III. — DÉSINFECTION
La troisième mesure qui s’ impose, c’est la désinfection. Mais pour qu’elle soit complète, elle doit porter sur tout ce qui a été en contact avec le malade : vêlements, literie, livres, jouets, etc.
La classe, le préau, les salles dans lesquelles l’enfant a séjourné doivent être désinfectés. La table, le pupitre et surtout l’intérieur de ce pupitre ne devront pas être oubliés. Les cabinets d’aisance devront aussi être parfaitement assainis.
Enfin la désinfection devra porter sur les vêtements, la chambre et l’habitation des parents.
En un mot, tout ce qui a touché le malade doit être désinfecté aussi complètement que possible.
L’élève lui-même ne devrait pouvoir rentrer après le temps voulu qu’avec un certificat du médecin traitant, attestant que le malade a pris un bain savonneux et que la désinfection du logement a été opérée, en un mot que toutes les précautions ont été prises.
A New-York, cette déclaration est obligatoire, nous la retrouvons dans le règlement scolaire du canton de Yaud (Suisse).
Comment doit s'opérer la désinfection?
L’étuve à vapeur humide portée à 1 20° est le moyen le plus énergique de destruction des germes ; aucun n’y
(1) Doury p. 55.
PROPHYLAXIE DES MALADIES CONTAGIEUSES 2g3
résiste après un séjour plus ou moins prolongé. Dans les grandes villes, les étuves sont établies dans des immeubles appropriés ; à la campagne, des étuves mobiles en nombre suffisant doivent assurer le service (i). Tout ce qui peut être mis à l’étuve, sans être altéré, doit y subir la désinfection.
Quand il n’y a pas d’étuve, la désinfection peut être faite avec l’aldéhyde formique ou le soufre.
A Paris, les classes sont désinfectées par des pulvérisations de sublimé au millième. La désinfection du domicile des malades est faite de la même façon ; mais pour certaines maladies et en particulier pour la rougeole quand elle est bénigne, pour Jes oreillons, pour la varicelle et quelquefois aussi pour la scarlatine à forme fruste, beaucoup de familles pauvres n’appellent pas de médecin et l’affection n’étant pas déclarée le malade peut rentrer à l’école sans aucune formalité. C’est un danger permanent.
Mais avec la plupart des hygiénistes nous considérons la désinfection au sublimé comme insuffisante. Elle est très incomplète. Nous demandons que les écoles et les chambres de malades soient désinfectées avec des vapeurs d’aldéhyde formique. Ce gaz pénètre partout, dans tous les recoins de l’appartement et Tl est un microbicide puissant.
De plus, la désinfection du corps du malade par des bains n’est pas toujours faite : il y a là de graves lacunes qu’il faudrait combler si l’on veut sérieusement enrayer la contagion.
Les livres du malade doivent être détruits ou désinfectés.
(i) Voir E. S. La désinfection publique.
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En France, depuis l’application de la gratuité scolaire, la plupart des municipalités fournissent gratuitement des livres aux enfants, et comme c’est une dépense relativement importante, ces livres sont d’années en années transmis, ce qui est dangereux, à' d’autres enfants jusqu’au moment où ils sont hors d’usage. Mais il est un autre danger, c’est celui des bibliothèques scolaires et municipales où les livres prêtés séjournent entre les mains des malades ; combien en avons-nous vu ainsi sur les lits des tuberculeux.
11 faudrait désinfecter périodiquement tous les livres et ne pas les remettre en mains avant leur passage à l’étuve.
Le procédé préconisé par le Dr Berlioz (i) pourrait rendre de réels services.
(i) Berlioz I p. ai8.