RÉSULTATS DE CETTE ENQUÊTE
toutes ces observations prises sur un plan uniforme, el avec une vue d'ensemble, par des juges expérimentés et compétents, une source féconde d'enseignements pour les améliorations à introduire dans les écoles anciennes, comme dans ses créations nouvelles, et de précieuses indications propres à diriger l'hygiène scolaire vers de nouvelles recherches et de nouveaux progrès.
Les vœux que nous avons exprimés, les besoins que nous avons dû signaler dans le cours de cet ouvrage, à propos de tous les nombreux détails que comporte l'hygiène de l'école, se prêtent difficilement, on le conçoit, à être résumés en quelques propositions générales.
Néanmoins nous avons cru, pour mieux fixer l'attention du lecteur, pouvoir formuler les conclusions qui suivent, en faisant observer qu'elles n'énoncent que les déductions les plus générales et les conséquences les plus pressantes de l'étude que nous venons de faire.
1° Nécessité absolue de remédier à l'insuffisance manifeste de nos écoles et aux mauvaises conditions hygiéniques d'un très-grand nombre de nos bâti-
ments scolaires >. — Urgence d'apporter d'indispensables améliorations, relativement aux dimensions des classes, au nombre d'élèves qui les fréquentent2, aux procédés de chauffage, de ventilation, d'éclairage de jour et du soir dans les classes, à la propreté de toutes les parties et de toutes les annexes de l'école.
2° Le mobilier scolaire doit être réformé suivant les règles indiquées; il faut chercher, — et nous espérons que l'étude comparative qui précède fournira les éléments d'un choix rationnel, — un type scientifiquement combiné, au point de vue de l'hygiène comme des exigences pédagogiques, au point de vue du prix et en raison de la place, ce qui est encore la question d'hygiène et d'argent sous une autre forme. Le principe nous paraît être de réaliser sur l'apparence, sur le superflu, toutes les économies possibles, à condition de ne reculer devant aucune dépense jugée utile à l'intérêt, à la santé des élèves. Quand un si grand nombre de nos écoles manquent encore du nécessaire, toute dépense qui n'aurait pas ce caractère d'une absolue nécessité serait injustifiable.
3° Insister sur l'application des règles hygiéniques
1. Nous rappelons les dispositions déjà prises et indiquées dans le cours de cet ouvrage, notamment page 4 et suivantes.
2. A Paris, si nous comparons les années scolaires 1871-72 et 1872-73, il est juste de reconnaître que de sérieux progrès ont été accomplis. Du 1er octobre 1871 au 1er octobre 1872, il a été créé 296 classes; l'année suivante, 137 classes nouvelles ont été formées par dédoublement.
relatives à la propreté des élèves, à leur éducation, à la direction plus rationnelle de leur activité intellectuelle et physique, à la nécessi té d'augmenter la mesure et de surveiller la mise en œuvre des exercices corporels (gymnastique, promenades, etc.), afin de diminuer les inconvénients de la vie scolaire, de contre-balaneer les dangers du travail de tête, de la respiration d'un air confiné, et de l'immobilité prolongée chez des enfants, dont, en dehors de l'école, l'habitation, les vêtements, la nourriture, la dose d'air pur, laissent déjà tant à désirer. Loin d'être une continuation, une aggravation de ces conditions mauvaises, l'école doit présenter pour le corps, pour l'esprit et pour l'âme des enfants, une demeure plus salubre, une atmosphère plus pure, des exemples, un milieu, plus parfaits.
h° Nous appelons la plus vive sollicitude de l'administration sur la nécessité de faire donner la sanction de la loi à l'institution des médecins des écoles, qui, là où elle est en vigueur, n'a encore aujourd'hui qu'une existence de fait *. Cette institution très-importante, une fois consacrée par la législation, doit être propagée, généralisée partout. Il fauthonorer cette fonction, la rétribuer au besoin, afin qu'elle soit sérieusement acceptée, régulièrement accomplie, et
1. L'arrêté du Comité central de 1836 a cessé d'être en vigueur. 11 était d'ailleurs spécial aux écoles de Paris. Il ne reste, comme mesure analogue, que le décret du 21 mars 1855 (art. 1G), qui ne s'applique qu'aux salles d'asile.
qu'un travail d'ensemble, dans toutes les écoles du pays, conçu, dirigé et surveillé avec autorité et compétence, puisse être partout imposé, et donne tous les résultats que l'on peut en attendre. — Il importe de rendre obligatoires les revaccinations périodiques, dans tous les établissements scolaires. — Enfin, il faut exiger une statistique sérieuse des maladies observées clans les écoles par les médecins chargés de les visiter, comme le seul moyen de parvenir à juger chaque année des progrès déjà obtenus et des réformes que peuvent réclamer encore la direction de la santé des enfants, et l'hygiène scolaire en général.
5° En attendant que le budget s'élève à la hauteur de tous les besoins dont on a démontré la nécessité et l'urgence, il y a lieu, selon nous, défaire un énergique appel à l'initiative individuelle, à la générosité des membres fondateurs ou donateurs des caisse* des écoles par exemple, institution qui est loin d'avoir dit son dernier mot pour l'amélioration des écoles et dubienêtre des élèves.
6° Enfin, s'il nous est permis de formuler un vœu plus général qui découle naturellement de cette étude, nous demandons que l'on étende à tous les établissesements publics d'enseignement secondaire et supérieur, collèges, lycées, facultés, etc., et aux élèves à tous les degrés, ces améliorations indispensables de l'hygiène scolaire spécialement formulées ici à propos des écoles communales. Au lycée, le mobilier scolaire
csl-il moins primitif, moins défectueux qu'à l'école? l'hygiène est-elle plus parfaite? Ce qui est certain, c'est que l'élève passe plus de temps au lycée qu'à l'école, c'est qu'il en subit plus longtemps, plus complètement, plus profondément, l'influence bonne ou mauvaise. La réforme demandée ici au nom de l'hygiène scolaire serait donc incomplète, si, bornant à l'école primaire, par laquelle il fallait commencer, les bienfaits de ce genre, on n'étendait à toute la jeunesse qui s'instruit une sollicitude et une prévoyance qu'un travail plus prolongé et plus absorbant, et que les conditions spéciales de l'internat rendent encore plus nécessaires au collège, au lycée et dans les grandes écoles.