APPRÉCIATION
que sur une seule journée, puisque le jour même de la visite le maître ignore le plus souvent la cause de l'absence de l'enfant (par exemple si l'enfant a cessé le matin seulement de venir à l'école), puisque ce n'est que par hasard, et non pour répondre à une exigence formelle, que l'enquête portant sur les maladies observées est faite, et que lors même qu'elle fournirait des résultats intéressants, ces observations partielles, isolées, seraient par là nécessairement stériles pour une conclusion générale.
La formule imprimée à remplir par le médecin devrait, à notre avis, être rédigée par l'administration, sur l'avis d'un médecin habitué à ce service, en vue de la préparation et de la réunion de tous les docu ments indispensables sur l'état sanitaire de l'école.
La statistique résulterait de la collection des réponses faites à ces questionnaires rédigés sur un même plan.
Xccessité d'une statistique sérieuse. — NOUS appelons la plus sérieuse attention sur les propositions qui suivent :
Nous ne possédons encore aucune statistique sérieuse de l'état sanitaire de nos écoles.
Cette statistique a une importance capitale.
D'abord, parce qu'elle fournit à l'administration le véritable contrôle de l'hygiène scolaire : c'est seulement par la fréquence et la nature des maladies ob- n servées que l'on peut juger l'opportunité et la valeur des mesures hygiéniques adoptées ou à introduire dans une école.
Ainsi, pour prendre un exemple^ des critiques très-
vives ont été adressées à tel mobilier de classe. On l'accuse de la fréquence croissante de la myopie, des déviations de la colonne vertébrale-, etc. Une pareille assertion doit être prouvée par des faits. En attendant cette démonstration, il y aurait le plus grand intérêt à étudier comparativement ce qui se passerait dans une ou plusieurs écoles, où l'on ferait, à titre d'essai, usage d'un mobilier différent, mieux combiné, plus parfait. L'observation, confirmée par la statistique, nous renseignerait bientôt sur la valeur réelle, sur la supériorité ou les défauts de tel ou tel mobilier scolaire.
Nous montrerons tout à l'heure combien une statistique, telle que nous l'imaginons, serait instructive et concluante sur bien d'autres points encore discutés, faute d'éléments sérieux de conviction.
Une pareille enquête faite dans toutes les écoles du pays donnerait incontestablement les résultats les plus utiles.
Les écoles de Paris seules, et je ne parle que des écoles communales publiques, contiennent déjà près de 100000 élèves.
On comprend quelle source d'informations intéressantes pourrait fournir l'ensemble des documents recueillis chaque mois par les médecins de toutes ces écoles, puis réunis chaque année par l'administration, si ces renseignements étaient sérieusement exigés et rendus comparables, parce qu'ils seraient composés de réponses à un questionnaire uniforme : une large place étant, bien entendu, toujours réservée . aux renseignements spéciaux ou aux observations générales émanées de l'initiative du médecin.