‹ Hygiène scolaireChapitre 66 sur 106 · Docteur Guillaume, op. cit · texte numérisé non relu

Docteur Guillaume, op. cit

métallique qui eu règle la distance, beaucoup trop grande dans le modèle de la figure 28. La barre d'attelage qui sert d'appui-pieds est également trop éloignée du siège ; l'enfant ne peut en faire usage qu'en s'asseyant sur le bord de son banc.

Fin. 2^. — Tables-banc« Le

Pour remplir son but hygiénique, le dossier ne doit être ni assez grand, ni assez incliné pour favoriser la nonchalance de l'enfant. Il doit soutenir les reins de l'élève, et le maintenir dans une position qui l'éloigné de toute attitude vicieuse. L'auteur se propose de modifier dans le sens de ces observations, le modèle dont le croquis ci-dessus ne peut donner qu'une idée d'ensemble.

En attendant que chaque école soit pourvue d'une classe spéciale et d'un mobilier pour le dessin, les

148 LE MOBILIER SCOLAIP.E

classes et les tables ordinaires doivent servir à cet usage, le jour pour les enfants le soir pour les adultes. L'espace compris entre les porte-modèles et l'élève est à peine suffisant pour placer le carton à dessin : il en résulte de mauvaises attitudes pendant le travail, l'élève est forcé de se reculer sur le bord postérieur du banc, et de se pencher sur le carton appuyé contre sa poitrine, pourvoir le modèle et travailler. La difficulté est encore augmentée avec un dossier formant une limite infranchissable en arrière. Le porte-modèle Lenoir, qui permet de laisser passer le carton entre le modèle et la table, atténue 'ces inconvénients, que la création prochaine de classes spéciales de dessin fera entièrement disparaître.

Dans tous les modèles qui précèdent, l'adaptation du mobilier à la taille de l'enfant exige Une série de bancs de grandeurs variées, appropriées aux différents âges.

Dans les deux mobiliers que nous allons étudier, le problème est résolu d'une autre façon. Il n'y a plus qu'un type, toujours le même pour tous les enfants ; mais un mécanisme plus ou moins compliqué permet d'en varier la hauteur, et de modifier les distances des principales parties, suivant le besoin.

IHodèle Bapterosses et Loreau. — « M. BapterOSSes

(de Briare) a adopté une table fixe devant laquelle sont placés des sièges à hauteur variable. La table formant pupitre est supportée par des pieds en fonte de 85 centimètres de haut. La largeur accordée à chaque, élève est de 90 centimètres (fig. 28).

» Les sièges disposés devant la table consistent en

MODÈLE BAPTEROSSES

disques de bois, forme tabouret, supportés par un croisillon en fonte, qui est monté sur une tige en fer cylindrique. Cette tige glisse dans un support creux

Fie. 30. —Table, sièges et tabourets

en fonte scellé dans le sol ou attaché au plancher. Une vis dépression qui passe dans le support permet d'arrêter aune hauteur voulue la tige cylindrique et, par suite, le siège qu'elle supporte (fig. 30).

«D'autre part, sous la table, et vis-à-vis chaque siège, se trouvent placés de petits tabourets en fonte, formés

d'une barre en fonte à bouts relevés, fixés sur une tige cylindrique pouvant, comme celle du siège, être élevée dans un support creux scellé dans le sol, et être maintenue à nne hauteur voulue par une vis de pression. Seulement cette tige porte une petite rainure dans laquelle entre la pointe de la vis, qui, s'opposant à la rotation de la tige, maintient le tabouret dans une position parallèle à la table, et empêche l'enfant de s'en faire un jouet.

FlB. 31.

Mécanisme du siéiïo et du tabouret.

» Les vis qui servent à fixer la position du siège ou du tabouret ne peuvent être tournées qu'avec une clef spéciale qui reste entre les mains 'du professeur, ce qui met les enfants dans l'impossibilité de modifier euxmêmes l'état de choses préparé pour chacun d'eux.

» L'ensemble de ces moyens permet de classer les élèves par ordre d'âge et de mérite, en leur donnant une position qui facilite à la fois le travail de l'enfant et la surveillance du maître.

Fin. 32. — Une classe Je l'école supérieure municipoje d'Auteuil.

MODÈLE BÀPTEROSSES 155

» La circulation est facile à cause de l'isolement des sièges : la communication par le banc n'existe plus, et chaque enfant reste responsable du bon entretien de la place qui lui est donnée K »

Ce mobilier était encore susceptible de plusieurs améliorations importantes. Les bancs y étaient dépourvus de dossiers, comme on le voit dans la figure 28, p. 136.

Un dossier fixe fort simple et très -commode a été ajouté au siège mobile : c'est une simple planche d'appui, droite, légèrement cintrée, de 6 centimètres de hauteur sur 31 centimètres de longueur, rattachée au siège par deux supports de fonte hauts de 35 centimètres. Une ingénieuse combinaison permet de donner à cette pièce, sans en augmenter le poids, une solidité suffisante pour résister à la puissance développée par les enfants arc-boutés sur leurs pieds ; une tige de fer en T de 2 centimètres de large remplit parfaitement cette condition.

On voit comment est disposé ce dossier dans la figure 32, qui représente le mobilier fourni par MM. Bapterosses et Loreau à l'école municipale supérieure annexée à l'école normale du département de la Seine. Cette figure, exacte au point de vue du mobilier, est très-défectueuse quant à la position des enfants, placés suivant le caprice de l'artiste, et non en vue de montrer l'ordre de la classe et les attitudes régulières des élèves, que ce mobilier doit favoriser.

Avec l'addition du dossier, le siège nous paraîtrait

1. Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, n° 226, octobre 1871.

remplir toutes les conditions s'il était plus large et plus rapproché de la table. L'écartement dans ce modèle est encore de cinq centimètres : nous avons vu les inconvénients qui en résultent. Rien ne serait plus facile que de modifier cette distance, ce qui vaudrait infiniment mieux au point de vue de la simplicité, delà solidité et du prix, que de donner au siège, comme on l'a fait dans un autre modèle, un mouvement de glissement en avant, en môme temps qu'un mouvement suivant la verticale.

La forme ronde du disque de bois est favorable pour le passage de l'enfant; mais un siège plus large, où carré, ne présenterait-il pas un point d'appui plus commode, et qui soutiendrait mieux l'élève? Un enfant glisse aisément sur une surface taillée en rond, surtout aussi étroite ; il en résulte de la mobilité et de la fatigue.

Quant au système qui permet de faire varier la hauteur des tabourets, il est à regretter que l'on n'ait pas donné à la barre de fonte une surface plus large; la plante des pieds de l'enfant ne trouve qu'un point d'appui insuffisant sur un patin de 3 centimètres.

La table présente une inclinaison meilleure que celle des tables ordinaires des classes. Ses pieds de fonte (un à chaque extrémité) laissent à l'enfant la place nécessaire pour entrer et sortir, de même qu'ils permettent facilement le nettoyage du plancher.

On pourrait perfectionner ce mobilier en faisant pour la table même ce que l'on a fait pour les sièges et les tabourets, c'est-à-dire en donnant à chaque élève sa table, comme on lui a donné son siège et son tabouret.

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