‹ Hygiène scolaireChapitre 37 sur 162 · ADULTES · texte numérisé non relu

ADULTES

Volume d’air

par élève.

Nombre de minutes pour atteindre 1 pour 1000 de CO1

Nombre de m. c. à renouveler par ventilationparélève et par heure.

Nombre de minutes pour atteindre 1 pour ! 000 de CO2

Ventilation nécessaire par heure et par

individu. I

Nombre de minutes pour atteindre 1 pour 1000 de COa

Ventilation nécessaire par heure et par individu.

m. cubes

minutes

mètres cube>

minutes

mètres cubes

minutes

mètres cubes

iG.o

De ces chiffres, il résulte qu’un enfant, enfermé dans une pièce close de 5m3, élève en un quart d’heure la quantité d’acide carbonique à i pour mille.

Chaque écolier respire par heure environ 320 litres d’air qui renferment 4% de CO2.

• Si on laisse la classe close et sans ventilation, il faut !' ^ 1 enfant un cube d’air de. i2m8oo. Une classe établie dans ces conditions serait trop coûteuse et inutilisable; il faut donc assurer le renouvellement de l’air dans une proportion de i et demie à 3 fois le cube d’air par heure. Ajoutons, comme l’expliquent Binet et Henri (i), que

(i) Binet et Henri, p. iG/j.

le calcul de la grandeur de la classe a été fait sur la composition chimique du gaz expiré à l’état de repos et que la composition de CO2 augmente avec le travail intellectuel.

Dans le règlement français, pendant le quart d’heure de récréation qui coupe les classes, les fenêtres doivent rester grandes ouvertes. Mais c’est insuffisant, car ce renouvellement n’estproduit qu’après x h. 1/2 de séjour des enfants. L’hygiéniste exige que l’air de la classe soit renouvelé 2 ou 3 fois par heure comme nous venons de le voir. La commission scolaire demande même 5 renouvellements par heure.

Ce qu’il y a de certain, c’est que dans les grandes villes, à cause du bruit incessant de la rue qui gêne le maître, distrait les enfants et les empêche d’entendre, on ne peut, le plus souvent, tenir les fenêtres et les vasistas ouverts, comme on peut le faire dans une école de campagne. On est obligé d’avoir recours à la ventilation artificielle ; aussi les architectes se sont-ils ingéniés à chercher des procédés de ventilation qui, sans abaisser sensiblement la température de la classe, en purifient l’atmosphère et facilitent l’évacuation de l’air vicié et l’arrivée de l'air nouveau.

Le moyen le plus simple est l’ouverture en grand des fenêtres et de la porte. On obtient ainsi une ventilation tumultueuse qui renouvelle l’air en quelques instants surtout s’il y a une différence notable entre les températures intérieure et extérieure. Mais il n’est pas toujours possible d’employer ce procédé, et il faut chercher un système de ventilation permanente.

« Celui-ci, disent MM. Courtois et Dinet (1), doitrem-

(1) Courtois et Dinet p. 82.

VENTILATION

plir un certain nombre de conditions : son installation doit être peu coûteuse, son fonctionnement simple et ininterrompu ; l'air introduit doit être aussi pur que possible, avoir une vitesse suffisante pour produire plusieurs fois pendant une heure le renouvellement de l’atmosphère sans pourtant occasionner des courants désagréables. »

Les vasistas tournants sur un axe horizontal et abaissant la partie supérieure de la fenêtre, les impostes mobiles, les tourniquets, les vitres perforées, les toiles métalliques remplaçant les carreaux supérieurs n’ont pas -répondu au résultat espéré.

Trélat demandait que l’air chaud arrivant par en bas soit évacué par des gaines placées à la partie supérieure la classe. Mais il a été reconnu que de simples gaines n’assuraient pas toujours une ventilation suffisante, par suite de la formation dans les canaux de double courants, entravant l’évacuation de l’air vicié.

Bunel conseille le système anglais qui consiste à construire à une certaine hauteur des cheminées de ventilation dépassant le toit et surmontées d’aspirateur à ail— lettes (air pump ventilator). Malheureusement les systèmes de ventilation artificielle sont coûteux à établir. iDans toute ventilation artificielle, il faut éviter les violents courants d’air et l'air frais doit être autant que possible introduit dans les locaux après réchauffement préalable. La ventilation doit se faire sans intervention de personnel, elle doit être insensible et régulière.

D’après Sulzer, l’aération des salles d’école peut se faire de différentes manières :

i° Par l’ouverture permanente d’impostes mobiles pour accès d’air frais ou introduction de cet air par des

canaux dans le plafond, de manière à obtenir un mélange de l’air froid et de l’air chaud dans la région supérieure du local, avec des canaux pour l’évacuation de l’air vicié débouchant sur le toit ou dans un espace sous la toiture.

2° Par introduction et chauffage direct de l’air frais dans la salle d’école au moyen des appareils de chauffage avec évacuation de l’air vicié par le toit.

Nous n’insisterons pas sur la description des différents appareils de ventilation. Ils sont extrêmement nombreux : les uns sont actionnés par le vent et placés sur la toiture, d’autres fonctionnent sous l’in fluence d’un écoulement d’eau qui fait appel d’air, d’autres enfin sont mus par la vapeur ou l’électricité.

Nous ajouterons seulement que l’air envoyé dans les classes, doit être aussi pur que possible, qu’il doit être filtré de ses poussières, humidifié et porté en hiver à une température voisine de celle de la pièce.

Dosage de l’acide carbonique. — La viciation de l’air nous amène à parler du dosage de l’acide carbonique de l’air et de celui de l’oxyde de carbone. Il peut être intéressant de pouvoir y recourir facilement.

Nous ne décrirons pas les appareils d’Angus Schinith et de Bertin-Sans qu’on trouve dans tous les ouvrages s’occupant de la question; nous ne signalerons que celui imaginé par MM. A. Levy (i) et Pécoul et qui nous semble très pratique et pouvant être mis à la portée des instituteurs.

« L’appareil est entièrement composé d’un réservoir métallique d’une capacité de 5 litres environ qu’on rem-

(i) A. Levy n° 39 p. n3 année 1907.

VENTILATION

plit d’eau, puis qu'on vide en abaissant un tube de caoutchouc. L’aspiration produite permet le passage de l’air suspect dans une solution de soude absolument incolore, contenue dans un barboteur spécial.

Quand l’air cesse de passer, on verse dans le barboteur une dose préparée d’une liqueur acide qui a reçu deux gouttes de phénol phtaléine.

Si le liquide du barboteur reste incolore, on en conclut qu’il y a plus d’un millième d’acide carbonique c’est-àdire plus de 100 litres d’acide carbonique dans ioom.c. d’air. Si le liquide se colore en rose, on en conclut qu’il y a moins d’un millième d’acide carbonique. »

La commission d’hygiène industrielle au Ministère du Commerce ayant fixé à i/ioooe, c’est-à-dire à 100 litres de CO2 dans 100 me., la proportion de CO2 qu’il ne faut pas dépasser dans un local où séjournenf plusieurs personnes; il s’en suit que cet appareil donne blanc quand l’atmosphère est insalubre et rose quand il est salubre. Du reste, avec le même appareil, au moyen d’un petit dispositif spécial, on peut faire le dosage de CO2 plus complètement.

L’examen de l'air de 27 écoles a donné à MM. Levy et Pécoul les résultats suivants : 2 écoles donnaient moins I de 100 litres, toutes les autres dépassaient le chiffre 1 minimum, même une a donné 243 litres et une autre 283 litres de C O2.

Dosage de l’oxtde de carbone. — Le dosage de l’oxyde de carbone, qui n’a aucune odeur et se présente 1 seulement à l’élatde traces, est très important.

Dans quatre écoles de la ville de Paris, MM. Levy et Pécoul en ont trouvé dans deux 0^0 par 100 mètres cubes d air, dans une i]3 et dans une quatrième 11 5.

Nous ne nous occuperons pas des procédés] de laboratoire, notamment de celui qui est basé sur l’analyse spectroscopique du sang, ni du procédé de Grehant basé sur l’emploi du Grisoumètre et qui nécessite un courant électrique. Nous décrirons seulement le procédé de Berthelot et celui de Levy et Pécoul.

i° Procédé de Berthelot. — Il est basé sur la propriété qu’a l’oxyde de carbone de réduire l’azotate d’argent ammoniacal. « On prépare le réactif, en ajoutant à une solution étendue de nitrate d’argent de l’ammoniaque diluée, goutte à goutte, jusqu’à la limite où le précipité formé d’abord se redissout entièrement, mais sans aller plus loin. Si on fait passer dans cette liqueur quelques bulles d’oxyde de carbone, elle ne tarde pas à brunir même à froid, et à l’ébullition, elle donne un abondant précipité noir. Elle peut reveler des traces de CO pourvu qu’il n’y ait pas d’autre substance réductrice (1) ».

20 Procédé de MM. Lévy et Pécoul (2). Il décèle un cent millième de CO.

« L’air, aspiré par le simple écoulement de l’eau d’un réservoir fermé, traverse un tube en U rempli d’acide iodique anhydre, absolument purifié. Le tube est chauffé parla petite flamme d’une lampe à alcool : la température n’oscille qu’entre 70 et 80 degrés.

Si cet air contient de C O, même à l’état de traces, ce gaz réducteur décompose l’acide iodique, se transforme en CO 1 2 en même temps que l’iode mis en liberté partiellement se dégage. Les vapeurs d’iode sont retenues dans un tube en verre contenant quelques centimètres

(1) Acc. des sciences 27 avril 1892.

(2) Loc. cit.

VENTILATION

cubes de chloroforme, lequel se colore immédiatement en rose plus ou moins foncéj suivant la proportion d’iode dégagée. La présence de l’oxyde de carbone est donc immédiatement décélée.

Si l’on veut déterminer la proportion exacte de gaz, il suffira de comparer la teinte obtenue a celle de liquides colorés maintenus en tubes scellés. »

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