NOMBRE D'ÉLÈVES
Ce serait à la fois mieux ménager les forces du maître, et prendre plus sûrement les intérêts de l'instruction et de la santé des élèves.
L'article 27 de la loi sur l'instruction publique en Suisse (Genève, 10 octobre 1872) dispose que le nombre des élèves d'une classe, dans les écoles primaires, ne doit pas, dans la règle, dépasser soixante.
L'article 53 de la môme loi fixe le même maximum pour les collèges et pour l'École secondaire et supérieure.
La réforme que nous demandons exige de la place, c'est-à-dire plus d'écoles, donc un budget plus étendu. 11 ne faut pas craindre de le répéter, c'est là la condition essentielle des progrès de l'hygiène scolaire. Quelle dépense est plus légitime et plus nécessaire que celle qui est destinée à répandre dans ces jeunes générations la force et la santé en même temps que l'instruction, au lieu de les laisser s'étioler de corps et d'esprit dans des classes trop nombreuses, encombrées el malsaines 1
Si l'on suppose ce vœu réalisé, la classe ayant les dimensions requises, le volume d'air initial suffisant, pour recevoir les entants appelés à la fréquenter, estelle par cela seul conforme aux exigences de l'hygiène?
tubage de l'air de la elasse. — La superficie et la
hauteur donnent la capacité de la classe, le volume d'air respirable qu'elle contient.
En prenant les chiffres les plus favorables, 1 mètre carré par élève comme superficie, et U mètres de
hauteur, nous avons k mètres cubes d'air par élève, pour toute la durée de la classe.
Est-ce suffisant ?
On sait que les phénomènes chimiques essentiels de la respiration consistent dans la soustraction à chaque inspiration (16 l'ois par minute) d'une certaine quantité d'oxygène de l'air, et dans l'exhalation, à chaque expiration, d'une certaine quantité d'acide carbonique versée dans l'atmosphère.
Ces modifications ne sont pas sans importance.
L'air atmosphérique contient 20,9 pour 100 d'oxygène.
L'air expiré, au sortir du poumon, n'en contient plusque 16,03.
La respiration enlève donc 4,87 d'oxygène à l'air atmosphérique.
Relativement à l'acide carbonique, l'air normal n'en contient que h à 6 dix-millièmes de son volume.
L'air expiré, au sortir du poumon, en contient en moyenne k,U\. pour 100 en volume, qui sont versés dans l'atmosphère '.
Insensibles, si l'on respire à l'air libre, où l'équilibre se rétablit sans cesse, ces modifications sont bientôt manifestes, quand on respire dans un espace limité. Dans ces conditions, la diminution progressive de l'oxygène, et l'augmentation constante de l'acide carbonique exhalé, ne tardent pas à rendre l'air dangereux à respirer, ou même absolument irrespirable, c'est-à-dire incapable d'entretenir la vie.
1. Expériences de Brunner, Valentin et Vierordt. Traité de plujsiologie de J. Béclard. Paris, Assclin, 1850.