INSPECTION DES ÉCOLES LIBRES
la discrétion avec laquelle l'autorité veut et doit être représentée dans ces écoles. Mais ne peut-on, sans manquer de confiance dans les intentions et les lumières de ces inspecteurs volontaires et dévoués des écoles, exprimer la crainte qu'on leur impose là une lourde responsabilité ? Abordable sans aucun doute pour un homme éclairé, l'hygiène scolaire n'en est pas moins une science qui mérite une préparation et exige une étude spéciale pour être invoquée avec compétence et pratiquée avec fruit. Auraient-ils cette compétence, les délégués cantonaux, forcés de borner leur mission à une surveillance qui ne saurait porter que sur les applications les plus élémentaires de l'hygiène, ne pourraient, bien entendu, fournir aucun renseignement précis et concluant sur les maladies observées dans l'école qu'ils visitent. Or, si l'on songe que les écoles libres contiennent plus de 80 000 enfants dans la ville de Paris seulement, il est facile de comprendre quels chiffres importants manqueraient encore à l'enquête que nous souhaitons dans l'intérêt des écoles.
Une page importante du rapport annuel sur
l'instruction primaire. — Dans les écoles inspectées par le médecin, où consignera-t-il les renseignements obtenus ? Au rapport qui s'égare ou ne se lit pas, nous préférons le registre du médecin, pour les observations générales, et les renseignements qui intéressent toute l'école. Pour ceux qui intéressent plus particulièrement l'élève, pourquoi ne pas imiter ce qui a été fait pour l'état civil et l'état scolaire de l'enfant ? Un registre, prescrit par la Circulaire du 15 avril 1872,
doit contenir l'état civil de l'enfant, son état scolaire à l'entrée, son état scolaire à la sortie de l'école. Le registre du médecin, trop souvent aujourd'hui composé de pages blanches, deviendrait alors le véritable recueil de la statistique sanitaire de l'école ; comme le registre scolaire, « il ne pourrait être communiqué que sur place, et aux autorités scolaires instituées par la loi ».
La réunion à la fin de l'année de tous ces renseignements fournirait des pages pleines d'intérêt au Rapport sur l'instruction primaire.
Rappelons que toutes les écoles du territoire, soumises au même contrôle, à la même surveillance, donneraient des documents aussi précieux que faciles à recueillir.
Résultats de cette enquête : garantie pour les familles; progrès de l'hygiène scolaire. — Voilà
comment nous comprendrions la surveillance hygiénique et médicale des écoles. Il s'agirait en un mot de substituer à la simple visite de salubrité dont le médecin est chargé aujourd'hui, presque sur le même pied que le délégué cantonal, une enquête sérieuse, une inspection scientifique bien dirigée, relativement à l'hygiène de nos établissements scolaires.
Un service ainsi organisé, légalement constitué, serait accueilli avec faveur par les médecins, qui trouveraient dans cette œuvre pleine d'intérêt une tâche plus digne de leur savoir et de leur dévouement; les familles y verraient avec raison une garantie sérieuse ; l'administration, enfin, posséderait, dans le recueil de