‹ Hygiène moraleChapitre 12 sur 63 · LOI D EQUILIBRE DES POPULATIONS · texte numérisé non relu

LOI D EQUILIBRE DES POPULATIONS

des milliards de population, deux figures qui puissent être confondues même par des yeux peu attentifs. Imaginez ce que serait devenu le monde, dans une confusion d'individualités, où la famille et la société disparaîtraient, pour ainsi dire, dans le chaos, comme dans le néant.

Direz-vous que là aussi tout est l'œuvre spontanée delà matière ou de circonstances fortuites? Ah ! croyez-le bien, il y a, pour de tels faits et pour de telles combinaisons, quelque chose de plus élevé, de plus intelligent que la matière; il y a quelque chose de plus prévoyant que le hasard, quelque chose de plus puissant que la main de l'homme : il y a une science sur-humaine devant laquelle l'homme n'a qu'à s'incliner.

Il n'est guère probable que jamais patience de savant puisse nous donner une statistique de tous les êtres vivants, animaux et végétaux, qui peuplent la terre et ses entrailles, la mer et ses abîmes; mais il y a lieu de croire que la même puissance qui a su créer l'univers, n'a rien excepté dans ses plans pour l'unité de la loi, dans l'accomplissement de son œuvre.

V. — Que faut-il induire, en pratique, de V étude philosophique de l'homme?

En étudiant comparativement l'homme et les animaux, nous avons pu facilement déterminer les caractères physiologiques qui leur assignent un rang bien distinct dans l'ordre de la création, et l'on ne saurait douter qu'ils ne diffèrent également dans leur santé et leurs maladies, qu'ils n'aient pas leur hygiène, leur pathologie, même leur thérapeutique spéciales.

L'homme, par sa nature, n'avait pas seulement à subir toutes les épreuves d'une organisation plus délicate, et qui le rend plus sensible, plus impressionnable à toutes les influences du dehors, il avait aussi à payer le tribut de sa condition sociale où tout devait conspirer contre lui. Et d'abord, il n'y vit pas comme les animaux; il n'a pas, comme eux, l'instinct pour seul guide de sa vie matérielle ; il ne lui suffit pas des seuls aliments que lui offre la nature pour répondre à ses besoins ; il faut qu'il inter-

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roge sa sensualité, qu'il prenne conseil de ses goûts trop souvent dépravés, avant celui des instincts naturels; il faut qu'il obéisse à des habitudes d'assaisonnement et de raffinement culinaires, trop souvent incompatibles avec les lois digestives; il faut même qu'il cède aux pressantes sollicitations qui l'entourent pour des superfluités non moins contraires à une sage hygiène, et de là toute cette classe de maladies si fréquentes, dont les animaux sont exempts, toutes les formes de dyspepsies.

L'homme ne pouvait d'ailleurs échapper à d'autres écueils de sa condition sociale où il lui faut encore subir les effets de tous les genres d'ivresse physique et morale, de toutes les émotions politiques et sociales , de toutes les déceptions de calculs, d'espérances de fortune et d'honneur , de toutes les tribulations domestiques , comme autant de causes de troubles de santé, de perturbations mentales, dont les animaux sont encore nécessairement affranchis.

On ne saurait donc, à aucun titre, opposer l'un à l'autre l'homme et l'animal, ni dans leur hygiène, ni dans leur pathologie, ni dans leur thérapeutique,

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en vue de les éclairer l'un par l'autre, et l'on a peine à concevoir une science qui se plaît à leur faire des emprunts, que ni la raison ni l'expérience ne sauraient justifier.

A voir ce qui se passe aujourd'hui dans nos écoles, on dirait qu'il n'y a plus de vérités pratiques sans la lumière de la vivisection, qu'il n'y a pas de pathologie humaine sans le contrôle de l'expérimentation physiologique ; qu'il n'y a de thérapeutique que celle qui apporte le témoignage de faits observés sur les animaux; et voyez, à ce sujet, ce qui se passe dans cette prétendue loi d'assimilation de physiologie et d'hygiène comparées. La pepsine, la pancréatine des animaux, sont entrées dans la pharmacologie, comme ferments identiques aux sucs gastriques de l'homme, et pour suppléer à leur insuffisance dans le travail digestif, comme si les conditions anatomiques et physiologiques de la digestion pouvaient souffrir la moindre analogie dans les deux cas ; comme si le prétendu ferment digestif emprunté aux herbivores, en lui supposant même des effets d'analogie avec celui de l'homme, n'avait pas complètement disparu dans les diverses trans-

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