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Delpy, 77e Congrès des Colonies de vacances, Lyon

3. P. Vigne, Placement familial ou placement collectif, L'Avenir médical. I*r mai 1912, p. 2.10.1.

clic/, des cultivateurs choisis (fig. 90). Il est adopté en Danemark. La ville de. Lyon le réalise dans l'Ardèche.

Le placement collectif groupe Go à 80 enfants dans une propriété louée par une œuvre ou lui appartenant. Il est utilisé par la plupart

Fig. go. — Une colonie <Je vacances. Système du placement familial.

des caisses des écoles de Paris, en Belgique, en Angleterre, en Allemagne, etc.

Le placement familial laisse une liberté plus grande à l'enfant, il transforme moins l'existence menée dans la maison paternelle ; il a l'avantage d'éviter l'agglomération des enfants. 11 offre, par contre, de sérieux inconvénients : le logement est souvent défectueux et la nourriture médiocre ; d'une façon générale l'hygiène laisse à désirer.

Le placement colleclit permet une réglementation hygiénique beaucoup plus sérieuse sous la direction de l'instituteur ; il facilite la surveillance médicale et administrative. On pourra donc lui accorder la préférence, tout en tenant compte des conditions propres à chaque pays et à certains enfants. Il ne faut pas non plus négliger le côté financier, dont nous nous occuperons plus loin.

L' alimentation sera l'objet de soins particuliers. Le nombre des repas sera de quatre, y compris le goûter de 16 heures. Les aliments seront à la fois nourrissants et économiques ; le pain, le lait, les

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œufs, les légumes, les fromages constitueront les éléments principaux du menu ; quant à la viande et au poisson, ils figureront plus ou moins souvent sur la table, suivant les ressources des localités.

h' emploi du temps sera varié : on alternera les promenades avec les jeux et des exercices physiques. Les exercices respiratoires ne "seront pas négligés. Au cours des excursions, le maître ne manquera pas de faire aux écoliers un enseignement simple et pratique, des leçons de choses, dont ils tireront un très grand bénéfice.

c. Choix des enfants. — Les colonies de vacances devraient être en nombre suffisant pour permettre à tous les écoliers citadins d'y faire un séjour plus ou moins prolongé. Une telle éventualité est malheureusement encore très lointaine. Aussi convient-il, en attendant, de faire le choix des enfants susceptibles de profiter particulièrement de l'envoi au grand air. C'est au médecin que ce choix doit appartenir.

h'âge entre d'abord eu ligne de compte. Les limites d'admission peuvent être fixées à 7 et i4 ans.

Les enfants plus jeunes, de 4 à 7 ans, ont besoin d'être soumis à un régime de vie spécial ; il faudrait créer pour eux des colonies maternelles scolaires où les mères pourraient les accompagner. Signalons, à ce propos, la fondation toute récente de la colonne parisienne de Dammartin (Seine-et-Marne), laquelle contient 3o places pour de petits enfants de 3 à 7 ans.

Les enfants âgés de plus de i4 ans, pour des raisons morales et éducatives, que nous avons déjà développées, ne peuvent sans inconvénients être mélangés avec les sujets plus jeunes.

L'état de santé est l'élément d'appréciation le plus important. Il importe d'éliminer les contagieux, en particulier les tuberculeux, ainsi que les anormaux physiques et psychiques (L. Mayet) '.

Les écoliers appelés à tirer le plus grand bénéfice des colonies de vacances sont les enfauts chétifs, épuisés, mal nourris, anémiques, convalescents, etc. Certains d'entre eux devront être plus spécialement dirigés vers la montagne ou vers la mer ; tels les lymphatiques, les ganglionnaires, les anciens rachitiques. La ville de Nantes les envoie à l'hôpital maritime de Pen-Bron, où ils sont soumis à la cure d'air et de soleil et prennent des bains de mer.

(I. Durée du séjour. — La durée du séjour a une grande importance ; à son sujet se pose une question de principe : doit-elle être

1. Lucien Matet, L'Enfance anormale, avril 191a, p. :n>~. rtl.e rôle du médecin dans une œuvre de colonies scolaires de vacances, Paris. 1912.

suffisamment brève pour permettre l'admission d'un grand nombre d'enfants ou bien doit-elle être longue, ce qui restreint le chiffre des privilégiés ?

L'expérience a démontré que le séjour doit être aussi prolongé quepossible; un moisestun minimum. Pendant la première semaine, en effet, les enfants s'acclimatent sans profit, et, pour quelques-uns même, le résultat est négatif, parce qu'ils s'ennuient ou parce qu'ils s'adaptent difficilement au nouveau genre dévie. Pendant la deuxième semaine, le profit commence ; il s'accentue au cours de la troisième et enfin il se consolide au cours de la quatrième.

Pour obtenir de bons résultais, il convient donc de laisser les enfants au grand air quatre semaines; pour certains même, six et huit semaines ne sont pas de trop.

e. Résultats. — Voici, d'après Cincin *, les résultats fournis par les colonies de vacances.

Le poids augmente d'un a deux kilos, alors que les enfants restés en ville gagnent quatre à cinq fois moins. Les moyens et les grandenfants, les fillettes, les sujets les plus miséreux sont ceux qui bénéficient le plus de leur séjour. La taille et le périmètre thoracique s'accroissent proportionnellement. On note également l'augmentation du nombre des hématies et du taux de l'hémoglobine, surtout chez les filles. L'état général s'améliore, l'activité cérébrale devient plus intense et même la répercussion morale du séjour au grand air est manifeste.

L'hygiène observée dans la colonie a une influence indiscutable pour l'obtention de résultats favorables.

Il en est de même de l'âge des enfants.

Detré"2, d'après les observations faites sur enfants du dispensaire de la caisse des écoles du VIIe arrondissement, envoyés à la campagne pendant deux mois, en moyenne, a pu établir le tableau suivant :

Age des enfants. Pourcentage des enfants rentras

en mauvais état.

Au-dessous de 2 ans. 53,3 pour 100.

De 2 à 6 ans 34 —

Au-dessus de 6 ans 7,6 —

1. Cincin, Préservation de l'enfance par le grand air. Thèse Paris, 1908. — II. Makthaler, Die Ferienkolonien fur arme Sehulkinder in der Schweiz, in den Jahren 1891-1895, Zeitscfir. f. Sehweizer Statislih, Berne, 1897

2. (1. Detré, Des avantages et des inconvénients du séjour à la campagne pendant les mois d'été pour les enfants de la classe ouvrière parisienne, Arch. de méd. des enfants, 1er janvier 1910, t XIII, p. !\'-x-

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« Avant 6 ans, dit Detré, la mauvaise hygiène, l'absence de surveillance, les dangers delà contagion risquent de rendre ce séjour plus nuisible qu'utile. Pour les nourrissons, ce risque devient tel, que nous déconseillons formellement aux mères de les y emmener, à plus forte raison de les y envoyer sans elles. »

f. Dépenses. — Les dépenses varient suivant la région où est fixée la colonie et la longueur du trajet.

Le placement familial semble le moins coûteux. Dans l'Ardèche, la ville de Lyon payait avant la guerre i franc par enfant et par jour, voyage compris. Voici en outre quelques chiffres fournis par Mme Frank-Puaux *, se rapportant à l'année 1906: l'Œuvre des trois semaines prenait /jo francs pour un séjour de 21 jours à la campagne et 70 francs pour un mois à la mer ; l'Œuvre des colonies de vacances de la Chaussée du Maine demandait 4o francs en moyenne pour un séjour d'un mois à la campagne et 60 francs pour un mois à la mer ; Y Œuvre des enfants à la montagne prenait 00 fr. 00 pour six semaines de séjour.

Le placement collectif est plus dispendieux ; avant la guerre, il revenait à 2 fr. 5o par journée d'enfant, voyage non compris.

Les frais sont donc très élevés. Pour les réduire, on pourrait demander aux communes ou à l'État de mettre à la disposition des colonies scolaires des terrains sur lesquels ou élèverait des baraques démontables. En outre, ainsi que le fait remarquer Condirolle, il est légitime de demander, sinon à toutes les familles, du moins à la plupart, leur contribution aux dépenses occasionnées par le déplacement projeté. Le résultat financier serait déjà excellent, si les parents consentaient seulement à verser une somme égale au prix de revient de l'enfant, quand il vit à la maison.

En 1919 et 1920, ont été ouverts, auprès de Paris, trois camps de vacances, à Saint-Germain-en-Laye, dans la forêt de Marly, au Réduit de Verrières. Ils sont installés dans des baraques en planches. Le prix de la journée est de !\ fr. 5o. Les résultats sont favorables (P. Bonnette *).

Pour réduire les frais, certaines villes d'Allemagne et de Suisse ont créé des demi-colonies de vacances. Les enfants sont emmenés tous les jours à la campagne, aux environs des villes, et rentrent le soir chez leurs parents. Ces institutions sont moins coûteuses, mais profitent beaucoup moins aux enfants.

1. M'"c Frank-Puaux, Les Œuvres des colonies de vacances en France, 1906. a. P. Bonnette, Camps de vacances, La Presse médicale, 8 septembre 1920, no 64, annexes, p. Ii85«

2° Promenades scolaires. — Des promenades scolaires à la campagne sont organisées. en France, les jeudis et les dimanches, par le Club Alpin et par le Touring-Club. Les excursions entreprises, de plus ou moins longue durée suivant l'âge des enfants, ont pour but de faire sortir les élèves de la ville, de les entraîner à la marche et de leur faire connaître les sites pittoresques des environs.

3° Voyages scolaires. — Des voyages scolaires sont organisés par les mêmes sociétés à l'époque des vacances ; ils permettent aux élèves des lycées et collèges de visiter à prix réduits certaines régions sous la direction éclairée des professeurs.

Ces voyages, profitables pour la santé et très instructifs, ont l'inconvénient d'être seulement à la portée des enfants de familles aisées. Pour les permettre aux écoliers de situation plus modeste, la Société des Eclairears ou Boy-Scouts a récemment organisé des voyages similaires, en logeant les jeunes touristes sous des tentes dressées sur les terrains obligeamment prêtés par les municipalités.

SOMMAIRE. — Nécessité d'une surveillance hygiénique postscolaire.

— Raisons physiologiques : période de puberté. — Raisons sociales : développement de la grande industrie ; misère des parents.

I. Rôle du médecin dans le choix des carrières. — Contre-indications à certaines professions. 1° Affections de l'appareil locomoteur : scoliose, pied plat. 2° Rhumatisme. 3° Maladies de l'appareil circulatoire : lésions cardiaques, cariées. 4° Troubles des organes sensoriels : troubles auditifs, myopie. 5° Maladies du système nerveux : épilepsie. 0° Maladies de la peau. 7" Tuberculose.

Consultations spéciales pour les apprentis. Utilité d'un examen professionnel au sortir de l'école.

II. Devoirs des patrons envers les apprentis. — Loi du 22 février 1851. Loi du 28 décembre 1910.

III. Mesures législatives réglementant le travail des enfants. — 1" Historique. Loi du 22 mars 1841. Loi du 19 mai 187 ï. Leur insuffisance. — 2° Législation française actuelle : Lois du 2 novembre 1892 et du 30 mars 1900. Nature des industries <jui relèvent de la réglementation; critique de la loi. Age d'admission. Durée du travail. Simultanéité des repos. Travail de nuit : dérogations temporaires et permanentes. Repos hebdomadaire. Travaux souterrains. Travaux considérés comme dangereux. Mesures de sécurité : énnméralion des travaux interdits an. c enfants, selon leur âge ; division des industries en trois catégories : limite des charges : réglementation de l'emploi des enfants aux étalages. Mesures de moralité. Contrôle. Livret individuel. Inspecteurs du travail.

— 3° Législation étrangère. Allemagne. Italie. Australie et Nouvelle- Zélande.

L'hygiène sociale de l'enfance, de même que l'hygiène individuelle, a pour but d'assurer aux enfants un développement régulier et une bonne santé, pour leur permettre, au terme de leurs éludes, de remplir les fonctions qui leur sont dévolues dans la société. Son rôle est aussi important que celui de l'éducation intellectuelle donnée dans les écoles.

Mais le rôle de l'hygiéniste ne prend pas fin avec la cessation de la vie scolaire. Une surveillance hygiénique postscolaire est absolument nécessaire pour des raisons physiologiques et pour des raisons sociales.

Au point de vue physiologique, les fillettes, entre 12 et 10 ans, les garçons entre i3 et 18, se trouvent, comme nous l'avons vu (p. 211), en pleine période de puberté.

La poussée de croissance, qui se fait à cette période de la vie, demande des précautions particulières. Le développement de l'appareil génital et sa répercussion sur le système nerveux exercent une influence profonde sur l'évolution psychique et morale. Or, au moment précis où sa personnalité subit des transformations aussi accentuées, l'enfant se trouve obligé de changer son mode d'existence et les habitudes contractées. L'alimentation, pour beaucoup, sera différente, la vie de plein air et les récréations seront restreintes, l'effort exigé, enfin, sera plus important.

Au point de rue social, le développement considérable de la grande industrie, depuis le siècle dernier, exige également une surveillance plus étroite des enfants, car ceux-ci se trouvent englobés dans la grande masse des ouvriers.

Sous l'ancien régime, alors que l'industrie comportait surtout des petits ateliers, les statuts des corporations imposaient aux contremaîtres la tutelle des apprentis. Leur devoir était de veilJer à ce qu'ils ne fussent pas soumis à un travail excessif et d'obtenir, de la part du patron, que leur éducation professionnelle et religieuse ne fût en rien négligée.

Nous verrone plus loin que le contrat d'apprentissage remplace les statuts corporatifs, mais de nos jours les apprentis constituent l'exception, car, presque partout, l'enfant quitte l'école pour entrer directement, comme ouvrier, dans une fabrique ou une usine.

Les résultats fâcheux de cet état de choses ont été signalés en i84o par Villermé *. Les ouvriers, à cette époque, travaillaient en moyenne i4 heures par jour, parfois 16 et 17 heures. Or les enfants étaient soumis au régime commun et, comme aucune loi de protection n'avait encore été promulguée, on voyait dans les usines des ouvriers de 7 ans, quelquefois même de 4 et 5, comme à Sainte- Marie-aux-Mines, où on leur confiait le dévidage des trames.

De telles fautes contre l'hygiène furent naturellement payées par une augmentation notable de la mortalité. A Mulhouse, la durée

1. \ illermé, Tableau physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de soie, de laine et de coton. 18^0.

moyenne de la -vie d'un ouvrier n'était que de a5 ans, alors qu'elle atteignait 36 ans pour les autres habitants.

A côté des exigences des chefs d'industrie qui mettent à contribution le travail des enfants, sans tenir compte du préjudice causé à leur santé, il faut également faire intervenir la misère des parents. Ceux-ci, souvent à la tête d'une famille nombreuse, aux besoins de laquelle ils subviennent péniblement, n'hésitent pas à tirer un bénéfice prématuré du travail de leurs enfants, sans se demander si le gain ainsi réalisé ne constitue pas pour l'avenir le plus déplorable placement, par suite des troubles que le travail est susceptible de provoquer.

Ces considérations montrent l'importance du rôle dévolu au médecin dans la surveillance postscolaire des enfants et des jeunes gens ; elles mettent en lumière les devoirs qui s'imposent aux patrons envers les apprentis; entin elles justifient les mesures législatives prises, surtout en ces dernières années, pour assurer la protection de l'enfant dans l'industrie.

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