DESCRIPTION
DES AFFECTIONS PAR CAUSE PEU OU POINT APPRÉCIABLE QUI il OCCASIONNENT LES CALVITIES DE LA DEUXIÈME CLASSE.
ADIPOTRIKIE
CUEVEDX ET CDIR CHEVELU GRAS .
La cause qui rend les cheveux gras est attribuée al l'abondante sécrétion des glandes sébacées et sudori-J pares, baignant incessamment la base du cheveu el | déposant sur sa tige un enduit graisseux. La peamj des têtes grasses fournit généralement une grande | quantité de pellicules ou petites écailles épidermiquerl blanchâtres, dont une partie se détache et poudre le?| cheveux, tandis que l'autre partie forme une crasse! onctueuse, tenace, qui entretient Yûdipotrikie, oJ graisse des cheveux. Le cuir chevelu trop gras, l'hypersécrétion des cryptes sébacés qui entourent lèchent veu à sa sortie de la peau, des sueurs trop abondanteJ el continuelles, sont des causes très-fréquentes ddl calvitie. Le cuir chevelu n'est nullement douloureuxJ aucun signe n'indique la moindre altération ; sa sur I
face est blanche, netle, et cependant les cheveux tombent et ne repoussent pas. Évidemment, le travail de la chute s'opère dans l'intérieur de la peau : le bulbe, recevant incessamment une quantité de sucs nutritifs surabondante et outrepassant ses forces assimilatrices, languit et meurt comme une plante étouffée par l'excès d'engrais.
Traitement hygiénique. — Les personnes prédisposées à cette espèce de calvitie doivent, pour la prévenir, multiplier les soins de propreté de la chevelure; rejeter toute sorte d'huile ou de pommade, se dégraisser plusieurs fois par mois, surtout en été, le cuir chevelu avec la lotion délersive indiquée au Formulaire: c'est le seul moyen de se préserver d'une calvitie précoce. Cette lotion a la propriété de nettoyer parfaitement la peau et les cheveux, de modérer les sueurs et de tonifier la peau.
Il est beaucoup de personnes qui n'osent se laver la tête, dans la crainte de voir tomber leurs cheveux ou d'être affectées de maux d'yeux, de dents, etc. ; cette croyance est aussi préjudiciable à la beauté et à la propreté que celle dont sont victimes quelques femmes qui proscrivent l'eau de la toilette du visage, et lui substituent des cold-cream ou autres préparations analogues, dans le but de conserver la fraîcheur de leur peau. Cette croyance, disons-nous, est une pitoyable absurdité et doit être rejetée comme telle. En effet, les chimistes de toutes les époques se sont
accordés a reconnaître que l'eau est le grand dissolvant de la nature, et nous pensons avec eux que l'eau simple, en servant de véhicule a des substances philodermiques, est indispensable à la propreté de toutes les parties du corps^ sans exception. L'eau est aussi nécessaire a l'entretien de la souplesse et de la fraîcheur de la peau qu'elle l'est à calmer la soif.
Aux personnes imbues du préjugé que le lavage ou le dégraissage du cuir chevelu est nuisible a la chevelure, nous dirons que ce nettoyage est à la peau du crâne ce qu'est le bain au reste du corps ; qu'il est favorable aux fonctions du cuir chevelu, a la vitalité des cheveux, et qu'il prémunit contre les calvities qui pourraient le frapper. Ce n'est donc point le lavage qui est nuisible, c'est l'humidité qu'on laisse à la base des cheveux, lorsqu'on oublie d'en opérer la parfaite dessiccation. Qu'on reste bien persuadé qu'une tête lavée et dégraissée de temps en temps offre une chevelure plus belle et plus vigoureuse que celle qui est privée de ces soins de propreté.
XÉROTRIKIE.
cheveux secs, cum chevelu MAIGRE.
CeUe affection, qui précède assez souvent la chule des cheveux, est due soit a l'amaigrissement de la peau crânienne, qui ne fournit qu'insuffisamment aux cheveux les sucs nourriciers nécessaires , soit a une
— loi -
maladie du bulbe, qui cesse de pomper ces sucs et de les transmettre à la lige ; soit enfin au défaut de sécrétion des petites cryptes sébacées qui entourent la base du cheveu, et dont l'humeur sert a lubrifier la tige. Ces diverses altérations peuvent être locales ou dépendre d'une maladie interne. L'atonie de la peau s'étend au follicule pileux, qui perd peu a peu sa vitalité; la fonction absorbante et nulrilive du cheveu, dont les racines du bulbe sont l'instrument, languit de plus en plus, et, lorsque les sucs nourriciers cessent d'arriver en quantité suffisante a la lige du cheveu, celle-ci se dessèche et tombe.
Traitement. — On commencera par laver et nettoyer le cuir chevelu avec Y alcoolé savonneux, afin de favoriser ses fonctions exhalantes et absorbantes. Ce nettoyage a aussi pour but de porter une légère excitation dans les cryptes et follicules de la peau. Le nettoyage et la dessiccation opérés, on procédera, le soir, aux onctions el frictions avec la pommade souveraine contre la cliule. Pour pratiquer ces onctions, on prend un peu de pommade avec le bout des doigts, on la fait entrer dans les cheveux, et l'on frictionne la peau durant quelques minutes. Lorsque le cuir | chevelu est parfaitement oint, on coiffe un serre-tête de toile gommée, afin de favoriser, pendant la nuit, l'absorption de la pommade. On renouvelle pendant trois jours la même opération, eu ayant soin chaque fois de bien peigner el brosser la lête afin d'enlever
l'enduil graisseux dont la peau a été recouverte par les onctions de la veille. Le quatrième jour, on pra- j tique un nettoyage, comme la première fois, avec Yakoolé savonneux, et l'on reconlinue les onctions. ! Huit jours de ce petit traitement suffisent pour arrêter la chute des cheveux.
Ce traitement local sera plus efficace encore si on ' lui adjoint, pendant quelques semaines, une alimentation grasse et féculente; car il ne faut pas perdre de vue que la racine des cheveux pompe ses sucs nutritifs dans le tissu graisseux, et que les aliments gras èt féculents sont les seuls favorables a la formation de la graisse. (Voyez, dans notre ouvrage intitulé Hygiène et perfectionnement de la beauté, le chapitre qui traite des aliments, de la digestion et de la nutrition.)
S'il arrivait que le traitement avec la pommade souveraine fût suivi d'insuccès, c'est que la calvitie dépendrait d'une autre cause ; alors il faudrait essayer les lotions avec l'eau de Baréges, le sulfure de potassium étendu d'eau, ou une solution alcaline quelconque. La lotion détersive contre la chute nous a souvent réussi dans le cas qui nous occupe, lorsque le traitement par la pommade avait été insuffisant.