‹ Hygiène médicale des cheveux et de la barbe [electronic resource]Chapitre 12 sur 67 · DEUXIÈME VARIÉTÉ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME VARIÉTÉ

Cette variété de chute est très-commune, surtout pendant la saison d'été ; elle frappe un grand nombre de jeunes têtes, parmi les femmes, et n'a pas encore été décrite par aucun auteur. Mes observations, sur un assez grand nombre de sujets, m'ont, fait croire qu'elle dépendait d'une atonie du follicule pileux; voici comment elle débute :

Le cuir chevelu devient sec, les pellicules épidermiques, s'il en existait, disparaissent; la peau du crâne est blanche, unie, rien n'indique aucune altération. Cependant les cheveux tombent, chaque jour le peigne les arrache avec une facilité désespérante, à

]or> —

ils ne repoussent plus ; de telle sorte qu'au bout d'un certain temps la chevelure la plus fournie est, réduite au point de ne plus suffire aux exigences de la coiffure.

Si l'on examine le cheveu arraché au microscope et même a l'œil nu, on s'aperçoit qu'il est dépourvu de son bulbe, qui, dans les cheveux sains, se montre sous une couleur blanche et d'une longueur de quelques millimètres. A la place du bulbe existe une petite boule blanchâtre, sèche et très-dure. A la surface de la peau, le conduit pilifère du cheveu tombé se recouvre d'une couche épidermique, et, ainsi obstrué, ne permet plus à un nouveau cheveu de le traverser ; d'où il résulte une notable diminution dans la masse des cheveux.

La cause efficiente de cette calvitie se trouve, sans doute, dans la diminution ou la suppression de la sécrétion de l'humeur folliculaire; essayons de le démontrer :

Un cheveu garni de son bulbe existe dans le follicule (voyez au chapitre u la description physiologique du cheveu) ; ce bulbe possède des racines, qui, sortant par le trou inférieur du follicule, vont puiser leurs sucs nutritifs dans les parties profondes de la peau cl dans le tissu cellulaire sous-cutané; mais ce bulbe est aussi baigné par l'humeur folliculaire qui a présidé a sa formation, et qui concourt à sa nutrition. Si l'humeur que sécrète le follicule vient à se tarir.

— loi; —

le bulbe, privé d'une portion des sucs nutritifs qui sont nécessaires a son entrelien, diminue peu a peu de volume, se rétracte, et cesse bientôt de remplir la cavité du follicule ou sac qui le contient. Il arrive un moment où ce bulbe, considérablement diminué dans sa longueur et sa grosseur, et dépourvu de racines, n'est plus retenu dans son follicule que par la petite boule sèche et dure dont nous venons de parler. Dès lors, le cheveu a perdu sa vitalité, et il su i lit d'une légère traction pour l'arracher sans douleur, i Si l'on demande quelle est la cause première de cette affection, je répondrai qu'ici, comme dans toutes les maladies, la médecine ignore complètement les causes. premières; c'est le symptôme visible, appréciable ou cause secondaire, qu'elle attaque pour guérir la maladie, puisque la cause première lui échappe.

Traitement. — Le traitement de cette affection est des plus simples : il faut d'abord laver et nettoyer le cuir chevelu avec la lotion détersive, \° pour débarrasser sa surface de toutes les impuretés épidermiques et transpiratoires qui peuvent la souiller; 2° pour désobstruer les conduits pilifèreset favorise! les fonctions absorbantes de la peau. Ce nettoya^ sera renouvelé deux jours de suite pour les cuirs chevelus gras. Le nettoyage fait, la peau et les cheveux' étant bien secs, on fait des onctions et frictions sur le cuir chevelu avec- la pommade irïkogène; ces fric-

lions s'opèrent, ainsi que nous l'avons déjà dit, avec

la pulpe des doigts ; on se couvre ensuite la tête d'une ||.'

coiffe, afin de favoriser l'absorption de la pommade. Le nettoyage du cuir chevelu avec la lotion cléter-

sive doit se pratiquer de trois jours en trois jours;

les frictions se font chaque soir avant de se coucher. Au bout de deux semaines de ce traitement, le bulbe, et le follicule pileux ont repris leur vitalité première, et la calvitie est arrêtée. Si, après un mois ou un g temps plus ou moins long, la chute des cheveux reparaissait, on aurait recours au même traitement qui, cette fois, serait plus prompt.

Page 1