H, PLACE DE L’ODÉON
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PRÉFACE
L hygiène sociale tend à prendre une place de plus en plus considérable dans la vie des nations civilisées. On l’a dit avec raison, le degré de leur civilisation se mesure beaucoup mieux par la perfection de leur organisation hygiénique que par l’intensité de leur production industrielle et de leur transit commercial.
Le rôle de l’hygiène sociale est tout à la fois de protéger l’individu dans les collectivités et de défendre ces collectivites contre les dangers de maladie qui les menace. L’hygiène des jeunes sujets dans les groupements scolaires en est, naturellement, une des branches les plus importantes, puisqu’elle tend à préparer pour avenir des générations saines et vigoureuses. L’hygiène scolaire prend l’enfant dès le moment où, pour la première fois, il franchit le seuil d’un établissement d’enseignement, où, pour la première fois, il s’assied à une table de travail. Elle ne doit l’abandonner qu’à l'âge
^tan7 qn’Û PaSSe Pai‘ renseignement secondaire, soit qu ü doive se contenter de l’enseignement primaire
ca- 1 apprenti est encore un écolier que doivent accueil:
■ a sa sortie de l’école, vers treize ou quatorze ans le œuvres post-scolaires de perfectionnement et d'édui cation physique, morale et intellectuelle.
PRÉFACE
Nous sommes, espérons-le, à la veille du jour où l’hygiène de l’enfance et de l’adolescence sera méthodiquement et efficacement organisée. Le médecin des écoles dans toute la France, dans tous les pays civilisés, devra surveiller l’hygiène des élèves de tous les externats et de tous les internats. Il veillera à la salubrité des bâtiments et contrôlera la croissance des jeunes sujets, il dirigera leur éducation physique ; il s’eflorcera d’éloigner d’eux les maladies contagieuses. Les fiches sanitaires dans les externats, les carnets individuels dans les internats lui serviront à noter les incidents notables de leur santé et l’évolution \le leur développement corporel.
Les écoles spéciales recueilleront les anormaux désignés par une sélection médico-pédagogique. Les écoles de plein air, s’ouvriront aux malingres, aux convalescents, aux anémiques, candidats éventuels à la tuberculose. Grâce à une entente cordiale et éclairée entre les familles, les éducateurs et les médecins, grâce à l’amélioration de la technique et des méthodes pédagogiques l’éducation intellectuelle donnera le maximum de rendement avec le minimun d’inconvénient pour la santé et la croissance, parce qu’elle n’exigera que le minimum de claustration et de sédentarité scolaires.
Le médecin des écoles sera l’un des principaux artisans de ce progrès. Comment sera-t-il mis à même de remplir la belle tâche qui lui incombera dans l’école modèle de demain ?
L’hygiène scolaire, comme l’hygiène générale, emprunte ses données à des branches diverses de la médecine et des connaissances humaines: elle les adapte à la réalisation de l’objet qui lui est propre.
PRÉFACE
L’ensemble des notions nécessaires pour former un bon médecin scolaire est assez vaste. Ce praticien doit en effet posséder des notions suffisantes sur l’architecture des batiments scolaires ; sur les conditions de leur salubrité; sur la ventilation, l’éclairage et le chauffage des locaux , sur la croissance humaine aux divers âges et sur ses anomalies ; sur les maladies contagieuses de tout oidre et leur prophylaxie; sur les méthodes de gymnastique ; sur l’éducation physique au grand air ; sur les
avantages comparés des divers jeux et travaux manuels ; sur 1 horaire de travail intellectuel, de repos et d’exercice physique ; sur les signes et les limites permises de la fatigue cérébrale; sur le surmenage et ses inconvénients ; sur les névroses des enfants et les principales des
anomalies mentales justiciables de l’école spéciale, etc.
Il doit connaître enfin les divers règlements relatifs au fonctionnement de l’école et à son hygiène.
Pour apprendre tout cela, il faudrait au jeune médecin un enseignement oral, un enseignement écrit et, mieux encore, l’enseignement de la clinique scolaire.
L’enseignement écrit suppose, en première ligne, des manuels qui exposent d’une façon sommaire mais précise 1 ensemble des connaissances nécessaires au praticien scolaire Des manuels de ce genre, nous en possé-
tnf iJ7 ,SrrS Gn France’ et li’un deux est fort b en fait Mais 1 hygiène des écoliers évolue et progresse
« des éditions neuves seraient nécessaire^ tous ,es
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Ses ontT HSU°f C°U|> 8"r C0Up: des so°«tés diverses ont étudié et discuté les questions les plus inté-
PRÉFACE
ressantes de l’hygiène scolaire et de la pédagogie physiologique des publications périodiques spéciales ont été fondées.
Le moment est donc bien choisi pour composer à l’usage de tous ceux que l’hygiène scolaire intéresse une revue d’ensemble des notions acquises et des questions en litige, d’établir le bilan des nombreuses publications faites depuis quelques années et d’en extraire la moelle substantielle.
La place d’un semblable manuel était d’avance marquée dans cette collection et le Dr Dufestel était qualifié pour l’écrire : Médecin inspecteur des écoles de la ville de Paris, il a consacré beaucoup de temps à l’étude théorique et pratique de l’hygiène et de l’éducation physique des écoliers.
Les lecteurs du présent petit traité y trouveront clairement et méthodiquement exposées les notions indispensables au médecin des écoles soucieux de connaître son métier. Il est assez élémentaire pour que les éducateurs, les magistrats municipaux et même les simples pères de famille puissent le lire et en faire leur profit.
S’il a le succès qu’il mérite et que nous lui souhaitons, l’auteur aura, avant dix ans, l’occasion et l’obligation de le remettre au courant.
Dr Albert Mathieu
Président de la Ligue d’Hygiène scolaire, Médecin des hôpitaux de Paris.
INTRODUCTION
L’hygiène est l’application de toutes les branches des connaissances humaines pour assurer à l’homme les meilleures conditions de bien-être. L’hygiène scolaire, bien qu’elle ne soit qu’une partie de l’hygiène générale, a pris depuis vingt-cinq ans une place importante dans les préoccupations des savants de tous les pays. C’est qu’elle s’occupe de l’enfant au moment où sa croissance est la plus active, où se développent ses organes et ses facultés intellectuelles et où son activité vitale est à son maximum. Les précautions à prendre pour assurer à l’écolier les meilleures conditions de son développement physique, intellectuel et moral, sont le domaine de 1 Hygiène scolaire. La vieille dualité du corps et de 1 esprit a disparu; et aujourd’hui tous, pédagogues et médecins, sont d’accord pour reconnaître comme une loi biologique fondamentale l’unité du corps humain et la solidarité du physique et de l'intelligence La pédagogie de même que l’éducation physique ne peuvent être sérieuses que si elles s’appuient sur la connaissance complète de l’organisme de l'enfant. Les hygiénistes de tous les pays ont produit de nombreux travaux sur l’amélioration de l’école et sur les moyens e icaces d'assurer à l’écolier les garanties qu’exige son
INTRODUCTION
La pénétration de plus en plus complète du médecin dans les questions pédagogiques, qui autrefois semblaient êtreledomaine exclusif dumaitre, s’accentue chaque jour. Des revues spéciales créées un peu partout et surtout les Congrès internationaux ont permis aux maîtres d’exprimer leur avis. Les Congrès d’Hygiène scolaire de Nuremberg (iqo4) et de Londres (1907) ont mis en lumière les efforts faits par la France et les pays étrangers pour améliorer la situation matérielle et morale de l’écolier.
En France, la Ligue d’hygiène scolaire que préside avec tant de dévouement M . le Dr Albert Mathieu, a réussi à grouper des professeurs, des médecins et des pères de famille dans le seul but de rechercher les améliorations de l’hygiène physique et intellectuelle de l’enfant.
C’est la synthèse de tous ces travaux que nous allons exposer. Nous avons cherché ce qui avait été fait de mieux, chez chaque peuple, dans les diverses branches de l’hygiène scolaire. Nous avons laissé de côté toutes les choses surannées plutôt nuisibles qu’utiles à l’enfant. Nous nous sommes contentés d’exposer les plus récents progrès et les plus modernes applications des sciences à l'hygiène scolaire, et ce que notre pratique, déjà longue de l’Inspection médicale dans les écoles primaires de la ville de Paris, nous a appris.
Notre travail comprend cinq parties.
La première est consacrée à l’école, à sa construction, à sa décoration et à la classe dont nous avons exposé en détails les meilleures conditions d’éclairage, de chauffage et de ventillation.
Nous avons passé en revue le mobilier scolaire en cherchant à poser les bases d’une table-banc rationnelle.
La seconde partie s’occupe de l’écolicr, de son
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hygiène physique, intellectuellle et morale. Nous avons à propos de l’hygiène intellectuelle, exposé les questions si discutées du surmenage, de la mesure de la fatigue et de la surcharge des programmes.
Dans la troisième partie, nous avons décrit les maladies scolaires en insistant surtout sur leur diagnostic précoce, et la prophylaxie des maladies contagieuses. Nous avons consacré un chapitre spécial à la vaccine et à la sérothérapie.
Nous nous sommes occupés, dans la quatrième partie, des œuvres de préservation scolaire qui intéressent à un si haut degré l’hygiéniste, puisqu’elles cherchent à assurer à l’enfant pauvre les meilleures conditions de bien être.
La cinquième partie est réservée à l’étude du médecin scolaire et de son rôle important dans l’école moderne.