p. IOO
1. Kuss, De l'hérédité parasitaire de la tuberculose humaine, Thèse de Paris, mars 1898.
2. Benjamin et Sluka, Jahrb. f. Kinderhe'dk., igo5, p. ."> 1 7 .
3. Comby, Rôle de la contagion humaine dans la tuberculose infantile, Arch. de mcd. des enfants, mars 1909, n° 3, p. 161.
4. Gh. Mantoux et J. Lemaire, Intradermo-réaction à la tuberculine chez 3oo enfants non malades, Soc. de biologie, 3i juillet 1909.
5. Paisseal et Li'on Tixieh, Discussion du rapport de Péhu sur les réactions
Les statistiques que nous venons de relater montrent la fréquence de la tuberculose dans la première enfance. Elles ont été dressées chez des enfants hospitalisés et ne sont valables que pour la clientèle hospitalière. Celles qui sont établies à l'aide des réactions à la luberculine sont peut-être inférieures à la réalité, car, selon la remarque d'Hutinel et Tixier l, la proportion des tuberculeux qui ne réagissent pas est plus forte pendant les premiers mois de la vie qu'a un âge plus avancé. Il est difficile, en tout cas, de fournir des statistiques exactes de la mortalité tuberculeuse en dehors de ces conditions particulières, car le diagnostic clinique de la tuberculose du nourrisson manque très souvent de précision.
Les nourrissons qui réagissent à la tuberculine peuvent être emportés par une affection autre que la tuberculose; mais celle-ci n'en constitue pas moins un facteur de mortalité important.
D'autre part, c'est dans la première enfance que beaucoup d'enfants contractent la tuberculose à laquelle ils succomberont plus tard, parfois seulement à l'âge adulte.
11 est donc nécessaire de mener dès la naissance une lutte antituberculeuse active -.
F. Syphilis. — La syphilis est une cause très importante de mort dans le premier âge. Suivant la remarque d'A. Fournier, elle est un facteur de dépopulation. Le nombre des décès qu'elle occasionne n'est pas indiqué dans les statistiques officielles, mais on peut se faire une idée de son rôle, en tenant compte, d'une part, de la fréquence de la syphilis et, d'autre part, des effets nocifs qu'exerce cette infection sur l'embryon ou le fœtus et sur l'enfant.
La mortalité embryonnaire et fœtale, du fait de la syphilis, est diversement évaluée; toutefois, il est avéré que beaucoup d'avortements et de mortinatalités avant terme sont à son actif. Pour A. Fournier, 68 p. ioo au moins des grossesses de syphilitiques n'aboutiraient pas à la mise au monde d'un enfant vivant.
La mortalité de la syphilis infantile héréditaire précoce est également très forte. D'après A. Fournier, un grand nombre d'hérédo-
locales ou générales à la tuberculine chez l'enfant, Assoc. franc, de pédiatrie, Paris, octobre igi-i,
i. Hutinel et Tixier, La tuberculose latente des nourrissons, Revue de la tuberculose, avril 19 12, n° 2.
2. Nobécourt et Schreiber, Préservation de l'enfant du premier âge contre la tuberculose, De la nécessité d'éloigner l'enfant, dès la naissance, du milieu familial tuberculeux, Congrès du Royal Instilule of public Health, Paris, i5-i3 mai iqi3 et Arch.de méd. des enfants, avril 191 !\.
syphilitiques succombent de bonne heure et la mortalité est particulièrement élevée lorsque les deux générateurs sont à la fois syphilitiques. Il cite les chiffres suivants :
Syphilis des parents. Mortalité <lcs enfants.
Père seul syphilitique 28 p. 100
Mère seule syphilitique 60 —
Père et mère syphilitiques 68 —
Les hérédo-syphilitiques qui survivent, sont, d'autre part, emportés
assez, fréquemment par les maladies qui les frappent.
La mortalité de la syphilis héréditaire à la deuxième génération demeure très notable, puisque, sur 100 grossesses de ménages entachés d'hérédo-syphilis, on relève /j8 avortemenls ou morts en bas âge (A. Fournier).
La syphilis acquise du nourrisson , enfin, est une cause possible de mort. Le sein d'une nourrice syphilitique, les baisers, les biberons, les objets de toilette, etc., peuvent être les intermédiaires delà con tagion. Cette forme de syphilis est habituellement grave, mais elle est heureusement exceptionnelle.
G. Débilité congénitale. Naissance prématurée. — Les enfants nés prématurément et atteints de débilité congénitale fournissent uniproportion notable de décès.
De 1892 à iqoi, d'après Jarricot, le nombre de décès de zéro à un an sur 1.000, altribuable à la débilité congénitale, a été le suivant :
A Paris 1 94 \ Tourcoing 228
A Bordeaux 100 A Montpellier 210
A Limoges. 197 A Lyon 3:»i
A Nîmes 1 55
En 191 1, sur 118.200 décès de zéro à un an, on en complaît 24-2^5 causés par la débilité congénitale.
Près de la moitié des bébés qui meurent pendant le premier' mois sont nés avant terme : sur 407 décès survenus à la clinique Baudelocque à cette périodede la vie, il y a eu 198 prématurés (Wallich. Thierry-Detaille) '.
Tous les prématurés ne sont pas également exposés à la mort. 11 faut tenir compte de plusieurs facteurs.
1. Thierry-Detaille, De la mortalité infantile dans les quatre premières semaines de la vie, Thèse de Paris, ini3-iui \.
MORTALITE 43
Leur mortalité est d'autant plus grande qu'ils sont nés plus loin du ternie. Les chiffres recueillis par Polel ', en 189a, sont démonstratifs à cet égard :
Age de la grossesse. Pourcentage des décès.
6 mois 1/2 8o,4 p. IOO.
Elle varie suivant les causes qui ont provoqué la naissance prématurée. Lorsque celle-ci résulte d'un accident, la mortalité est faible ; elle est au contraire élevée, lorsqu'elle est la conséquence d'une tare héréditaire (syphilis, tuberculose), d'une infection ou d'une intoxication maternelles (alcool, plomb, mercure, etc.).
Elle dépend enfin du mode d'allaitement, du milieu, des soins. L'allaitement naturel, la mise en couveuse, un milieu aseptique, permettent d'élever des bébés qui seraient morts sans cela.
A la clinique Tarnier, la mortalité des prématurés a été réduite de 60 p. 100 à io,5 p. îoo; Hutinel -, à l'hospice des Enfants- Assistés, l'a abaissée de 72 p. 100 (1896-1897) à i5,4 p- 100, en 189S, en prenant des précautions rigoureuses d'antisepsie et d'asepsie, en éloignant tous les malades, même les plus légers, en utilisant des nourrices.
Parmi les causes de naissance prématurée et de débilité congénitale, il faut signaler le travail de la mère pendant la grossesse. Dès i8g5, Pinard3 a insisté sur l'heureuse influence qu'a sur l'enfant le repos qu'elle prend pendant les semaines qui précèdent l'accouchement.
Le repos prolonge la durée de la grossesse. Mme Sarraute-Lourié 4 a comparé i.55o femmes admises à l'asile Michelet avec i.55o femmes qui avaient travaillé jusqu'au moment de l'accouchement; elle a constaté que la grossesse des premières avait duré, en moyenne, vingt jours déplus que celle des secondes.
Les enfants dont les mères se reposent sont plus beaux que ceux dont les mères travaillent. Leur poids moven à la naissance dépasse
1. Potel, De l'accroissement en poids des enfants nés avant terme, Thèse de Paris, 189Ô.
2. Marcel Delestre, Etude sur les infections chez le prématuré, Thèse de Paris,