Isolement du contagieux
Mais lorsqu’un cas d’affection contagieuse se présente le médecin doit immédiatement prendre des mesures énergiques pour éviter la propagation de la maladie.
Il faut tout d’abord isoler le contagieux. Dans un internat, l’isolement se fera dans une pièce spécialement aménagée et sans contact possible avec les autres services ; dans un externat, l’enfant devra être immédiatement reconduit chez ses parents par un agent de service. Mais il arrive souvent dans les milieux ouvriers que les parents, retenus au dehors, sont absents. Dans ce cas le malade devra être placé dans un local spécial.
sur un lit de repos où il pourra attendre le retour de ses parents. Ce local sera désinfecté chaque fois qu’un enfant y aura séjourné.
L’élève contagieux sera tenu en dehors de l’école pendant un temps variable selon l’affection dont il est atteint.
Nous avons donné, à propos de chaque maladie, la durée pendant laquelle l’enfant doit être isolé de ses camarades d’après les règlements. La règle formelle, c’est que le contagieux doit être écarté non seulement pendant le temps que dure l’état aigu de la maladie, mais encore pendant la période de contagion possible, l’émission de germes contagieux pouvant persister un temps assez long après là disparition des symptômes aigus de l’affection.
En France la circulaire ministérielle de 1907 règle pour les écoles communales les conditions et la durée des évictions.
Voici les différentes mesures qu’elle impose :
Variole — Eviction des enfants malades (durée 40 jours). Destruction de leurs livres et cahiers. Désinfection générale. Revaccination de tous les maîtres et élèves.
Scarlatine. — Eviction des enfants malades (durée 40 jours). Destruction de leurs livres et cahiers. Désinfection générale. Licenciement si plusieurs cas se produisent en quelques jours malgré toutes les précautions.
Rougeole. — Eviction des enfants malades (durée 16 jours). Destruction de leurs livres et cahiers. Au besoin licenciement des enfants au-dessous de 6 ans.
Varicelle. — Eviction successive des malades.
Oreillons. — Evictions successives de chacun des ma-
lades (durée 10 jours).
Diphtérie. — Eviction des malades (durée 40 jours). Destruction des livres, des cahiers, des jouets qui ont pu être contaminés. Désinfections successives.
Coqueluche. — Evictiohs successives (durée 3 semaines).
Teigne. — Evictions successives. Retour après traitement et pansement méthodique.
L’éloignement de l’école doit pouvoir s’étendre aux frères et aux sœurs des contagieux lorsque les conditions d’isolement du malade ne sont pas réalisables dans la famille. Cette interdiction peut être levée, après quelques jours, lorsque le petit malade a été transporté à l’hôpital, quand la désinfection du logis paternel a été effectuée et après que le délai normal de l’incubation s’est écoulé.
L’article i4 du règlement du canton de Yaud (Suisse) peut être donné en exemple : « La commission scolaire peut interdire la fréquentation de l’école aux élèves habitant le voisinage du malade et exposés à la contagion. Les élèves qui se trouvent dans la période suspecte d’incubation ne peuvent rentrer en classe qu’après 30 jours pour la variole, i5 jours pour la rougeole et io jours pour la scarlatine et la diphtérie. Les enfants vivant dans la famille d’un malade ne peuvent Iréquenter l’école avant qu’il soit établi par une déclaration médicale qu’ils ont cessé toute relation avec le malade et qu’ils ne présentent aucun danger de contagion. »
En France le médecin scolaire ne peut aller aussi loin, son action ne peut porter que sur les frères ou les sœurs du malade. Cependant il y aurait intérêt à lui laisser une certaine latitude. Nous avons vu combien le diagnostic du début des fièvres éruptives est difficile et avec quelle peine il peut être établi. Nous pensons
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qu’en cas d’épidémie grave, le mieux serait d'isoler systématiquement de l’école tous les enfants sur lesquels plane le plus léger soupçon et en particulier tous ceux présentant une élévation de température.
Il vaut mieux exclure pour quelques jours un enfant de l’école que d'exposer la collectivité à contracter une maladie toujours grave.
L’une des grosses difficultés dans les grandes villes est de connaître exactement la cause de l’absence de l’enfant. Le maître envoie bien une lettre aux parents ; mais ceux-ci ne répondent pas toujours ou quand ils le font, ils ne disent pas exactement la cause de l’absence.
Dans le canton de Neuchâtel (Suisse), on emploie un procédé original pour inciter les parents à déclarer la maladie des enfants- : il est payé par la municipalité pour chaque information bien constatée une somme de un franc au père de famille.
En France et à Paris surtout, il faudrait que la préfecture de police, où sont centralisées les déclarations des médecins, envoie chaque jour à l’école intéressée la liste des enfants chez lesquels le médecin traitant a déclaré une maladie contagieuse. Cela ne me paraît pas très difficile à réaliser.
Si une maladie contagieuse se déclare dans la famille du personnel de l’école, deux cas peuvent se présenter : ou bien le malade est soigné chez ses parents en dehors de l’école et seul l’instituteur peut apporter les germes pathogènes, ou bien le malade habite les locaux scolaires. Dans le premier cas, il faut exiger des parents de sérieuses précautions pour qu’ils ne contagionnent pas l’école. Même une circulaire permet à Paris aux institutrices, mères d’enfants contagieux, de quitter l’école pendant
un nombre de jours détermine. Dans le deuxième cas, lorsque le malade habite les locaux scolaiies, il faut l’éloigner, fermer l’école pendant le temps nécessaire à la désinfection et ne rouvrir les classes que lorsqu’on a pris toutes les précautions nécessaires pour éviter la contagion.