I. — HYGIÈNE DU CORPS ET PROPRETÉ INDIVIDUELLE
Les soins journaliers du corps sont rendus nécessaires parle fonctionnement de la peau et par sa disposition à recueillir les germes de l’air.
Les micro-organismes qui vivent sur notre corps sont extrêmement nombreux surtout dans Ta couche cornée de l’épiderme et dans les conduits excréteurs des glandes.
11 faut que l’enfant prenne de bonne heure des habitudes de propreté qu’il conservera à l’âge adulte.
« Les enfants se présenteront a l’école dans un état de propreté convenable. La visite de propreté sera faite par l’instituteur avant l'entrée en classe. Les enfants qui ne se présenteraient pas en état de propreté, pourraient
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être reconduits dans leurs familles ». Tel est le texte du règlement des écoles primaires de la Seine concernant la propreté (article 7).
Ce règlement est à peu près le même partout. Celui de La Chaux de fonds (Suisse) est ainsi libellé :
« Avant d’entrer dans la salle, les élèves quittent les vêtements qui ne doivent être portés que dehors. Ils ne peuvent garder au cou ni écharpe, ni foulard. L’instituteur tiendra à ce que l’élève ait les mains, le visage et le cou lavés, les cheveux peignés, les vêtements propres et convenables, les souliers décrottés. L’élève qui aura la tête malpropre sera immédiatement renvoyé pour un jour porteur d’un avertissement adressé aux parents. S’il n’y a pas le lendemain l’amélioration nécessaire, le maître informera la direction. »
Pour ceux qui arrivent avec le visage non lavé, une femme de service se tient à l’entrée de la cour avec un seau d eau claire et une éponge, et le malpropre est débarbouillé énergiquement.
Ces sages prescriptions ne sauraient trop être appliquées, et, pour qu elles le soient d’une façon effective, il faut que 1 instituteur soit convaincu de leur importance.
C’est l’instituteur qui doit veiller à la propreté corporelle de l’enfant. Le médecin ne peut faire la visite quotidienne de chaque élève.
Les habitudes de propreté une fois prises, l’enfant les garde pendant toute son existence.
Dans les externats, l’élève doit arriver le matin dans un état de propreté satisfaisante ; mais dans les internats, le maître doit veiller aux soins de toilette et les surveiller étroitement.
La propreté est le meilleur moyen d’éviter les affections
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contagieuses; mais il ne faut pas que les soins hygiéniques soient bornés aux parties visibles du corps, au visage et aux mains, il faut qu’ils soient étendus à tout le corps.
L’enfant devra avoir soin de se laver le visage avec de l’eau et du savon.
La bouche et les dents seront soignées avec une extrême attention. Chaque enfant devra avoir sa brosse.
La bouche doit être nettoyée, non seulement le matin au lever, mais le soir après le repas. Il faut brosser avec soin et enlever les parcelles alimentaires qui fermenteraient pendant la nuit et seraient cause de la carie des dents.
La tête sera peignée avec soin. Les parasites du cuir chevelu seront combattus dès leur apparition. Les lentes seront détruites. Tout enfant atteint de parasites devra être renvoyé de l’école.
Les garçons porteront les cheveux ras ; les filles auront les cheveux nattés.
Les organes des sens doivent être surveillés. Les ongles des doigts coupés et nettoyés. Enfin on habituera l’enfant aux soins de la toilette de tout le corps.
Il est inutile d’insister sur l’activité des fonctions de la peau chez les enfants. La sueur, les produits épidermiques, les poussières qui obstruent les pores et arrêtent le fonctionnement cutané, doivent être enlevés souvent. Pour obtenir la propreté de tout le corps, il faut que le maître puisse veiller à la toilette la plus intime.
Dans les internats, les grands bains devraient être d’usage courant et donnés au moins une foispar semaine ; les bains de pieds devraient être plus fréquents. Dans certains établissements anglais et en France au lycée
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Michelet, on a installé des piscines qui servent au nettoyage et à la natation.
Pour les écoles communales parisiennes, on a cherché à faire fréquenter aux enfants les piscines municipales ; mais les résultats ont été plutôt médiocres. Nous voudrions voir chaque école pourvue d’appareils de bains douches comme cela existe en Allemagne dans la plupart des grandes villes. Avec les systèmes employés et que nous avons décrits (voir page 43), on peut faire passer rapidement une grande quantité d’enfants. C’est certes le système le moins coûteux et le plus rapide. Il faut pour cela lutter contre la mauvaise volonté des parents; car ce qui se passe à l’école de la rue de l’Arbalète, à Paris, où ces douches sont établies, montre qu’il faut comme en Allemagne les rendre obligatoires et ne pas s’occuper de la volonté des parents.