‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 121 sur 212 · SCOLAIRES · texte numérisé non relu

SCOLAIRES

i° Colonies de vacances. — Les colonies de vacances constituent des institutions éminemment favorables à la santé des petits citadins. Pour eux, l'influence débilitante des villes peut être compensée, dans une certaine mesure, par un séjour à la campagne de plusieurs semaines dans le cours de l'année. Cette nécessité explique le développement remarquable pris dans ces dernières années par les colonies de vacances ; ce développement ne doit pas être entravé par la création des écoles de plein air, car celles-ci ne s'adresseront toujours qu'à un nombre limité d'enfants -.

1. Le Gendre, De la nécessité des collèges climatiques pour enfanls débiles, IIe Congrès français d'hygiène scolaire, Paris, igo5.

2. Delfour, Les colonies scolaires de vacances, Thèse de Toulouse, 2 4 novembre 1897. J. Covdirolle, Les Colonies de vacances, in les OEuires périscolaires, Paris,

a. Historique. — La première colonie a été fondée en 1876 par le pasteur Bion, à Zurich ; elle permettait d'envoyer à la montagne un groupe de 60 enfants. Des tentatives similaires furent faites cette même année, en Allemagne et au Danemark, puis successivement dans les pays suivants : Angleterre (1878) ; Autriche (1879) ; Italie (1881) ; Pologne, Suède, Norvège (1881) ; Hollande (i883) ; Belgique (1886) ; Etats-Unis (i8p,5).

En France, la première colonie date de 1881 ; elle fui créée par le pasteur Lorriaux, qui envoya aux Bézards, dans le Loiret, quelques enfants pauvres des faubourgs de Paris et fonda Y Œuvre des trois semaines. L'année suivante, en 1882, Mw Edmond de Pressensé el Mme Louis d'Eichtal fondaient Y Œuvre des colonies de vacances de la Chaussée du Maine. En i883, Edmond Collinet, admi nislrateurde la caisse des écoles du l\e arrondissement, envoyait à Luxeuil, dans la Haute-Marne, une centaine d'enfants de son arrondissement, et à partir de 1890 les vingt mairies parisiennes avaient chacune leur colonie.

Un grand nombre de villes de province créèrent à leur tour des colonies de vacances, et en 1910. 78.000 petits Français en^bénélicièrent, d'après Plantet et Delpy '. Pour Paris, le nombre colons de 7 à i3 ans n'a pas dépassé 5 p. 100 de la population scolaire ; en 191 1, Delpy - a compté un million de journées de vacances pour les écoliers parisiens et 1. 000. 000 pour les provinciaux.

L'utilité des colonies est actuellement reconnue de tous. Le médecin doit être au courant de leur organisation et de leur fonctionnement ; il doit être fixé sur le choix des enfants appelés à en profiler, sur la durée utile de leur séjour ; il doit connaître les résultats obtenus et les dépenses nécessaires.

b. Organisation et fonctionnement. — Il importe, tout d'abord, de déterminer le mode de placement des enfants à la campagne, à la mer ou à la montagne.

Deux systèmes sont actuellement en vigueur ; le platement familial et le placement collectif en internat 3.

Le placement familial répartit les enfants par groupes de 2 à S

1910, p. 101. — Dlj.vrric de la Rivière, Du séjour temporaire des enfant- bors de leur famille, tant en France qu'à l'étranger, Pari?, 1912.

1. Plantet et Delpy, fer Congrès des Colonies de vacances, Paris, oct. 1910.

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