SURVEILLANCE DES MAITRES
captiver son attention par un enseignement où la pratique domine la théorie, où les choses parlent aux yeux », en même temps que les leçons s'adressent à l'esprit; ménageant les enfants trop faibles, les intelligences peu précoces, et ne leur demandant pas au delà de ce qu'elles peuvent donner.
Pendant les moments de repos, les enfants se rendront aux cabinets, les sorties n'étant accordées que par exception pendant la durée des classes.
Pendant les récréations, la surveillance est d'une autre nature, elle n'est pas moins indispensable à la santé et à la moralité des enfants que celle qui s'exerce pendant la classe. L'art. 25 du Règlement des écoles fixe sur ces deux points les devoirs de l'instituteur :
«L'instituteur est tenu d'exercer la surveillance pendant la récréation; il doit surtout surveiller les élèves à qui il accorde pendant la classe des sorties particulières, lesquelles ne doivent pas être données; à plusieurs élèves à la fois. »
A la sortie de l'école, à midi et à quatre heures, la présence et l'œil du maître sont indispensables pour prévenir les accidents, quand l'école ouvre sur une rue passante, aOn que les enfants ne s'en aillent pas isolément chez eux, et, d'autre part, pour empocher
1. On sait, et nous n'avons pas à y insister ici, quelle partie importante de l'enseignement est aujourd'hui désignée et mise en pratique sous le nom A' enseignement de choses. Voyez notamment Histoire et leçons de choses, par Mme Pape-Carpantier; Quelques mots sur V instruction publique, par Michel Bréal, Paris, Hachette.
la rencontre dans la rue des enfants des deux sexes, dans les écoles de garçons et de fdles.
Le Règlement a prévu toutes ces questions dans les articles 26 et 27.
» Art. 26. — A la sortie de l'école, les élèves se diviseront suivant le quartier qu'ils habitent. Le directeur de l'école et les maîtres-adjoints veilleront à ce que chaque section marche en ordre, sous la conduite d'un surveillant désigné par le maître. Les élèves ne se sépareront qu'à mesure qu'ils arriveront à leur do-, micile.
» Art. 27. — S'il existe des écoles recevant des enfants des deux sexes, les garçons et les fdles ne pourront être réunis pour les mêmes exercices. L'entrée et la sortie des élèves de chaque sexe auront lieu à des heures différentes : l'intervalle sera d'un quart d'heure au moins. »
Ces mesures, de même que la présence réglementaire d'une séparation en bois de lm,20 à lm,50 entre les enfants des deux sexes dans les écoles mixtes, ont paru nécessaires au maintien de la discipline, et sont considérées comme une garantie de la moralité.
On sait qu'il existe plus d'un pays où ces précautions, considérées chez nous comme indispensables, semblent dépourvues de la même utilité »,
1. « Aux États-Unis, les garçons et les filles fréquentent la même école et la même classe jusqu'à quinze et seize ans. »
En Hollande, « comme aux États-Unis, les écoles sont communes pour les deux sexes; on a seulement soin de les placer sur des bancs différents, et, comme aux États-Unis, on s'applaudit des résultats obtenus. Garçons et filles s'habituent à vivre côte à côte, sous l'oeil du maître ; ils ne cherchent pas à se rencontrer hors de l'école. Le