‹ Hygiène sociale contre le PaupérismeChapitre 19 sur 88 · ÉPARGNE MOBILIÈRE · texte numérisé non relu

ÉPARGNE MOBILIÈRE

imiter cet exemple. Il faut laisser les hommes maîtres de leur propriété, et leur ouvrir uq débouché régulier, si Ton ne veut pas les pousser à eu chercher un claadestin. Par cela même qu'on incite les ouvriers à acquérir leurs instruments de travail, on doit leur faciliter le moyen de les revendre, quand ils le veulent, ou d'emprunter sur leur valeur ; .

4® Nous arrivons à une dernière règle qui s'impose dans la réforme des monts-de-piété, c'est que leurs formalités •doivent être simpliiiées au point de supprimer tous les frais jQi toutes les pertes de temps inutiles. Le prêt doit être fait au taux le plus modique, comme argent et comme démarches. Il en est de même de la liquidation éventuelle. Dans quelques provinces d'Italie, il y a des monts-de-piété qui prêtent sans intérêt, subventionnés qu'ils sont par des dotations charitables. Il serait désirable qu'on arrivât à quelque chose d'approchant, surtout pour les objets de première nécessité -en facilitant leur dégagement par petits acomptes, ce qui vaut mieux, moralement, que les dégagements gratuits. On trouve toujours des fonds à bon marché pour les opérations •du mont-de-piété ; on pourrait, en tous cas, y employer certains fonds des caisses d'épargue, car il y a une connexité bien évidente entre le monl-de-piété et la caisse d'éparçne ; mais, en tout cas, ce qui n'est admissible à aucun degré, c'est que les bénéfices réalisés par le mont-dc-piété servent à autre chose qu'à la réduction du taux des prêts. 11 est révoltant de les voir attribuer aux hospices ou aux établissements de bienfaisance. C'est aux riches à assister les pauvres, et c'est une dérision sanglante que de frapper un impôt sur la misère pour secourir cette même misère sous une autre forme. M. Vigano a fait cette curieuse observation que si le mont-de-piété de Paris avait réservé ses bénéfices, il aurait aujourd'hui un capital égal aux prêts annuels, plus de 50 millions, il pourrait donc prêter sans intérêt, en ne pré-

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levant que ses frais. Mais eu France, radministration a la manie de faire des bénéfices sur tout, sur les services publics qui devraient être rendus à prix coûtant et jusque sur les actes de bienfaisance et d'assistance qu'elle frappe de Fimpôt du timbre, abus de logique qui va jusqu'au détournement.

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