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CHAPITRE XXIII

Importance de la petite production. — Ce qu'on réclame du crédit populaire. — Exemple chiffré d'une entreprise industrielle ; la banque ne peut fournir que du capital circulant. — On peut transformer les commandes en argent comptant ; d'un titre qui serait comme le connaissement du travail. — Opérations d'une banque de dépôts et de crédit populaire.

Nous savons maintenant, par les faits d'expérience que nous avons enregistrés, que le crédit populaire est possible. Il nous faut reconnaître Timportance qu'il peut acquérir et la nature précise do ses opérations.

Le champ d'activité est immense.

L'insuffisance des statistiques, qui prouve d'une certaine manière l'indifférence où on laisse la plus grande partie de l'activité productive de la nation, rend extrêmement imprudent de citer des chiffres pour évaluer la production nationale et sa subdivision en grande, moyenne et petite industrie.

Tout ce qu'on peut dire à peu près sûrement, c'est que la petite propriété agricole, qui comprend les terres de moins de 10 hectares, représente les trois quarts de la culture totale"; la moyenne propriété qui va de 10 à 40 hectares, comprend un cinquième de la culture ; il ne reste donc à la grande propriété qu'un vingtième du sol exploité.

En industrie, les meilleurs statisticiens (1) prétendent que

(1) Voyez entre autres M. Maurice Block, Statistique de la France^ qui, sur une production industrielle totale de 12,792 millions, en attribue 6,442 à la petite industrie.

plus de la moitié de la production industrielle est le fait de la petite industrie, celle qui se confine dans ce qu'on appelle les arts et métiers, où chaque patron n'occupe guère plus de deux ouvriers, et où chaque établissement, chaque entreprise, est accessible avec le temps au travailleur capable et laborieux.

Sans compter les petites entreprises de transport et les petits commerces de détail, on voit donc que la plus grande masse de la production nationale est divisée entre les mains de la petite propriété et de la petite entreprise ; et ce sont là précisément les deux clientèles extrêmement nombreuses qui sont le plus dépourvues de capitaux et qu'il s'agit de seconder par le crédit populaire.

Une simple énumération permettra de se rendre compte de la variété infinie des professions qui peuvent profiter de ce crédit.

1° Agriculture : Métayers, fermiers, cultivateurs-propriétaires, vignerons, jardiniers, maraîchers, bûcherons, charbonniers.

2® Alimentation : Pécheurs, meuniers, boulangers, pâtissiers, bouchers, tripiers, charcutiers, brasseurs, cuisiniers-rôtisseurs, traiteurs, restaurateurs, cafetiers, etc.

3® Vêtement, soins et objets personnels : Filateurs, tisserands, blanchisseurs, teinturiers, lingères, couturières, corsetières, fleuristes, modistes, tailleurs, giletiers, culottiers, •gantiers, chapeliers, chaussouniers, cordonniers, sabotiers, barbiers, perruquiers, etc.

4^" Mobilier et instruments : Charrons, carrossiers, selliers, menuisiers, tourneurs, ébénistes, tapissiers, relieurs, poôhers, ferblantiers, lampistes, chaudronniers, potiers, vanniers, couteliers, horlogers, doreurs, bijoutiers, orfèvres, etc.

S® Bâtiment : Terrassiers, carriers, tailleurs de pierre, briquetierfi, tuiliers, ardoisiers, maçons, scieurs de long, charpentiers, menuisiers, serruriers, plombiers, couvreurs, sculpteurs ornemanistes, peintres en bâtiment, vitriers, etc.

CRÉDIT POPUXiAIRE iffj

6^ Professions diverses : Tanneurs, oordiers, tonneliers , forgerons, maréchaux-ferranls, tourneurs sur métaux, imprimeurs, papetiers, cartonniers, vidangeurs, etc.

7® Commerce et transport : Voituriers, caboteurs, mariniers, marchands au détail, revendeurs, camelots, etc.

A Paris, le nombre des professions de la petite industrie est considérable.

£n 18S3, MM. Péreire motivaient leur projet d'organisation du crédit mutuel sur les chiffres suivants :

ce Le nombre des clients, disaient-ils, admis à l'escompte du Comptoir de Paris, est de 1,860; et Tenquéte de la Chambre de commerce a constaté qu'en 1847 il existait dans la capitale 64,816 entrepreneurs d'industries ayant réalisé, dans Tannée, pour 1,463,628,350 francs d'affaires.

» Ces 64,816 chefs de fabriques ou d'ateliers se divisaient ainsi :

7,117 employaient plus de dix ouvriers;

2S,116 employaient de deux à dix ouvriers;

Z%b8d employaient un ouvrier ou travaillaient seuls.

» Ce fait que, dans Paris, la première ville de fabrique du monde, sur 64,8i6 entrepreneurs, 1,880 seulement ont un compte au Comptoir national, prouve que les établissements actuels de crédit commercial sont insuffisants.

» Déduction faite des 7,117 chefs de fobrique occupant plus de dix ouvriers, le nombre des entrepreneurs oiccupant moins de dix ouvriers ou travaillant seuls ne monte pas à moins de 57,699. Cette masse de producteurs avait certainement contribué pour plus de la moitié dans les 1,463 millions auxquels s'élevait, en 1847, la fabrication parisienne. »

Or, treize ans après, en 1860, malgré les événements de 1848, 1849 et 18S1, qui avaient dû notablement ralentir l'activité industrielle au début de cette période, une nouvelle enquête de la Chambre de commerce de Paris révélait un mouvement d'affaires plus que double et une multiplication considérable des petits établissements.

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3,369,092,949 francs d'affaires ;

101,171 chefs de fabrique ou d'ateliers se décomposant ainsi :

Employant plus de dix ouvriers 7.492

' Employant de deux à dix ouvriers 31.480

Einployant un ouvrier ou travaillant seuls. . . . 62.199

Ainsi le nombre des chefs de grandes fabriques restant à peu près stationnaire, celui des moyens entrepreneurs s'était accru d'environ un quart, et celui des petits producteurs avait presque doublé.

Ces données confirmaient amplement les vues de MM. Péreire sur la nécessité d'organiser le crédit à la petite production, et il est à croire que les chiffres actuels seraient encore bien autrement démonstratifs.

Une fois reconnue l'importance de la clientèle promise, il faut se rendre compte de la nature des opérations qu'il est possible de pratiquer utilement et prudemment. Siu^ ce point, les avis diffèrent ou manquent de précision et l'on n'a pas, malheureusement, le détail de l'application des crédits consentis aux travailleurs par les banques d'Ecosse et d'Allemagne.

11 faut tout d'abord distinguer le prêt qui est fait pour un travail reproductif, du prêt qui est fait pour être consommé'dans des nécessités personnelle». Ce dernier, quelque garanti qu'il puisse être par la probité de l'emprunteur ou même par des objets mobiliers, ne rentre aucunement dansles attributions d'une banque. Il ne peut être consenti que par les monts-de-piété ou les sociétés de secours mutuels, sous la forme de prêts sur gages, ou, ce qui vaut mieux, de prêts d'honneur, quand c'est un associé qui emprunte (1).

(1) Il n'en est pas de même, entendons-le bien, d'an prêt à une société coopérative de consommation, qui agit comme un commerçant et qui, mieux qu'un commerçant ordinaire, est assurée de l'écoulement de ses marchandises et de leur paiement comptant.

Le véritable domaine de la banque est le prêt de reproduction.

À ce sujet, M. Viganô, dans son livre ^ur les banques populaires, s'écrie : a Ce serait maintenant le moment de fonder une banque de prêts pour fournir aux ouvriers, aux petits agriculteurs, aux petits manufacturiers, aux petits marchands, les moyens de se créer une petite industrie, de l'étendre ou d'en améliorer l'objet ou l'instrument, quels qu'ils soient... » Et il indique que cette banque devrait faire des prêts de faible somme pour les motifs suivants : Acquérir un instrument, — faire ses provisions en temps opportun, — différer de vendre hors de saison, — se procurer un bœuf, une vache, une brebis, — acheter un petit métier, — payer d'avance le loyer du propriétaire, — réunir une pacotille pour le petit trafic... Ailleurs, il avait déjà indiqué les opérations suivantes : achat d'un cheval, d'un bœuf de labour, d'une vache ou d'une bête à engraisser, d'un instrument d'agricultiu^e ou d'autre industrie, paiement d'un loyer, gage d'un garçon ou d'un apprenti...

De son côté, M. Rouher, dans son rapport à l'impératrice, en 1862, sur la fondation de la Société du prince impérial pour les prêts de l'enfance au travail, donnait aussi ces indications ; a Acheter des instruments d'agriculture, des outils, 'des matières premières, subvenir à des besoins accidentels et temporaires... procurer l'outil à l'ouvrier, la semence au cultivateur, la barque au pêcheur... permettre de cultiver le modeste héritage, de réparer le métier endommagé, d'acheter les matériaux qui manquent... Ces prêts sont rarement à la portée des travailleurs dans la gêne : le grand capitaliste ne peut ni étudier, ni surveiller de pareils placements, et le petit capitaliste est trop timide pour s'y livrer. »

Et M. Viganô reprend : « Courrait-on risque de se tromper en accueillant la demande du travailleur qui ferait une note

véridiquede sa situation active et passive, dans laquelle il indiquerait le revenu actuel et probable dans l'avenir de rindustrie qu'il veut fonder ou améliorer ? S'il faisait confirmer cette note par les prud'hommes, dans les Meux où il y en a, ou par des personnes jouissant de la confiance publique, s'il la faisait certifier par des personnes d'une probité reconnue, par le maire, par le censeur (1), attestant l'honnêteté de celui qui demande à emprunter le petit capital qui lui manque, ou s'il la faisait appuyer par deux ou trois garants, et la présentait ainsi à la banque organisée dans ce but? »

En suivant cet ordre d'idées, il serait nécessaire, d'après M. Viganô, pour constater la vérité de ces déclarations et reconnaître plus tard s'il a été fait un bon emploi des fonds accordés, que chacun fût en état de « tenir un petit registre de ses affaires... Le comptable même de la banque peut s'y prêter ; la banque peut tenir un employé pour cela. Les administrateurs, dominés par un sentiment de vraie philanthropie, examineront avec soin les pièces présentées, s'assureront du caractère moral, de l'habileté de l'emprunteur, de l'ttsa^e qu'il doit faire du prêt, et vérifieront, s'il y a besoin, sur le lieu même, les objets proposés dans l'extrait de l'inventaire présenté... Si l'on accorde le prêt, ce sera pour un temps variable de 4 à 6 mois, jamais plus (2)... On ne renouvellera pas les prêts de ceux qu'on ne verra que peu ou

(1) Le traducteur aurait dû mettre probablement ie percepteur.

[2) a U y a dans la banque de Paris, disait un mémoire de MM. P^reire en 1830, un préjugé généralement établi et qui consiste à ne prendre de papier de l'industrie qu'aui échéances de 3 à 4 mois... l\ existe beaucoop de branches d'industrie dans lesquelles la production et récoule^ ment complet des marchandises exigent un temps bien plus long : ainsi les tanneurs qui gardent leurs cuirs plus d'un an dans les fosses, les marchands de charbons, qui font de longs crédits aux manufacturiers qa'Us approvisionnent, les raffineura, etc., ^presque tous les mardwnrta.

CRÉDIT POPULAIRE 31 i

pas profiter da crédit déjà obtenu, c'est-à-dire qui n'aur<»it pas augmenté leurs provisions^ amélioré leurs fonds ou leurs instruments de travail, accru le chifire de leurs affaires, perfectionné leurs produits, qui n'auront pas, en somme, amélioré ou au moins maintenu leur position économique. On pourra s'en rendre compte à la vérification de leur inventaire, quand ils voudront contracter un nouvel emprunt ou ouvrir un nouveau compte courant. »

Nous avons tenu à faire ces citations parce qu'elles respirent un grand sentiment de loyauté et d'humanité, mais aussi parce qu'elles témoignent d'une certaine illusion sur le fonctionnement possible et régulier d'une banque importante, illusion qu'il serait dangereux de laisser s'établir dans l'esprit du public et surtout du public populaire, si enclin aux exagérations.

Pour discerner nettement ce qui est du domaine de la banque de ce qui lui est étranger, il faut se rendre compte de la comptabilité générale d'une opération quelconque de production industrielle. Mieux que toute considération, un exemple rendra la chose sensible.

Je suppose une entreprise ayant pour objet de manufacturer annuellement 9,000 mesures (mètres, hectolitres ou quintaux, comme on voudra) d'une matière première quel-

•qni sont obligés d'avoir un assortiment qui ne peut pas être épuisé immédiatement, n est donc évident que, quel que soit le biais qu'on prenne, on est toujours dans la nécessité de renouveler la promesse de ceux dont h travail ne s'accomplit et ne se réalise pas dans trois m'ois. Les fabricants ou marchands ne paient jamais, en dernière analyse, que quand ils ont terminé leurs opérations... Les négociants ou manufacturiers les plus solides sont ceux qui ne s'obligent à payer que quand ils le peuvent, parce qu'alors Ils travaillent avec confiance et séeurité. Cependant, •comme il faut faer un terme, nous proposerions d'escompter provisoirement des efTets à 6 mois, échéance généralement adoptée dans l'industrie, »

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conque dont la transformation, à là fois manuelle et mécanique, donnera naissance à 6,000 mesures (mètres, hectolitres ou quintaux) de produits fabriqués. Voyons comment les comptes de fabrication pourront s'établir et quelle devra être l'importance et la nature du capital.

1" Notre industriel se livre à une fabrication dont la durée est de deux, mois, il achète donc tous les deux mois 1,^00 mesures de matières ouvrables à 2 francs la mesure, ci Fr. 3.000 »

^ Il achète également des combustibles pour sa machine et du fourrage pour son cheval, pour une valeur de 1.000 »

3® Il paie enfin les salaires de 8 ouvriers par jour à 5 francs par tête en moyenne pendant cinquante jours ouvrables 2.000 »

S'il ne travaillait que sur commande, s'il prenait ses matières au jour où la fabrication commence et s'il était payé de ses produits au jour où elle s'achève, ces trois sommes lui suffiraient pour constituer son capital circulant qui se renouvellerait six fois par année, mais il n'en va pas toujours ainsi dans les afiaires.

4» 11 lui faudra donc un approvisionnement d'un mois ou deux de matières premières, de combustibles, de fourrage, afin d'éviter tout retard dans l'arrivage de ces éléments de travail et être prêt pour l'exécution des commandes imprévues 4.000 »

5® Les acheteurs des produits fabriqués ne se présentant pas dès l'achèvement de la fabrication, les produits s'accumuleront à l'usine pendant une couple de mois et nécessiteront une réserve de 6 . 000 »

A reporter. .... Fr. 16.000 »

Report Fr. 46.000 »

6* Enfin les acheteurs ne soldant pas comptant leurs achats et laissant s'écouler un délai moyen de trois mois entre la livraison et le paiement, il

faudra une nouvelle réser\^e de 9.000 »

En définitive, le total du capital circulant sera

de ... Fr. 25.000 »

composé de 18,000 francs de matières en magasin, en cours d'élaboration, fabriquées ou livrées, et de 7,000 francs de salaires avancés.

Ce n'est là qu'une partie du capital total, celle qui se renouvelle incessamment; l'autre partie qui est fixe se compose :

1^ Des terrains et des bâtiments de l'usine. . 40.000 »

8® Du moteur à vapeur, des machines fixes, d'un cheval 13.000 »

9® D'un matériel d'exploitation, outils et mobilier 3.000 »

Total général. . . Fr. 81.000 »

Faisons, maintenant le compte annuel de la fabrication:

Débours de fabrication : matières, combustibles, fourrages, salaires (6,000 fr . X 6 périodes de deux mois) Fr. 36 . 000 »

Intérêt à 6 0/0 du. capital circulant (2S,000fr. X 0,06) l.SOO »

Intérêt à 6 0/0 du capital industriel (16,000 fr. X 0,06) 1.000 »

Amortissement à 12 1/2 0/0 du même capital industriel 2.000 d

Loyer ou intérêt à S 0/0 du capital immobilier (40,000 fr. X 0,05) 2.000 »

A reporter . . Fr. 42.800 »

3i4 LE CRÉDIT

Report. . . Fr. 42.800 »

Soit, au total, y compris les charges du capital,

un prix de revient de Fr. 42.500 »

pour les 6,000 mesures de produits fabriqués. Les produits fabriqués se vendant à raison de 8 francs la mesure 48.000 »

Il reste un bénéfice de Fr. 5.500 »

pour la rémunération du travaij personnel de l'industriel et pour son profit.

S*il était propriétaire de tout son capital (81,000 fr.), notre entrepreneur toucherait, en outre, les intérêts qui y sont aiFérents, ce qui lui ferait un revenu total de 10,000 francs.

Mais un capital de 81,000 francs est an gros capital et le problème consiste à le procurer, dans la plus forte proportion possible, à Thomme capable et honnête qui sera en état de s'étabKr et d'en tirer bon parti.

Or, avec une bonne organisation du crédit, si l'homme est suffisamment cautionné, s'il a su, par sa conduite antérieure, conquérir l'estime et la confiance des fournisseurs et des banquiers, nous allons voir qu'il lui sera possible de s'établir avec une assez faible mise personnelle.

Et d'abord, le terrain et les bâtiments (40,000 fr.) lui sont loués par un propriétaire, sans autre débours que six mois de loyer d'avance. C'est un véritable prêt immobilier, la plus fréquente et la plus importante des opérations de crédit, celle d'ailleurs qui fait courir le moins de risques au capitaliste, puisqu'il est à peu près sûr de retrouver toujours la valeur intégrale de son immeuble.

Ensuite, le constructeur et le fournisseur des machines et du matériel d'exploitation lui feront, la plupart du temps, crédit à long terme pour une partie du prix des travaux et

CRÉDIT fOPULAIRE M&

fournitures. Ils ne peuY^it feîre crédit pour la totalité (16,000 fr.), parce que des machines et un matériel appropriés à une industrie spéciale ne trouvant pas facilement d'autre emploi, en cas de désappropriation ou de revente, il faut faire la part de la dépréciation possible. Si le risque est de moitié de la valeur^ le constructeur ou fournisseur fera crédit de l'autre moitié (8,000 fr.), à plus ou moins long terme, suivant qu'il pourra à son Umv plus ou moins facilement rentrer dans son argent, en négociant des obligations remboursables en plusieurs années, comme font aujourd'hui les établissements de Cail ou de Fives- LiUe.

Voilà pour le capital immobilier et industriel; venons maintenant au capital commercial.

Les 18,000 francs de matières seront en partie livrées à . crédit par le fournisseur, en partie remboursées par le banquier sous forme d'escompte des effets souscrits par les acheteurs des produits fabriqués.

Restent [les salaires avancés par le fabricant et devenus partie intégrante, soit des objets en cours de fabrication, soit des produits achevés qui n'ont pas encore preneurs. Là le risque est plus ou moins grand, suivant la nature de l'iodustrie et la prudence du fabricant. Une banque peut avancer les salaires de tout ce qui est fabriqué sur commande. Quant aux produits qui ne trouvent pas preneurs, ils peuvent encore être l'objet d'une avance partielle sur nantissement ou du moins d'un crédit spécial, mais à des conditions plus rigoureuses et dans des limites assez étroites, car en principe le fabricant doit rester détenteur responsable de ce qu'il a fabriqué sans ordres et à ses risques et périls. La banque A.'a de garantie réelle que qoand le débouché est assuré, à des prix fixés d'avance.

En résumé, quel sera le capital obligatoire pour notre iadustriel ?

1.000 francs de loyer d'avance au lieu d'un capital immobilier de Fr. 40.000

8.000 francs de capital industriel au lieu de. . 16.000 les frais de transport des matières premières reçues

à crédit pour une valeur de ....... 13.000

les frais de l'escompte des produits livrés à crédit

aux acheteurs et ayant exigé un débours de 9.000 4.000 francs au maximum pour les salaires de

pareille somme, ci 4.000

engagés dans les objets en cours de fabrication ec dans les produits en magasin.

Encore cette somme est-elle en partie créditable s'il y a des commandes ou si l'on dépose les produits en nantissement

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