CUBAGE DE L'AIR
Il est facile de prévoir que L'appauvrissement de l'air en oxygène, et la production de l'acide carbonique, s'effectueront d'autant plus rapidement dans un milieu donné, si les êtres qui l'habitent ont une respiration plus active, c'est-à-dire absorbent, dans un même temps, plus d'oxygène et dégagent plus d'acide carbonique '.
C'est précisément ce qui se produit dans l'école habitée par des enfants de six à treize ans. C'est l'âge où les poumons fonctionnent avec la plus grande énergie, où par conséquent la respiration d'un air pur est le plus nécessaire, où l'influence d'un air vicié par l'acide . carbonique et les matières organiques exhalées par la respiration, est le plus dangereuse 2.
On comprend facilement comment l'enfant, contraint à respirer dans un milieu trop étroit un air
1. Do huit à quinze ans, la quantité d'acide carbonique exhalé augmente sans cesse. En représentant l'acide carbonique par le carbone qu'il contient, MM. Andral et Gavarret ont trouvé qu'un enfant de huit ans rejette en une heure 5 grammes de carbone, tandis que l'enfant de quinze ans en consomme dans le même temps, plus de 8 grammes. Chez les petites filles, cette quantité est un peu moindre ; il faut remplacer les deux chiffres ci-dessus, par 6 grammes à huit ans, et un peu plus de 7 grammes à quinze ans.
2. Cette énergie de la fonction respiratoire à cet âge, prouvée par la physiologie, reçoit encore de l'observation des maladies de l'enfance une trop convaincante démonstration : n'est-ce pas à cette période de la vie que se produisent les laryngites, les bronchites, les croups, les coqueluches, les inflammations du poumon et de ses enveloppes, etc., avec une fréquence que l'on n'observe plus chez L'adulte
bientôt dépourvu de son principe vivifiant, sera exposé aux maladies par appauvrissement de sang :delà, ces manifestations si fréquentes de la scrofule, ce teint blafard, ces engorgements des glandes, ces abcès qui laissent des cicatrices indélébiles, ces interminables flux d'oreilles, ces maux d'yeux, ces croûtes repoussantes et tenaces de la face et du cuir chevelu, etc.
Laphthisie ne trouve-t-elle pas aussi dans une aération insuffisante une condition favorable à son éclosion, pour peu qu'elle rencontre chez l'enfant un terrain propice?
Ajoutons qu'un milieu malsain, qu'un air vicié, accroissent encore de la manière la plus indiscutable, l'aptitude, déjà déterminée par l'activité de l'absorption chez l'enfant, à contracter les maladies contagieuses : variole, rougeole, scarlatine, etc.
Enfin, bien que nous ne parlions ici que de l'influence de l'École sur la santé des enfants, pourrionsnous ne pas songer aux maîtres? L'enfant, pendant la période de croissance et de développement, passe dans l'École cinq ou six années. C'est assez, si l'air qu'il y respire est impur, pour compromettre sa santé. Mais que sera-ce pour le maître qui doit passer dans ce milieu sa vie tout entière!
Rien donc de plus important que cette question de l'aération de la classe.
De savantes recherches et des études expérimentales répétées ont démontré que lorsque l'air contient plus de six dix-millièmes (0,0006) de son volume d'acide carbonique, il cesse d'avoir le degré de pureté néces-