CHAPITRE II
Les collèges modèles et les collèges climatiques.
Depuis longtemps, les hygiénistes déplorent nos grands internats scolaires, situés le plus souvent au milieu des agglomérations urbaines ; ou l’enfant s’étiole et ou l’éducation physique n’est nullement en rapport avec l’éducation intellectuelle.
Les Allemands ignorent cette sorte de lycées; chez eux, l’élève étranger à la ville habite chez un professeur où il prend ses repas et ou il vit en famille.
Les grands collèges anglais sont le plus souvent situés en pleine campagne.
Aussi des hommes d’initiative cherchèrent-ils à résoudre la question et à mettre l’enfant dans des conditions telles que sa santé et son développement n’en souffrissent pas.
La première école fondée en 1889 fut celle d’Abbotsholm, dans le Derby en Angleterre.
Le fondateur, le Dr Cecil Reddie, la destinait aux jeunes gens de 1 1 à 18 ans.
Le but poursuivi était : le développement harmonieux de toutes les facultés, par l’éducation physique et manuelle, artistique et imaginative, littéraire et intellectuelle, morale et religieuse.
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La journée y est divisée en 3 parties : le matin est consacré à l’étude proprement dite, l’après-midi aux travaux manuels et aux exercices physiques, le soir à la musique, à la poésie, à l’art et aux réunions.
Le Dr Badley fonda à Bedales (Angleterre) une école sur le même modèle; mais ouverte aux jeunes gens des deux sexes.
Le l)r Hermann Lielz établit, dans le Hartz, une école du môme genre.
Mr Demolins (i) tenta en France de réaliser, dans l’école des Roches, l’éducation anglaise dont il est un des fervents admirateurs. Dans un ouvrage, souvent réédité, il chercha à vulgariser ses idées sur l’éducation.
11 acheta, prés Verneuil dans l’Eure, le domaine des Roches, de 5o hecLares environ, où il installa des pavillons séparés, pouvant contenir 200 élèves environ.
L’enfant y vit en famille avec ses professeurs ; chaque maison a à sa tête la femme d’un des professeurs, elle préside la table : c’est la mère de famille.
Les sciences sont enseignées par le côté pratique ; mais ce qui domine tout dans ce genre nouveau d’éducation, c’est le souci de l’hygiène physique.
On élève le jeune homme en s’occupant de son développement physique, et en lui faisant aimer le travail manuel (fig. 5a) ; c’est la théorie renversée de notre université.
Mr Demolins a voulu transporter en France les méthodes anglo-saxonnes.
Il a eu des imitateurs, en particulier dans les fondateurs du collège de Normandie. Ces derniers semblent avoir trouvé, pour l’heure présente, le plus heureux
(1) Edmond Demolins I.