CHAPITRE PREMIER
l'homme, sa nature, sa destinée.
»! Il est plus aise de connaître l'homme en général que de connaître un homme en particulier. » (La Rochefoucauld.)
L'homme ne s'improvise pas d'emblée tout en naissant, comme les animaux. Il n'apparaît qu'à Tétat d'ébauche sur cette terre où il doit attendre, pour se compléter, les délais que lui assignent sa nature et sa destinée; ce qui fait que, pour le connaître, il faut l'étudier dans les diverses périodes de sa vie, le prendre abovo, le suivre jusqu'à la tombe.
Et d'abord, il ne naît pas dans des conditions
P. Jolly, Hygiène. 2
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d'organisation qui puissent lui permettre de subir impunément les premières impressions d'un milieu où il ne trouve que des contrastes, où il ne salue le jour pour la première fois que par des cris de douleur. Il n'y apporte pas, comme les animaux, des attributs physiques qui tiennent lieu de vêtement, ni des instincts qui puissent l'éclairer sur ses premiers besoins; il ne saurait y trouver un abri contre les injures extérieures, ni même le sein qui doit le nourrir, et il y périrait indubitablement sans les secours providentiels de la famille et de la société qui sont là pour le recueillir et le protéger. C'est sous cette double égide que s'atténuent chaque jour les premières impressions tactiles de l'enfant; qu'il apprend d'abord à voir, à distinguer, à rechercher les personnes, les images, tous les objets qui s'offrent à ses regards, à les contempler avec une curiosité qui aspire à connaître; que bientôt l'exemple voit naître en lui la faculté d'imitation, en même temps que ses premières lueurs d'intelligence; que l'habitude, toute greffée comme l'imitation sur ses premiers instincts, sait avec elle et dans un commun exercice, le faire entrer chaque jour