II. — LES PUNITIONS
En France toute punition corporelle est abolie. Nous voudrions aussi voir supprimer toutes celles qui sont
(i) Marty 1 p. 7t.
hygiène morale
contraires à la nature de l’enlant. Voilà un élève exubérant, qui a besoin de se dépenser physiquement, qui en classe remue sans cesse, ne peut tenir en place. Pour le punir, on le met au piquet pendant la récréation. Que va-t-il arriver? C’est que rentré en classe, il va recommencer à être insupportable. N’aurait-il pas mieux valu le laisser jouer P Le maître et l’élève y auraient gagné tous deux.
Toutes les peines dégradantes et humiliantes seront bannies. Le système disciplinaire doit s’appliquer à respecter chez l’enfant la dignité humaine et à lui donner le sentiment de la responsabilité de ses actes.
Ce n’est pas par la force brutale qu’on peut venir à bout d’un enfant, mais par la persuasion. Il faut que l’enfant comprenne sa faute et reconnaisse le bien fondé de sa punition, car il a horreur de l’injustice. La discipline scolaire doit être libérale et non autoritaire. La punition doit être donnée en temps opportun, et il faut qu’elle soit proportionnée à la faute commise et en rapport avec le tempérament de l’enfant.
Le maître doit, non pas se faire craindre, mais chercher à s’attirer l’affection de ses élèves. Il faut que le maître sache bien que souvent un paresseux est un
malade.
Les conclusions suivantes adoptées par la Ligue d’hygiène scolaire nous semblent très légitimes :
i° Aucune punition ne doit être contraire aux lois de l’hygiène physique.
2° Les punitions morales sont plus efficaces que les punitions matérielles pourvu que les familles y attachent une grande importance.
La surveillance du maître doit presque passer ina-
perçue; l’enfant s’habituera ainsi à une liberté relative qui lui donnera conscience de sa personnalité.
Le but de l’éducation n’est pas la soumission aveugle, mais l’ordre dans la liberté.
Éducation sexuelle. — L’enseignement des questions sexuelles au jeune homme et à la jeune fille, arrivés à la fin de leurs études, est d’une importance capitale. C’est une question de haute moralité et de préservation sociale. Il ne faut pas laisser ces jeunes gens, qui demain seront livrés au péril de leur inexpérience, ignorer leur origine et il faut leur faire connaître les dangers auxquels les exposent les maladies des organes génitaux. Nous ne pouvons ici discuter longuement les opinions diverses émises sur ce sujet et si bien exposées parle Dr Butte (i); nous dirons seulement qu’à notre avis, cet enseignement doit faire partie des programmes des classes supérieures.
Le danger des boissons alcooliques, leurs mélaits et les maladies que leur abus occasionne, devront aussi être enseignés.
En résumé, inspirer aux écoliers l’amour du vrai, chercher à déraciner le mensonge, leur montrer par des exemples journaliers de la vie le but à atteindre, développer leur personnalité et leur esprit d’initiative, en un mot former des caractères bien trempés et armés pour les luttes de la vie : tel doit être le rôle du maître.
(i) Dr Butte II p. 356.