‹ Hygiène scolaireChapitre 17 sur 162 · EN CENTIMÈTRES · texte numérisé non relu

EN CENTIMÈTRES

de

de

i iG

Hauteur du siège

Différence (du siège à

l’arète du pupitre)

Inclinaison du pupitre

(différence de hauteur entre ses bords antérieur et postérieur) Hauteur totale du pupi-

tre de l’appui-pied.

Hauteur de l’appui-pied

(banc Ileltig)

Hauteur totale avec l’ap-

pui-pied

Largeur du pupitre entre

les 2 arêtes antérieure et postérieure

Largeur du siège

Distance du dossier à l’a-

rête du pupitre

Distance négative

Largeur du dossier au

bord antérieur du pupitre

La répartition, dans les classes, des différents numéros de tables-bancs présente un grand intérêt.

En France, dans les écoles primaires où il n’y a pas

déclassés maternelles, il n’y a que les types II, III et IV. Mais dans les grandes villes à classes nombreuses, il est important de savoir combien il faut de places différentes dans chaque classe.

Muller indique ainsi la répartition de ses huit types de tables dans les classes d'un lycée.

1 6 à 7 ans

7® 12 à i3 ans

3 Vorschule Klasse 60 °/0 n° II

unter Tertia

4o»/o n° VI

3o°/0 n° III

Cinquième

io°/0 n° VII

20 7 à 8 ans

3o°/o n° II

8° i3 à i4 ans

2 Vorschule KlasseCo 7° n° III

Ober Tertia

5o °/° n® AU

io°/0 n° IV

Quatrième

3o°/° n® AUI

3e 8 à 9 ans

10 °/o n° II

9® 14 à i5 ans

5o°/° n° AU

1 Vorschule Klasse 5o°/° n" III

unter sekunda

3o®/“ no vil

Neuvième

4o®/0 n° IV

Troisième

20 °/° n° AUII

4e 9 à 10 ans

3o°/o n° 1 II

10® i5 à 16 ans

20 °/° n° VI

Sexta

5 0 °/n n° IV

ober sekunda

5o°/° n® VII

Huitième

Seconde

3o »/° n® VIII

5° 10 à :i ans

ne iG à 37 ans

10 ®/o n® AU

Quinta

5o°/0 n° IV

unter prima

4o°/o n° VIII

Septième

ire Rhétorique

5o°/o n® AUI

6° 1 1 à 12 ans

3o °l 0 n° IV

12® i7 à 18 ans

1 0 °/'o n° AU

Quarta

Ober prima

5o°/0 n® VIII

Sixième

3o»/0 n° AU

Philosophie

4o°/0 n° VII

En résumé, nous voyons que les mesures du mobilier adoptées dans les différents pays reposent maintenant sur des données physiologiques précises, et qu’il est possible de donner à l’enfant le maximum de commodité et de bien-être en lui assurant une position normale qui ne gêne en rien son développement physique.

Mais l’hygiéniste a le devoir de réclamer que le mobilier soit non seulement adapté à la taille de l’enfant, mais encore qu’il réponde à certaines exigences que nous allons exposer.

Le mobilier rationnel. — Tout d’abord l’hygiène réclame le banc à une seule place avec passage entre chaque rangée, tel qu’il existe depuis longtemps en Suède et aux États-Unis.

L’enfant isolé risque moins d’attraper les maladies de son voisin, il est beaucoup plus libre de ses mouvements et la surveillance en est rendue plus facile.

C’est le manque d’espace qui a souvent fait rejeter ce mobilier surtout dans les grandes villes ; d’autres fois, c’est la raison d’économie. A Paris, les tables-bancs à deux places sont les plus usitées. Le règlement français ne permet d’ailleurs que la table à une ou deux places.

L’instituteur demande que la table et le banc soient fixes ensemble afin que l’enfant ne puisse bouger, faire du bruit, troubler la classe, et le médecin exige la même fixité afin que l’écolier ne ^puisse changer l’espace qui sépare la table du banc et que cette distance reste toujours la même.

Mais à quelle distance le banc et le siège doivent-ils être l’un de l’autre ?

Distance. On donne le nom de distance en mobilier scolaire à la position du siège par rapport au pupitre s’ils étaient sur un même plan horizontal. (Fig. a5)

II y a trois distances :

a. La distance positive, lorsque le siège est éloigné de l’arête postérieure du pupitre.

b. La distance nulle, lorsque le bord antérieur du siège est sur le même plan vertical que le bord de la table.

HYGIÈNE SCOLAIUE

c. La distance négative, lorsque le siège empiète sur le bord postérieur du pupitre.

La distance positive, qui éloigne l’enfant de la table et le force à se pencher, à courber son dos et par conséà quitter l’attitude normale, doit être rejetée.

Riant demande la distance nulle. La distance nulle et la distance négative sont les seules que l’hygiéniste peut admettre.

Dans beaucoup de pays, comme nous le verrons, on

Fig. i5. — Les distances.

A. Distance B. Distance C. Distance

positive. nulle. négative.

a adopté la distance négative; mais en cherchant à suppléer à ses inconvénients.

Car avec la distance nulle ou la distance négative, l’enfant ne peut se tenir debout devant sa place. Avec le mobilier à une seule ou à deux places, c’est une petite gêne puisque l’enfant peut se placer debout dans l’espace libre situé à côté de sa table.

Aussi a-t-on cherché à rendre mobile soit le siège, soit le pupitre, comme nous le verrons dans la description des différents modèles.

Dans certaines grandes classes des lycées et des écoles supérieures, le banc a été remplacé par une chaise que

(i) Riant I. p. 118.

l’élève peut éloigner à volonté de la table. Le maître dans ce cas doit veiller à ce que la distance nulle soit toujours maintenue (fig. 26).

Le pupitre doit être suffisamment large pour que l’enfant puisse écrire sans être gêné. Dans le modèle de nos écoles parisiennes, comme dans les indications

Fig. 26. — Table à deux places avec chaises. (Modèle Nisius- Dei Afin ave).

données par le ministère, la largeur de la place attribuée à chaque élève est trop peu considérable.

Un enfant de 10 ans qui a im3o de taille a besoin d une largeur de o,65 cent. Par raison d’économie et souvent aussi parce que la surface dans la classe est limitée, cette largeur est réduite à o,5o cent.

C est trop peu, l’enfant gêné par son voisin est forcé de prendre pour écrire une attitude vicieuse. Il y a là

un grave défaut de notre mobilier qu’il est urgent de réparer.

Le pupitre doit présenter une profondeur de 4o à 5o centm. Il doit être légèrement incliné de i5 à i8°, de façon à facjliter la lecture.

L’arête du pupitre ne doit pas présenter de rebord qui coupe le bras.

Dans certains modèles, tel que celui des écoles de Finlande (fig. 27) le pupitre présente une échancrure cintrée permettant à l’enfant une plus grande facilité pour la dilatation du thorax.

L'inclinaison du pupitre cesse généralement à iocentm.dubord extérieur. La surface plane ainsi ménagée permet à l’enfant de poser des objets sans qu’ils soient entraînés par la pente. Une rainure est souvent creusée au centre pour les porte-plumes et les crayons. Un encrier est ménagé dans la partie droite. Nous n’insisterons pas sur les différents systèmes d’encriers, qui sont généralement disposés de façon à ce que l’enfant 11e puisse ni les enlever ni les renverser.

LE MOBILIER SCOLAIRE ~jb

Sous la tablette du pupitre se trouve souvent placé un casier pour les livres. Ce casier ne doit en rien gêner les cuisses. Il doit être ouvert, d’après le règlement français, à l’avant et à l’arrière afin d’en faciliter le nettoyage. La tablette du pupitre est fixe ou peut se relever au moyen de charnières.

L’hygiène réclame pour les enfants des appui-pieds. Dans les écoles de village le plus souvent garnies de carreaux en terre cuite ou en céramique, le froid gagne les pieds. Ajoutez que l’air qui passe sous les portes contribue à abaisser la température du sol. Le froid aux pieds, d’après Gorecki, congestionne la tête. Mais l’appuipieds ne doit pas être une simple traverse, ce doit être une large planche sur laquelle l’enfant appuie et repose ses pieds.

Certains constructeurs lui ont donné une légère inclinaison, mais beaucoup de médecins considèrent que seule la position horizontale est rationnelle. Le pied ne se repose que lorsqu’il est posé bien à plat.

Le siège doit être commode, l’enfant doit pouvoir entrer et sortir facilement. Il doit avoir un dossier. Il est inadmissible que l’enfant ne puisse pas reposer ses muscles dorsaux. Sans dossier, il cherchera instinctivement une position de repos en se courbant en avant et en prenant point d’appui sur ses coudes et ses avantbras. « A l’école, dit le professeur Combes de Lausanne, le dossier doit être, non pas une commodité; mais une nécessité. »

La plupart des auteurs et en particulier Labit et Polin demandent un dossier ne remontant pas au-dessus des reins. Les Allemands, au contraire, le font remonter jusqu’aux omoplates.

Pour nous, le dossier doit servir à reposer l’enfant lorsque la leçon le lui permet, et nous préférons un dossier légèrement incliné et remontant aux omoplates qui donne ainsi au dos un large point d’appui.

Mais ce dossier élevé ne doit en rien gêner les mouvements de l’enfant.

Fig. 28. — Tables Mauchain (de Genève) disposées pour la classe.

Beaucoup de constructeurs, lorsque le dossier est en une seule pièce, arrondissent la partie qui rejoint le siège; d’autres lui font faire une saillie correspondant au creux lombaire. Nous ne pensons pas que le dossier doive chercher à mouler l’enfant.

Lorsqu’il écrit, l’enfant ne se sert pas de son dossier, c’est seulement pendant la lecture ou lorsqu’il suit les

exercices au tableau qu’il appuiera son dos et cherchera une attitude de repos.

Le constructeur doit toujours se rappeler que l'enfant a besoin d’une certaine mobilité que la disposition du banc et de la table doit toujours lui faciliter.

Dans certains modèles allemands et américains, le

Fig. 29. — Tables Mauchain (de Genève) disposées pour le nettoyage de la classe.

) dossier est formé par la partie antérieure de la table i suivante.

La table-banc doit être en matériaux lavables et désinfectables, ainsi que le prescrit l’instruction de 1902 sur la prophylaxie de la tuberculose. Le bois est en France i le plus employé. Certains modèles ont des pieds en fonte ü ou en fer.

L’hygiéniste demande que le nettoyage quotidien puisse se faire sous tou tes les parties delà table. Le règlement français prescrit de fixer les tables au sol et de les rendre ainsi immobiles; l’hygiène ne peut que repousser cette façon de faire, car les poussières s’accumulent sous les montants, sous l’ appui-pieds, et il est

Fig. 30. — Bancs Rettig en place.

(Modèle Muller, de Charlottenbourg).

difficile de les y déloger. Il est à désirer que le mobilier puisse être facilement déplacé afin d’en faciliter le nettoyage.

Certains constructeurs ont cherché à rendre les tables en même temps fixes et mobiles ; tel le modèle André de Neuilly. Le pied en fer présente une petite saillie qui entre dans une gaine de fonte entaillée à ras du sol. Il suffit de faire sortir le pied de cette rainure pour déplacer la table et procéder au nettoyage. A Genève, les tables, du

système Mauchain (fig. 28 et 29), montées sut des coulisseaux, sont poussées après la classe vers une des parois. La salle ainsi débarassée, on procède au balayage.

En Allemagne on préconise actuellement le système Rettig (fig. 3o et 3i). Le banc, à deux places, bascule sur l’un des côtés latéraux en se renversant complètement. La base du siège et de la table pivote, par sa partie

Fig. 31. — Bancs Rettig renversés pour le balayage.

(Modèle Muller).

latérale, sur un axe ; de sorte que la table-banc d’horizontale devient verticale, permettant ainsi le nettoyage complet de la place occupée7 par l’enfant.

L encrier, fixé à la table, est disposé de telle façon qu’il ne peut se renverser.

modèles de tables et bancs scolaires Les modèles de tables et bancs scolaires sont extrême-

HYGIÈNE v SCOLAIRE

ment nombreux. Ils varient avec chaque pays et chaque constructeur.

Nous ne pouvons passer en revue les types en usage dans les différents pays; nous nous contenterons de signaler les modèles les plus usités et ceux qui nous semblent le mieux répondre aux exigences de l'hygiéniste.

D’une façon générale, on peut dire que le meilleur modèle est celui qui, donnant toutes sécurités hygiéniques, présente une grande solidité, un prix modique et un mécanisme aussi réduit que possible.

Nous laisserons de côté toutes les tables à places nombreuses et à distance positive ; nous ne nous occuperons que de celles à une ou deux places à distance nulle ou négative.

On -peut classer les différents modèles de mobilier scolaire en cinq catégories.

i° Ceux dans lesquels la table et le siège sont fixes.

a0 Ceux dans lesquels le pupitre est mobile et le banc fixe.

3° Ceux qui présentent un siège mobile avec une table fixe.

- 4° Ceux où le pupitre et le siège se déplacent.

5° Enfin les différents types où le banc à dossier a été remplacé par une chaise.

Page 1