‹ Hygiène scolaireChapitre 87 sur 106 · JARDINAGE ET CULTURE · texte numérisé non relu

JARDINAGE ET CULTURE

regret de ne trouver que fort peu de nos écoles pourvues d'un jardin où les enfants recevraient les premières notions de culture, et où les maîtres trouveraient l'application pratique des études de ce genre imposées aux instituteurs dans les écoles normales. Il n'existe pourtant aucune espèce de travail manuel qui présente un aussi grand choix d'exercices applicables aux forces, aux aptitudes et aux goûts de l'enfant. Malheureusement les écoles des grandes villes manquent du terrain nécessaire, et dans les écoles, plus favorisées sous ce rapport, des petites cités ou des campagnes, on néglige trop souvent un exercice salutaire et un enseignement des plus utiles. Nous avons montré que les établissements scolaires de plusieurs autres pays sont bien mieux traités à ce point de vue, et que les travaux de culture et de jardinage y tiennent une très-grande place et y sont l'objet d'une légitime faveur. Nous donnons, à la page précédente (fig. hl), le plan d'une école modèle rurale autrichienne.

Exercices physiques. — Nous voudrions qu'il lût possible et qu'il devint réglementaire de conduire au moins une fois par semaine en promenade les élèves des écoles primaires des grandes villes.

Les promenades topographiques, les visites aux musées, sont encore un exercice mixte, et constituent également, dans une certaine mesure, un genre de travail. Ce que nous demandons ici, c'est une simple promenade, c'estl'exercice musculaire, pris à l'air pur, au soleil, c'est la vraie et utile gymnastique naturelle de l'enfance, que la gymnastique savante, mais un

peu artificielle, supplée parfois, mais dont elle ne dispense jamais.

Ce n'est assurément pas médire 'de la gymnastique, enseignée au moyen d'un trapèze dans une cour étroite, ou dans un préau couvert, souvent sans air et sans lumière, que de déclarer que nous lui préférons, sans aucune hésitation, une bonne promenade au grand air, dans un champ, où les enfants pourront jouer, sauter, courir, au soleil et à la lumière, ces merveilleux agents de la santé que Dieu donne à tous pour rien, mais dont la famille, attachée au travail, n'a pas le loisir ou l'intelligence de faire profiter l'enfant des écoles, le jour où la classe est fermée.

Ces promenades, on les considère avec raison comme indispensables pour les élèves de nos collèges et de nos lycées, qui cependant ont meilleure table, meilleur lit, meilleurs soins, meilleure hygiène.

Ne refusons pas à l'enfant de l'école, le plus souvent mal nourri, mal couché, mal vêtu, vivant chez ses parents dans de mauvaises conditions hygiéniques, une journée de véritable et utile récréation, de repos intellectuel, d'exercice physique et de grand air, sous l'œil et sous la salutaire influence de l'instituteur. L'enfant y gagnera au point de vue de la santé et de la conduite : car on sait que le jour où il ne va pas en classe et où cesse la surveillance du maître, il est abandonné le plus souvent à lui-môme, hors de toute direction et de tout contrôle.

Gymnastique. — Les exercices physiques bien réglés et intelligemment appliqués forment une des plus

puissantes ressources de l'éducation physique de l'eni'ance.

La gymnastique est cette partie de l'hygiène qui apprend à régler ces exercices, de façon à répartir mieux les forces, à entretenir la vigueur et la souplesse des organes, en les développant et les fortifiant, au hesoin en les redressant et les corrigeant.

Le décret du 3 février 1869 a organisé l'enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires communales :

Art. 5. — L'enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires communales comprend nécessairement ceux des mouvements et exercices qui ne comportent l'emploi d'aucun appareil.

Dans les écoles où les appareils et agrès indispensables ont pu être installés au moyen d'une allocation accordée par le conseil municipal, le département ou l'État, ou à l'aide de souscriptions particulières, cet enseignement comprend en tout ou en partie les exercices qui comportent, conformément au programme, l'emploi d'appareils et d'agrès.

Les exercices gymnastiques sont dirigés par l'instituteur ou par un maître spécial. Ils sont suivis par tous les élèves qui n'en ont pas été dispensés par le maire sur le certificat d'un médecin.

Art. 7. — Sur la proposition de l'inspecteur d'Académie, le conseil départemental fixe le nombre de leçons à donner par semaine aux élèves des écoles primaires, ainsi que les jours et heures de ces leçons.

La circulaire du 8 juin 1872 a organisé l'enseignement delà gymnastique dite des mouvements, là où manquaient les appareils nécessaires.

Les exercices dangereux, difficiles, athlétiques ou acrobatiques sont complètement contraires à l'esprit

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qui doit présider à cel enseignement, la gymnastique hygiénique n'ayant d'autre but que « de développer d'une manière normale et progressive les forces du corps, et d'en rétablir au besoin l'équilibre et l'harmonie. C'est un exercice que le médecin surveille et contrôle, et non pas un moyen de produire des prodiges d'agilité et de hardiesse *. »

Aussi est-il fort important que le professeur ait des notions élémentaires suffisantes des organes qu'il s'agit de mettre en jeu. de développer ou de redresser. On comprend toute l'importance à cet égard des leçons d'hygiène données aux futurs instituteurs dans les écoles normales. Ces leçons permettront aussi de répandre plus tard les notions les plus indispensables de l'hygiène dans les écoles primaires, et par là dans toute la population -.

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