I- — l’éclairage naturel
Tous les oculistes qui ont étudié la question se sont à peu près mis d’accord pour adopter l’éclairage latéral ; aussi nous ne reprendrons pas les discussions qui ont
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eu lieu sur cette matière, nous nous contenterons seulement d’exposer les raisons qui sont intervenues pour faire accepter l’éclairage latéral.
En principe l’éclairage naturel doit être tel qu’un enfant à vue, normale, occupant la place la moins favorisée, puisse lire à distance normale et sans ellorts des caractères ordinaires; et, comme le dit Javal (i), cette condition sera remplie si chaque pupitre reçoit suffisamment la lumière directe du ciel.
L’éclairage avec lumière venant de face est complètement à rejeter, l’élève est ébloui et ne peut voir ni le maître ni la tableau.
L’éclairage venant par derrière est aussi mauvais, car l’entant projette son ombre sur son livre et la lumière est ainsi fortement diminuée.
L’éclairage venant du haut a été aussi repoussé par la commission de la vue. Il paraît cependant être bon puisque les peintres l’ont adopté depuis longtemps. Mais la tête de l’écolier, inclinée sur 'la table, projette une ombre- sur son cahier. De plus, les vitres de la toiture sont difficiles à nettoyer, la poussière s’y accumule et en hiver la neige peut masquer la vue. On peut remédier à ces inconvénients par la disposition du toit en « dents de scie ». On a conservé, dans certaines écoles, l’éclairage venant du toit pour les salles de dessin ; mais ces salles sont trop chaudes l’été et trop froides l’hiver.
C’est donc à la lumière latérale qu’il faut recourir et la question se pose entre' l’éclairage bilalét'al avec lumière
venant des deux côtés à la fois, et l’éclairage unilatéral.
(i) Javal I, p. 17a.
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Éclairage bilatéral. — L’éclairage bilatéral a pour défenseurs Gariel et Javal et plus récemment le professeur Truc de Montpellier. Trélat et presque tous les hygiénistes allemands : Cohn, Erismann, Zwez, etc. défendent l’éclairage unilatéral.
Pour ces auteurs, l’éclairage bilatéral n’est pas sain à l’œil. Les lumières contraires venant des fenêtres opposées donnent naissance à des doubles ombres qui produisent un faux éclairage.
Dans le cas, où par suite de l’étroitesse des baies d’un seul côté et de la trop grande largeur de la classe, l’éclairage est insuffisant, on peut d’après ces auteurs recourir à. l’éclairage bilatéral; mais dans ce cas il devra être différentiel avec intensités lumineuses différentes. Les fenêtres opposées seront plus petites et laisseront passer une quantité moindre de lumière.
Éclairage unilatéral. — D’une façon générale, on peut dire que c’est l’éclairage unilatéral avec lumière venant de la gauche de l’élève qui a prévalu.
S’il y a des fenêtres à droite, pour la ventilation, elles doivent être aveuglées par les panneaux ou des stores épais.
L éclairage doit être égal dans toutes les parties de la classe et 1 enfant situé à la place la plus éloignée de la fenêtre doit, d apres Javal, pouvoir apercevoir directement le ciel dans une étendue verticale de o,3o cenlm. comptés à partir du bord supérieur de la fenêtre.
Simeon Snell de Bristol demande que la lumière vienne de gauche, et qu’elle soit dirigée un peu obliquement d’arrière en avant afin que l’élève la reçoive par dessus son épaule gauche.
Mais s’il est bon que là lumière du ciel pénètre
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largement dans la salle, il faut éviter la lumière trop vive du. soleil qui fatigue les yeux. On doit chercher à obtenir une lumière diffuse, mais non réfléchie.
Les rayons directs trop vifs seront arrêtés par des stores mobiles qui, d’après Trélat, devraient se dérouler de. bas en haut de façon à laisser passer la lumière du . haut. Les stores seront dë couleur grise ou verte, mais jamais rayés afin d’atténuer uniformément la lumière. :
D'après Trélat, la lumière la plus favorable est celle | qui vient d’un point intermédiaire entre le zénith et . l’horizon sous un angle de 35 à 4o°.
On comprend pourquoi l’on attache tant d’intérêt à la disposition des haies d’éclairage et pourquoi, pour donner plus de lumière, on exige que le linteau soit au ras du plafond et que les trumeaux séparant les différentes fenêtres soient aussi réduits que possible.
Les vitres seront en verre clair non dépoli. Le verre dépoli, tout en diffusant la lumière, la rend indécise et éblouissante.
La dimension des baies d’éclairage est intéressante à connaître.
Gohn demande im2 de fenêtre pour 5m2 de sol. Risley fixe au rapport de i à 6 la limite maxima qu’il ne faut jamais dépasser.
Truc déclare qu’on obtiendra un bon éclairage lorsque le vitrage et le sol seront dans le rapport de i à 3. En Espagne, on donne aux fenêtres autant de fois i4 décim.2qu’il y a d’élèves dansla classe. Mais il ne doit y avoir aucune, proportionnalité entre la dimension des •baies et le nombre des écoliers.
En Prusse, dans le Wurtemberg, en Suisse, en Autriche, le seul éclairage adopté est l’éclairage unilatéral gauche.
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A Lausanne, on a employé, depuis quelques années, l’éclairage multilatéral dontleDrCombesse montre satisfait.
L’éclairage unilatéral avec lumière venant de gauche est donc celui qui a recueilli le plus d’adhésions de la part des hygiénistes et des oculistes. Mais son installation exige des soins particuliers. Tout d’abord,* il demande l’exposition nord dont la lumière présente une fixité agréable à l’œil sans rayons solaires directs. Aussi faut-il donner aux fenêtres une hauteur plus grande et réduire les meneaux au strict minimum. Puis la lumière ne doit pas être arrêtée par les constructions voisines et la classe doit être éloignée des maisons les plus proches d’une distance égale au double de leur hauteur. Enfin pour satisfaire à l’ensoleillement si nécessaire à l’hygiène de la classe, il faut ménager des fenêtres sur la partie sud, fenêtres aveuglées pendant le séjour des enfants et largement ouvertes pendant les recréations pour permettre l’arrivée du soleil et la ventilation.
Dans beaucoup de pays, on a cherché à atténuer les inconvénients de l’exposition nord et en particulier le froid, l’humidité, l’absence d’ensoleillement en orientant la façade éclairante nord-nord-est. Le soleil pénètre ainsi dans la classe avant l’arrivée des enfants.
Mais il est, surtout dans les villes, bien difficile de réaliser toutes ces conditions. Donc, toutes les fois que ce sera possible, la classe devra être éclairée du côté gauche de l’élève. L’éclairage bilatéral ne devra être employé qu’en cas de nécessité absolue.