousser les poils incommodes dont elles voulaient se débarrasser

Quant au canal médullaire du cheveu, certaines maladies de ces organes en démontrent positivement l'existence, la plique, par exemple. Dans cette affection, la tige du cheveu se gonfle et se gorge de sucs, ii tel point que, les cheveux étant coupés, il en suinte un liquide jaunâtre et quelquefois sanguinolent.

Nous ferons observer ici que, pour fournir la quantité de sucs nutritifs nécessaires a l'accroissement des cheveux, il était nécessaire que la vascularité de la peau du crâne fût très-développée ; et, en effet, l'anatomie démontre que le lacis de vaisseaux sanguins.

lymphatiques, sébacés, pilifères, lâ (rame nerveuse, les cryptes ou follicules pileux, sont beaucoup plus nombreux au cuir chevelu que dans aucune autre parlie du corps.

A l'exception des paupières, de la plante des pieds, de la paume des mains, des dernières phalanges des doigts et de quelques autres régions, toute la surface du corps est couverte de poils, les uns longs et vigoureux, les autres à l'état de follets et peu apparents

Minière qui compose les poils. — Le savant Vauquelin soumit, le premier, les cheveux a l'analyse chimique, et obtint les résultats suivants :

J° Une substance animale analogue à l'albumine;

2° Une quantité plus ou moins grande d'huile épaisse ;

3° Du phosphate et du carbonate de chaux :

4° De l'oxyde de manganèse ;

5° Du fer oxydé et sulfuré ;

6° Une certaine quantité de silice;

7° Enfin, une quantité plus considérable de soufre.

D'après le même chimiste, l'huile épaisse qui entre dans la composition de la moelle des cheveux offre diverses teintes d'où dépend leur couleur; ainsi :

Dans les cheveux noirs, l'huile est brun verdâtre ;

Dans les blonds, jaune clair ou foncé ;

Dans les roux, rougeâtre;

Dans les blancs, l'huile est incolore.

Les nuances intermédiaires a chacune de ces quatre couleurs dépendent des divers degrés de coloration le l'huile pileuse.

L'analyse fit encore connaître à Vauquelin que : La couleur brun verdâtre de la moelle des cheveux noirs était due a la présence du fer sulfuré et du man ganèse ;

La moelle des cheveux blonds contenait moins de 1er et plus de soufre ;

La moelle des cheveux roux contenait une quantité considérable d'oxyde rouge de fer et de soufre.

Enfin, la décoloration complète de la moelle des cheveux blancs dépendait de l'absence du fer. Nous verrons plus loin qu'il sera possible, d'après ces données chimiques, de régénérer la couleur des cheveux devenus blancs avant l'âge et de retarder le grisonnement.

Dans une analyse récente, faite par un chimiste hollandais, et publiée dans la Bévue scientifique du docteur Quesneville, on remarque plusieurs contrastes avec celle de Vauquelin, et cela était impossible autrement, puisque les sciences physiologique et chimique ont fait d'immenses progrès depuis cette époque. L'analyse nouvelle établit deux distinctions : 1° les parties organiques du cheveu ; c2° les parties inorganiques. Ces dernières sont des sulfates de chaux et de magnésie, du chlorure de sodium, du peroxyde de fer, du phosphate de chaux, de la silice, etc. Les parties

organiques se composent de matières grasses et de protéine. La protéine, corps nouvellement découvert, est le principe essentiel de l'albumine; on la trouve aussi dans la fibrine du sang, mais en moindre quantité. Dans le cheveu, la protéine est combinée avec le soufre en quantité beaucoup plus considérable que dans tous les autres tissus de l'économie.

Le sulfure protéique ne paraît pas contenir de matières colorantes, mais il est diversement coloré, selon le groupement de ses molécules. Outre ce sulfure, le cheveu renferme quelques matières grasses qu'on ne saurait considérer comme des parties essentielles. Le fer, contenu dans les cheveux a l'état d'oxyde, y est combiné avec le soufre et la protéine.

La proportion de soufre que contient l'albumine du sérum du sang est presque le double de celle contenue dans la fibrine. Or, lorsque l'albumine se convertit en fibrine, il faut qu'une certaine quantité de soufre soit mise en liberté; c'est au moment de cette transformation de l'albumine en fibrine que se produit le soufre du cheveu. La croissance du cheveu serait, d'après cela, dans un rapport intime avec la métamorphose de l'albumine. La proportion considérable de soufre que contient le cheveu ferait supposer que certains sulfates peuvent, dans notre corps, passer à l'étal de sulfure.

Telle est la dernière analyse chimique des cheveux, qui, quoique plus avancée, sous certains rapports,

que l'analyse de Vauquelin, lui est cependant intérieure sous plusieurs autres.

Divers réactifs agissent sur la substance du cheveu. L'alcool bouillant ou un mélange d'alcool et d'acide hydrochlorique détruisent la couleur des cheveux ; mais le chlore est l'un des réactifs qui agit le plus énergiquement pour la décoloration : des cheveux, épuisés par l'éther et l'alcool, étant exposés à un courant de chlore, se décolorent et blanchissent. Les oxydes métalliques se combinent avec la substance corticale du cheveu et le colorent ; c'est sur celte affinité que repose la teinture des cheveux. Les acides nitrique, sulfurique et hydrochlorique, de même que l'hydrosullale de soude et la potasse caustique, dissolvent les cheveux et les réduisent en une matière gélatineuse. L'acide acétique ne les altère point.,

Considérés sous le double point de vue de l'utilité et de l'ornement, les cheveux et les poils, en général, sont indispensables aux différentes régions du corps qu'ils protègent ; car une région dépilée est beaucoup plus sujette aux influences délétères que celle recouverte de sa toison protectrice. Mauvais conducteurs du calorique, les cheveux sont pour la tête un abri contre le chaud et le froid ; ils préservent aussi sa boîte osseuse contre les coups, chutes et diverses percussions qui pourraient l'altérer, en amortissant la violence des chocs. Les poils sont hygrométriques ; ils s'allongent ou se raccourcissent selon l'état de sèche-

resse ou d'humidité de l'atmosphère. Lorsqu'ils sont très-secs, ils jouissent d'une propriété galvanique bien prononcée. Bridane et Wolf ont obtenu, en frottant vivement des cheveux, des étincelles assez puissantes pour allumer de l'alcool. Quelques individus offrent, pendant un violent accès de colère, les cheveux et la barbe étincelants d'une lumière électrique. Le physiologiste Lepelletier cite plusieurs exemples de celle nature ; le système pileux est encore un émonctoire par lequel sont éliminés les phosphates et sulfates de chaux en excès dans l'économie vivante.

Enfin, la chevelure et la barbe sont un des plus beaux ornements que l'homme et la femme tiennent de la nature. Leur force, leur coloration, la vigueur de leur croissance, annoncent la santé, la jeunesse; leur rareté, leur décoloration, leur état de langueur et leur chute, sont les symptômes de maladie physique, d'affection morale ou de décrépitude. C'est en raison de la beauté et de l'utilité de la chevelure qu'on ne devrait jamais négliger les soins hygiéniques favorables à son entrelien, et rejeter ou éviter tout ce qui peut lui être nuisible.

Les femmes possèdent généralement les cheveux plus longs et plus fins que les hommes. Une belle chevelure doit arriver jusqu'au bassin; lorsqu'elle atteint le mollet, elle est réputée magnifique. Si les femmes conservent plus longtemps leurs cheveux nne les hommes, c'est parce qu'elles les soignent

beaucoup mieux el en l'ont l'objet d'une toilette journalière.

Quelques cas de calvitie offerts, de temps a autre, par des savants, avaient accrédité l'erreur que les hommes livrés aux travaux d'esprit perdaient de bonne heure leurs cheveux ; il paraîtrait, au contraire, d'après les observations générales, sauf les exceptions, que les hommes qui exercent continuellement les organes de l'intelligence possèdent une épaisse et forte chevelure. La raison de cette vitalité du bulbe pileux se trouve naturellement dans l'activité des fonctions physiologiques du cerveau. En effet, le travail soutenu de l'esprit développe, hâte la circulation cérébrale, et amène dans le cuir chevelu une grande quantité de fluides qui fournissent aux bulbes pileux une abondante nutrition. Si nous voulions prendre des exemples dans l'antiquité, nous citerions, comme trèsremarquables par leur barbe et leur chevelure, Pythagore, Moïse, Platon, Phidias, Aristote, Esculape, Hippocrate et une foule d'hommes célèbres dans les arts et les sciences; mais, nous bornant à nommer quelques-uns de nos savants contemporains el de nos célébrités politiques et littéraires, nous prendrons pour exemples les têtes de MM. Arago, — Duméril, — Talleyrand,— Chateaubriand,— Beethoven,— George Sand, - Thoré, — Hippolyte Lucas, - Théophile Gautier, — J. Janin, — Alexandre Dumas, etc.; et, si l'on objectait que l'histoire ancienne et moderne

nous montre beaucoup de grands hommes avec uue tèlc presque chauve, on pourrait répondre que la plupart d'entre eux ont perdu leurs cheveux fort tard et par suite de l'âge ; d'autres les ont vus tomber pendant ou après une maladie; d'autres, enfin, sont devenus chauves avant l'âge pour s'être livrés avec trop d'ardeur, pendant leur jeunesse, aux plaisirs des sens; car les excès sensuels retentissent tout particulièrement sur le système pileux.

Les climats ont une influence marquée sur la couleur des cheveux, sur leur finesse et leur longueur. Chez les peuples du Nord, la couleur blonde est la plus générale ; la couleur noire domine chez les peuples du Midi; dans les régions tempérées on rencontre une foule de teintes intermédiaires; enfin on peut dire que les chevelures européennes offrent une gamme de couleurs qui, partant du blond filasse des Suédois, se foncent graduellement pour former les blonds et châtains divers, puis montent au brun-noir et arrivent au noir-jais des Espagnols et des Napolitains.

La forme des cheveux, leur quantité, de même que la couleur, sont un des caractères distinclifs des races humaines. Les races blanches d'Europe et d'Asie ont la chevelure et la barbe fournies, surtout dans les variétés d'hommes blancs-roux. Les tempéraments bilioso-sanguin, et bilieux pur surtout, possèdent un système pileux très-épais; mais, a mesure que la race revêt la couleur basanée, le système pileux devient

plus rare, comme chez les lndous, les Mogols, les Américains indigènes ; il existe parmi ces derniers des populations entièrement privées de barbe. Cela viendrait, d'après quelques naturalistes, de l'habitude que ces populations ont prise, dans le principe, de s'épiler; celle coutume, continuée pendant une longue suite de générations, aurait formé une race d'hommes imberbes.

Les races jaunes offrent des cheveux noirs, tantôt plats, épais, clairs et de variable longueur ; tantôt crépus, laineux et courts: la barbe suit les mêmes progressions.

La race nègre et couleur de suie présente de nombreuses différences quant à la forme, à la couleur et à la densité. Les cheveux des Hollentots sont courts, épais et crépus; ceux des Papous sont inextricablement frisés: la circonférence d'une chevelure papoue pourrait être comparée a une queue de paon faisant la roue. Les Californiens, Aléotiliens, Hurons, etc., portent des chevelures ondées et frisées. Les Kouriles surtout offrent un luxe pileux des plus remarquables; leur barbe commence littéralement au-dessous de la paupière inférieure et couvre tout le visage; la peau du corps entier est presque aussi velue que celle d'un ours. Los populations de la Nouvelle-Guinée, des îles delà Sonde, delà presqu'île de Malacca, deVan-Diémen et de l'Australie, ont les cheveux plus ou moins épais, rudes cl plats 5 enfin, depuis les Mozambiques

cl les Yolofs, qui uni une laine liauleel aussi épaisse que celle d'un mérinos, jusqu'aux nègres pélagiques de l'archipel indo-chinois, le système pileux offre les plus singulières variantes.

Couleur de» cheveux. — Nous avons déjà démontré que la couleur et les diverses nuances des cheveux dépendaient des proportions variables de fer et de soufre qu'ils contiennent; ainsi :

Le cheveux noirs contiennent un excès de fer ; Les châtains en possèdent une quantité moindre; Dans les cheveux blonds le soufre est en excès; Dans les cheveux roux le fer se trouve a l'état d'oxyde rouge.

En lin, il y absence complète de fer dans les cheveux blancs et excès de silice.

Plusieurs physiologistes et anatomistes ont avancé que, plus la racine du cheveu est profonde, plus sa lige devient longue; c'est-à-dire que la longueur de la lige est en raison directe de la profondeur de la racine. Les follicules pileux sont logés, ainsi que nous l'avons dit, dans la partie profonde de la peau; les racines du cheveu sortent par le trou inférieur du follicule et pénètrent dans le tissu cellulaire sous-cutané; il est même des poils qui enfoncent leurs racines dans la substance du cartilage, comme cela arrive aux paupières, au nez, aux oreilles : c'est cette profondeur de la racine qui rend si dangereux l'arrachement des poils du nez. L'on a aussi avancé que les cheveux des

femmes acquéraient une plus grande longueur que ceux des hommes, parce qu'elles avaient un tissu cellulaire plus abondant, où les cheveux trouvaient une quantité considérable de sucs nutritifs; mais cette assertion n'est pas rigoureuse, attendu qu'en général les personnes qui ont le cuir chevelu gras perdent leurs cheveux de bonne heure, et ne les ont pas plus longs que les autres.

L'on a observé, en outre, que la finesse des cheveux était en raison de la couleur : ainsi, les cheveux noirs des habitants de la- zone torride sont courts, gros et crépus, tandis que les cheveux blonds des Septentrionaux sont fins, soyeux et d'une longueur remarquable. De cette observation constante, il résulte que, sur deux têtes également bien fournies, l'une blonde l'autre noire, le chiffre des cheveux blonds sera de beaucoup supérieur au chiffre des cheveux noirs. Witop, qui eut la patience de compter le nombre des cheveux sur plusieurs têtes, de nuances diverses, trouva les chiffres suivants :

Sur un pouce carré : — 790 cheveux blonds.

— — 008 — châtains.

— — 572 — noirs.

— — 495 — roux.

Ce qui donnerait pour une tête entière :

110,41)0 cheveux blonds.

109,440 — châtains.

102,960 — noirs.

88,740 — roux.

Les cheveux et poils sont idio-éleclriques et hygrométriques; cette seconde propriété a été utilisée, comme on le sait, pour la fabrication de certains ba- * romètres. Les cheveux possèdent une élasticité et une résistance des plus remarquables. Bichat et Grellier ont expérimenté qu'un cheveu peut supporter, sans se rompre, un poids de 1,055 décigrammes. Devant cette résistance, on croit, sans hésiter, à ces traits de patriotisme qui portèrent les femmes romaines a se couper les cheveux pour faire des cordes aux catapultes et les femmes carthaginoises a les imiter pour faire des cordages aux vaisseaux.

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