‹ Hygiène scolaireChapitre 68 sur 162 · HYGIÈNE MORALE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE MORALE

tiques. Nous n’insisterons pas sur les modestes bons points ou les croix encore si en usage dans les écoles ; mais nous parlerons des prix de fin d’année qui ont pour but surtout de récompenser le meilleur travail intellectuel et qui, dans certaines écoles, ont été supprimés à la suite d’attaques réitérées.

Le prix est donné au bon élève, à celui qui surpasse les autres. L’enfant qui ne peut, par suite de son infériorité intellectuelle, arriver aux premières places, mais qui malgré cela aura ]fait des efforts sérieux et se sera surpassé lui-même, ne pourra obtenir aucune récompense. « Un bon élève de lycée, écrit M. de Fleury (i), n’est rien d’autre qu’un garçon bien portant, parfaitement équilibré, doué d’une intelligence attentive, malléable, soumise, acceptant indifféremment tout ce qu’on lui donne en pâture, ne manifestant point de prédilections, accomplissant à la perfection tout ce qu’on lui demande d’accomplir. Ces forts en thème ont des âmes impersonnelles qui ne préfèrent rien à rien, qui donnent dès l’aurore tout ce qu’elles peuvent donner et qui souvent gardent jusqu’à la mort la marque de la passivité docile. Ils font de merveilleux employés de bureaux, de parfaits bibliothécaires, des érudits quelquefois éminents; mais rarement des inventeurs, defe chercheurs, des créateurs » .

A côté de cet élève modèle qui, dans la vie, n’aura le plus souvent qu’une situation modeste, il y a l’élève qui ne peut se plier aux exigences de la discipline, dont l’esprit ne peut assimiler toutes les matières enseignées, qui s’attache à telle ou telle partie et qui plus tard rendra

(1) Dr Maurice de Fleury II p. 210.

plus de service à son pays qui ce fort en thème, sorti du lycée couvert de lauriers.

Pour obvier à cet inconvénient, certains maîtres ont supprimé complètement les prix. Mais d’autres, à notre avis plus avisés, ont cherché par divers moyens à encourager les enfants, surtout ceux qui font des efforts bien que leurs aptitudes ne leur permettent pas d’arriver aux premières places. C’est faire œuvre de 'pédagogues soucieux.

Lesprocédésd’émulation, employés à l’écolealsacienne, et exposés par M. Marty (i) au comité de la Ligue d’hygiène scolaire, nous semblent être un modèle du genre, qu’on peut imiter partout. Ils sont basés sur ce principe qu’au lieu de forcer l’enfant à se comparer constamment à ses camarades, on le met en comparaison avec lui-même. C'est son travail antérieur qui sert de base.

Un autre procédé est la comparaison que peut faire l’élève, non avec les premiers, mais avec la note moyenne delà classe : c’est la méthode appliquée à l’école professionnelle d’Armentières. A chaque composition, on additionne la cote de tous les élèves de la classe, on en établit la moyenne, puis on donne à chacun sa cote personnelle ; on lui fait, pour chaque matière, faire un graphique sur lequel il peut se rendre compte de son infériorité ou au contraire de sa supériorité.

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