XVI BUT ET ENSEIGNEMEMT
Gomment l'Hygiène n'embrasserait -elle pas en même temps l'édacation physique et l'éducation morale , puisque c'est à elle que revient de droit toute question relative aux rapports du physique et du moral de l'homme; puisque c'est elle, elle seule qui connaît les véritables conditions d'organisation nécessaires à l'exercice des fonctions instinctives, morales et intellectuelles ? Que seraient les principes moraux qui ne tiendraient pas compte de ces conditions d'organisation ? Ils ne produiraient qu'une morale abstraite , bonne pour les méditations du cabinet et non pour la pratique. L'étroite liaison qui existe entre l'hygiène et la morale est tellement évidente, que je ne conçois pas qu'une fois exposée, elle puisse jamais être méconnue.
Les principes les plus élevés du devoir et
l)E l'hygiène. XVil
du dévouement doivent trouver dans l'organisation leur justification, et par conséquent la raison de leur existence, sans quoi
l'instrument ne serait pas conforme au but qu'il s'agit d'atteindre. Si la physiologie a
été sur ce point presque toujours en désaC' cord avec la morale, c'est qu'elle ne con-« naissait l'homme qu'à demi; il appartenait à notre siècle , en créant la phvsiolooie du cerveau , de combler cette immense lacune et de compléter ainsi l'histoire de l'homme. La Phréuologie s'est élevée jusqu'à la philosophie pour la reconstruire sur des bases pius stables que celles sur lesquelles elle avait été jus([ue là assise ; c'est à la philosophie maintenant d'apprendre la physiologie pour porter dans ses études l'esprit de sa hiéthode. Le mariage est aujourd'hui forcé
entre ces deux branches des connaissances
XVin BUT ET ENSEI(>N˻riiNT
humaines, et la stérilité attend désormais ceux qui prétendraient encore se soustraire à cette heureuse alliance.
Il doit être suffisamment démontré que l'Hygiène, loin de se borner à porter secours à la médecine, étend son influence jusque sur l'éducation , jusque sur les sciences morales au sein desquelles nous venons de la voir profondément pénétrer.
C'est encore elle que nous allons retrouver au milieu de la société , exigeant de l'économie politique qu'elle se conforme religieusement à ses principes. De toutes les théories de cette science, depuis les écoles de Quesnay et de Smith, jusqu'à celles de Malthus , de Say , de Bicardo , quelle est celle qui, infidèle à son origine (i), ait eu
(i) On sait que le premier économiste, Quesuay, était médecin. . •
DE l'hygiène. XIX
l'idée de dédaigner l'homme physiologique ? Toutes ont tenu compte ou du moins ont cherché à tenir compte des besoins de l'homme, mais à toutes il manquait une connaissance complète de l'homme, car cette connaissance était impossible avant G ail. En efFet, si c'est la propriété qui fait la base de votre doctrine , il faut que vous sachiez par suite de quels besoins innés, fondamentaux , l'homme s'attache à la propriété; si c'est le travail , il vous faut connaître toutes les directions suivant lesquelles peut et doii se développer l'activité humaine; si ce sont les besoins des populations, il faut que vous soyez convaincu de l'exigence des besoins physiologiques et que vous puissiezindiquer les moyens de les réprimer. Dans tous les cas, vous n'établirez rien de stable, si vous ignorez la hiérarchie des dif-