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ROLE DU MEDECIN DANS LE CHOIX DES CARRIÈRES

dans un atelier, certains travaux, comme ceux de broderies et de dentelles qui exagèrent les attitudes défectueuses, le port de fardeaux lourds, doivent être déconseillés.

Le pied plat, qui est d'observation commune, rend l'enfant impropre aux professions qui nécessitent de longues marches (livreurs, chasseurs, facteurs, etc.), ou des stations debout prolongées (bouchers, épiciers, garçons de café, repasseuses, etc.). Ces professions favorisent l'éclosion des accidents du pied plat. Les jeunes sujets atteints de pied plat auront, par contre, tout avantage à devenir employés de bureau ou à entrer dans une administration.

2° Les rhumatisants présentent une sensibilité particulière au refroidissement et à l'humidité. On devra donc leur éviter les métiers tels que celui de blanchisseuse pour les filles, de tonnelier ou de cocher pour les garçons.

3° Les maladies de l'appareil circulatoire nécessitent une grande prudence dans le choix d'une carrière.

Les jeunes sujets atteints de lésions cardiaques doivent se conformer à une hygiène rigoureuse, habitation saine, aérée, séjour au grand air, etc. Lorsqu'ils présentent des lésions valvulaires simples, on peut autoriser une profession nécessitant un exercice musculaire modéré, mais il faut leur interdire tout métier comportant des marches prolongées, la montée fréquente d'escaliers ou le port de fardeaux (télégraphistes, livreurs, etc.).

Les enfants qui présentent une tendance aux varices devront choisir une profession qui ne soumette pas leurs parois veineuses à une pression sanguine anormale. Les varices se manifestent en effet, surtout chez les individus obligés de demeurer longtemps debout : garçons de café, compositeurs d'imprimerie, blanchisseuses, etc.

4° Les troubles des organes sensoriels interdisent plusieurs professions. Les sujets qui présentent des troubles auditifs devront éviter les métiers trop bruyants : serrurier, maréchal ferrant, forgeron, emballeur, etc. ; ceux qui sont atteints de myopie ne pourront entreprendre un métier qui exige un effort continuel de la vue: les fillettes ne deviendront ni brodeuses ni dentellières; les garçons ne seront point typographes.

5° Les affections du système nerveux jouent un rôle très important au point de vue de l'avenir des enfants et, dans un chapitre précédent, nous avons déjà eu l'occasion d'envisager les professions appropriées aux arriérés scolaires (p. 344).

D'une façon générale, les enfants névropathes doivent choisir une profession calme. Leur système nerveux ne saurait sans dommage être mis à l'épreuve d'une façon permanente, comme il est inévi-

table dans le métier de téléphoniste ou de (ileuse de soie par exempta

Les épilep tiques doivent exercer un métier qui ne les expose à aucun danger sérieux au moment d'une crise. On de\ra donc leur interdire tout travail qui nécessite la proximité du feu (chaulïeur, boulanger, verrier, etc.), de l'eau (batelier, maria, etc.) ou qui les obligea monter sur des toits ou des échafaudages (plombier, couvreur, fumiste, maçon, etc.), toute profession qui entraîne des responsabilités (mécanicien, aiguilleur de voie ferrée, etc.).

6° Les affections de la peau, lorsqu'elles atteignent les téguments découverts, constituent une infirmité désobligeante. Il sera donc tout naturel, en pareil cas, de déconseiller aux enfants le choix d'une profession qui les oblige à être en contact permanent avec le public.

7° La tuberculose, enfin, quel que soit son degré, joue un rôle capital, au point de vue du choix d'une carrière. Le nombre des écoliers tuberculeux s'élève, nous l'avons vu, d'après Grancher, à i5 pour ioo environ; or, parmi eux, il en est beaucoup qui, des la sortie de l'école, vont être enfermés, au cours de la journée, dans des ateliers malsains et mal aérés, où ils respireront des poussières de toutes sortes ; puis ils rentreront passer la nuit dans un logement insalubre et également privé d'air. Il n'est malheureusement pas possible de diriger tous ces enfants vers la campagne, maison peut leur éviter certains dangers, en les conseillant bien, au moment de leur entrée en apprentissage.

Les fillettes, surtout dans les ateliers de nos grandes villes, sont exposées à de grands dangers. Comme plumassières. comme fleuristes, comme fourreuses, elles se trouvent dans une atmosphère très préjudiciable à leur appareil respiratoire. Comme repasseuses et blanchisseuses, elles respirent un air vicié par les émanations de poêles au charbon, et d'autre part, elles contractent facilement des bronchites auxquelles les prédispose le refroidissement qui résulte du passage brusque d'une chambre surchauffée à l'air frais de la rue.

Consultations spéciales pour les apprentis et les jeunes ouvriers. — La fréquence des maladies que nous venons d'énumérer justifie pleinement la création des consultations spéciales pour les apprentis et les jeunes ouvriers, en vue de les guider dans le choix d'une carrière. Une semblable consultation fonctionne depuis peu de temps à Paris, à l'hôpital Beau j on, oùelleest annexée au Dispensaire antituberculeux Albert RobinrJ. Siegfried.

Il serait même désirable qu'au sortir de l'école, tout enfant fût,

en présence de ses parents, soumis dans le même but à l'examen du médecin-inspecteur. Les fiches scolaires seraient très utilement consultées par lui ; il pourrait, en toute connaissance de cause, se prononcer, pour chaque enfant, sur les avantages ouïes inconvénients de la carrière qu'il désire embrasser.

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