‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 118 sur 212 · II. COLLÈGES ET LYCÉES DE PLEIN AIR · texte numérisé non relu

II. COLLÈGES ET LYCÉES DE PLEIN AIR

Les collèges et les lycées de plein air poursuivent le développement harmonieux de l'intelligence et du corps. Leur création répond à de multiples besoins.

Tout d'abord, il n'est pas douteux que, dans les villes, un grand nombre d'établissements scolaires ont une hygiène défectueuse, tant parleur situation que par la disposition des locaux. Ces mauvaises conditions sont particulièrement préjudiciables aux éièves internes, si nombreux dans notre pays. xA ces inconvénients matériels il faut joindre les inconvénients d'ordre moral ; il est regrettable que des enfants, internés dans de véritables casernes, ignorent complètement la vie de famille durant toute leur jeunesse. Les Allemands ont su remédier à cette grave lacune ; nos grands internats d'enfants leur sont inconnus ; des pensions de familles tenues par les femmes des professeurs les remplacent avantageusement.

L'éducation physique, d'autre part, nous l'avons vu dans un clinpitre précédent, n'occupe encore qu'une place insuffisante clans les programmes officiels. Il est tout naturel que certains pédagogues, à l'imitation des éducateurs anglais, aient cherché à lui donner dans l'enseignement une importance plus grande. « Une des raisons d'être des écoles nouvelles, dit très justement G. Berlier 1, est d'agir comme des organismes souples, indépendants, qui peuvent tenir compte de tous les progrès de la psychologie et de la pédagogie moderne et qui, placés à l'avant-garde, peuvent par leurs expériences hâter les progrès de l'armée des éducateurs. »

i° Collèges libres de plein air. — Les principes sur lesquels repose la création des collèges de plein air ont été inspirés par YEmile de J.-J. Rousseau. La première école, basée sur ses idées, fut, en effet, fondée en 178^ par Salzmann à Schnoepfenthal, près de Gotha. Cet établissement allemand de campagne inspira le Dr Gecil Reddie, fondateur du collège d'Abbosholme en Angleterre (1889), collège dont dérivent toutes les écoles nouvelles du xi\e et du \\e siècle.

Des collèges libres de plein air existent en France depuis quelques années. Le premier en date est YEcole des Roches, créée par Demolins, près de Verneuil, dans l'Eure. En 1902, Duhamel fonda le Collège de Normandie à Mont-Cauvaire, près de Clères, dans la Seine- Inférieure ; puis le Dr Leplat créa YEcole de l'Ile-de-Erance, à Liancourt, dans l'Oise ; enfin la dernière ouverte est YEcole du Sud-Est, à Jarnioux, dans le Rhône.

Le Collège de Normandie (fig. 85) peut être pris pour modèle, car on y réserve une place équitable à la fois aux études et aux exercices physiques. Entouré d'un vaste parc, il peut recevoir 80 élèves. Ceux-ci sont répartis par groupes restreints danj des maiso/is, spécialement aménagées et remises en régie à un professeur marié. Les jeunes pensionnaires se trouvent ainsi dan? un milieu familial très favorable à leur développement moral.

Chaque enfant dispose d'une chambre particulière, meublée d'un lit mobile, d'une armoire, d'un lavabo, d'une table-pupitre-bibliothèque, etc. Dans cette chambre, qu'il orne à son gré, il se trouve chez lui ; il évite ainsi la vie en commun du dortoir et le travail dans la salle d'étude.

1. G. Bertier, L'internat rural et familial, in les Œuvres périscolaires, Paris, I9i3, p. 5g.

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