I. — Ce qu'il faut entendr~e par instinct
Il importe toutefois , même à ce titre, de fixer le sens logique et la valeur physiologique de la faculté instinctive, afin d'éviter toute confusion entre des faits qui ont pu être souvent confondus, bien que parfaitement distincts dans leurs attributions intimes comme dans leurs caractères extérieurs. C'est ainsi qu'il ne pourrait être indifférent de confondre Tins-
tinct proprement dit, avec cette propriété purement dynamique dont elle est l'expression, et qui, sous le nom de force vitale, préside exclusivement à la vie des organes, à la vie moléculaire ou nutritive.
Quelle que soit la nature également inconnue de l'une et de l'autre, ces deux facultés s'exercent en vertu de lois parfaitement distinctes , même dans leur dépendance d'expression ; elles ont, chacune, leur destination spéciale, leur but bien déterminé.
L'instinct, en effet, c'est la faculté préposée à la conservation de la vie de l'individu et de l'espèce ; c'est la sentinelle vigilante et active, la sauvegarde de l'organisme, toujours prête à intervenir au premier signal de ses besoins et de ses souffrances.
La force vitale, c'est la condition physiologique de la vie, c'est la vie même des tissus et des organes; c'est la puissance qui tient à la fois sous son empire l'exercice du sentiment, du mouvement, des actes instinctifs et de réparation, le secret de la santé et de la maladie, des guérisons spontanées et des guérisons artificielles ; en un mot, la force vitale c'est l'âme de la matière organique , quoique matière elle-même, tout aussi incoercible que la matière élec-
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trique, sans être l'électricité elle-même. Si la physiologie expérimentale a pu entretenir, continuer pour quelques instants, la vie des tissus, à l'aide de courants galvaniques substitués à la force vitale , elle n'a jamais pu prétendre introduire artificiellement la force vitale dans l'organisme, rien donc d'identique entre les deux puissances et rien de commun entre elles et l'instinct.