‹ Hygiène scolaireChapitre 74 sur 106 · LA QUESTION DE PRIX · texte numérisé non relu

LA QUESTION DE PRIX

de ces améliorations coûteuses, auxquelles il ne faudra songer ni pour les petites villes, ni bien entendu pour les campagnes.

Ce sera donc un progrès d'une application bien limitée.

On pourrait répondre que les modèles en usage à Paris sont en chêne, qu'ils coûteraient moitié moins cher si on les fabriquait en sapin, économie qui les rendrait accessibles à des villes pourvues d'un budget plus restreint; on pourrait ajouter que le prix de ces mobiliers diminuerait, le jour où cette réforme serait plus générale, etc.

Jl y a mieux: comme ces nombreux essais n'ont et ne doivent avoir qu'un but, l'amélioration de l'hygiène de la classe, ce qu'il faut demander aux expériences déjàfaites, ou aux expériences instituées, c'est moins encore de déterminer, d'arrêter un type, c'est moins d'établir dès aujourd'hui la preuve de la supériorité de tel ou tel système, de tel ou tel inventeur, que la démonstration ou, pour être plus modeste jusqu'à présent, que l'étude sérieuse, scientifique, de la valeur des principes suivant lesquels ont été construits ces mobiliers nouveaux, et l'appréciation exacte des améliorations véritables qu'ils réalisent. En un mot, la question est soumise à l'épreuve de l'expérience, qui bientôt permettra de juger en pleine connaissance de cause. Le temps consacré à ce travail ne sera pas perdu, ne ferait-il que de prévenir une détermination hâtive, une mesure prématurée.

Une enquête nécessaire. — A. qui elle doit être confiée. — On verra dans le chapitre suivant comment l'administration peut et doit être scientifiquement renseignée à cet égard par les médecins des écoles, quels précieux auxiliaires elle a sous sa main, si elle veut faire appel à leur dévouement et à leur savoir. La question ainsi étudiée et jugée au point de vue scientifique par les médecins, les principes une fois consacrés par une enquête faite par des hommes compétents, il sera facile, nous n'en doutons pas, d'obtenir de l'industrie une réalisation simple, peu coûteuse, et plus à la portée de toutes les écoles, du mobilier rationnel delà classe '.

1. Sans chercher bien loin, on pourrait obtenir partout et à bon marché l'isolement des élèves, au moins dans les classes supérieures, au moyen de petites tables et de sièges séparés, ainsi qu'une hauteur variable du banc, sans aucun mécanisme, toujours coûteux et trop susceptible de dérangements. Une simple table de grandeur et de hauteur uniformes, et un siège, une chaise appropriée à la taille de l'élève (trois ou quatre hauteurs différentes) formeraient assurément un mobilier de classe excellent et partout possible. Sauf la dernière condition relative à la hauteur variable du siège, qui est un perfectionnement aussi simple que peu coûteux, c'est un mobilier de ce genre qui a servi depuis un an à la première promotion des élèves de l'École normale du département de la Seine, où l'on s'en est fort bien trouvé. J'ajouterais cependant à des tables plates, excellentes pour le dessin, moins bonnes, à mon avis, pour l'écriture et surtout pour la lecture, un petit pupitre mobile, comme cela se fait dans beaucoup d'écoles des Etats- Unis. La même table peut alors servir sansinconvénient pour l'étude et pour le dessin, sans fatiguer les yeux de l'enfant.

Page 1