CHAPITRE
SOMMAIRE. — Maladies infectieuses aiguës et chroniques.
I. Maladies infectieuses aiguës. — Diphtérie. Scarlatine. Rougeole. Rubéole. Varicelle. Variole. Coqueluche. Oreillons. Méningite cérébrospinale à niéningocoques. Poliomyélite épidémique ou maladie de Heine- Medin. Fièvres typhoïdes et paratyphoïdes. Dysenterie. Affections diverses.
II. Maladies infectieuses chroniques. — /" Tuberculose. Fréquence chez les enfants. — A. Hérédité. — B. Portes d'entrée <la bacille tuberculeux. — C. Produits recteurs du bacille tuberculeux. — D. Contagion familiale. Nécessité d'éloigner l'enfant da foyer familial tuberculeux. (Encre de préservation de l'enfance contre la tuberculose fondée par Grancher. Nécessité d'une œuvre de préservation du nourrisson contre la tuberculose. (Encres destinées au.c jeunes gens. — E. Contagion dans les collectivités infantiles. Contagion scolaire : tuberculose îles membres du corps enseignant. — F. Contagion dans îles circonstances diverses : jardins publics, ateliers, hôpitaux, etc. — G. Plun de la lutte contre la tuberculose infantile.
-° Syphilis. — A. Propln/la.cie avant la conception et avant la naissance. — B. Protection des nourrissons. — G. Protection des nourrices. — D. Protection des autres enfants.
Chaque maladie infectieuse possède un mode de contagion, qui lui est propre, et comporte des mesures de prophylaxie particulières.
Il convient d'envisager séparément les maladies infectieuses aiguës et les maladies injectieuses chroniques.
Les maladies infectieuses aiguës 'qui frappent le plus souvent les enfants sont : la diphtérie, la scarlatine, la rougeole, la rubéole,
I. XoBÉCOLRT, loc. Cit. — PllOSPER MehKI.EN, loC. cit. DeSFOSSES Ct
Lag.yne, Prophylaxie des maladies contagieuses, Presse médicale, 12 février 1910.
la varicelle, la variole, la coqueluche, les oreillons, la méningite cérébro-spinale, la poliomyélite épidémique ou maladie de Hetne- Medin, la /îèwe typhoïde et les infections paratyphoïdes, la dysenterie. Nous devons rapprocher de ces infections les conjonctivites, les otites, les stomatites ulcéro-membraneuses et les vulvo-vagmites, assez communes dans les agglomérations d'enfants.
i° Diphtérie. — La diphtérie est fréquente à toutes les périodes de l'enfance. Chez les écoliers, elle se manifeste habituellement par une angine dont on connaît les caractères ; chez les nourrissons, par une laryngite (croup) ou par un coryza qui peut paraître banal.
Le médecin doit toujours songer à la diphtérie en présence d'une angine blanche et même d'une angine rouge en milieu épidémique (Sanné, L. Martin), en présence d'une toux rauque, d'une voix ou d'un cri enroués, en présence enfin d'un coryza persistant.
La transmission de la diphtérie s'effectue par contagion directe et par contagion indirecte. Les mesures de prophylaxie qui s'imposent sont V isolement du malade, Y éviction des frères et des sœurs, l'injection préventive de sérum antidiphtérique, la désinfection à l'école et chez les parents.
L'éviction du malade comporte, d'après le règlement de 191 2, une durée de 3o jours après la guérison clinique constatée par certificat médical. Ce délai peut être abaissé si deux ensemencements, opérés à huit jours d'intervalle, sont négatifs. Chez le nourrisson, on pratiquera les ensemencements avec les sécrétions nasales et naso pharyngées.
Le maintien de l'éviction tant que la gorge contient du bacille de Lœlïler est justifié par sa persistance, très variable suivant les cas, à la surface des muqueuses. D'après L. Martinet Vaudremer '. dans les deux tiers des cas, les bacilles ont disparu de la gorge après trois semaines ; dans un tiers des cas. ils persistent plus longtemps, bien qu'ils soient rarement virulents; parfois même en retrouve le bacille pendant deux et trois mois. Eu pareil cas, il n'existe pas de règles précises pour apprécier l'opportunité d'une éviction indéfiniment prolongée, nuisible à l'instruction de l'enfant.
Si le contrôle bactériologique est impossible, il convient, en général, en tenant compte de ces données, de maintenir l'isolement
1. L. Martin et Vaudremer, La déclaration des maladies transmissibles, les mesures qu'elle doit provoquer, Rapport au Ie* congrès des médecins sanitaires. Paris, novembre 1909.
pendant quatre semaines dans les diphtéries bénignes, pendant six semaines dans les diphtéries graves.
Pour hâtef la disparition des germes, on fait pratiquer, malin rt soir, des lavages de gorge à l'eau bouillie, des badigeonnages des amygdales avec la solution iodo-iodurée de Gram et des in-til- «Jalions dans les narines d'huile goménolée ou résorcinée à i pour ioo i. On peut encore faire sucer tous les jours à l'enfant une douzaine de pastilles de sérum antidiphtérique, à la fois antitoxique et antibactérien, ou bien lui insuffler, trois ou quatre fois par jour, dans le nez du sérum desséché pulvérisé, comme le propose Dopter, au moyen d'un appareil spécial muni d'une canule eu verre individuelle et d'une poire en caoutchouc. Cet appareil, ainsi que le sérum desséché, sont fournis par l'Institut Pasteur.
L'éviction des frères et des sœurs doit, d'après le règlement, être prolongée pendant i5 jours après lisolemenl du malade, sauf production d'un certificat bactériologique établissant que deux ensemencements, faits à huit jours d'intervalle, ont donné des résultats négatifs.
Le délai de i5 jours ainsi fixé est arbitraire, car la période d'incubation de la diphtérie a une durée très variable. Il serait préférable de soumettre simplement les enfants de l'entourage à un examen journalier, de pratiquer systématiquement la désinfection de leur gorge, de leur nez et de contrôler leur innocuité à l'aide d'ensemencements répétés.
Les examens bactériologiques permettent généralement de fournir une réponse catégorique, à condition de différencier les bacilles courts des bacilles pseudo-diphtériques. Danslesécoles delà ville de Paris les ensemencements sont pratiqués par le laboratoire municipal, qui fait des prélèvements sur tous les élèves suspects, lorsqu'un cas de diphtérie a été signalé.
Si les enfants présentent des bacilles diphtériques ou s'ils ne peuvent èlre surveillés, on aura recours, surtout au-dessous de 3 ans, aux injections préventives de sérum antidiphtérique* à la dose de 5 à io centimètres cubes, suivant l'âge. Ces injections son! inoffensives ; il convient toutefois de ne pas en abuser, pour ne pas créer un étal anaphylactique.
hiiilradermo-rcaclion à la toxine diphtérique, imaginée par Schick en iqi3, permet, d'après cet auteur, de reconnaître les sujets naturellement réfractaires à la diphtérie et de limiter llnjec
i 11 ri3 faut pas employer le menthol chez les nourrissons, car il peut provoquer des accidents.
tion préventive aux sujets réceptifs, chez lesquels seuls elle est positive. Cette donnée a été confirmée aux Etats-Unis par Park et Zingher; en France par Jules Renault et Pierre-Paul Lévy '. Toutefois, l'indication fournie par la réaction de Schick est inutilisable en cas d'épidémie à marche rapide. Sa recherche, d'autre part, ne supprime pas celle des porteurs de germes, car on les trouve aussi bien parmi les sujets réfractaires que parmi les réceptifs (Jules Renault-).
La vaccination antidiphtérique qui confère une immunité active au lieu de l'immunité passive fournie par la sérothérapie, comportera peut-être un jour des applications pratiques. Malheureusement l'immunité n'est réalisée qu'après un et parfois plusieurs mois, et, par suite, la méthode est inapplicable en temps d'épidémie.
La désinfection à l'école et chez les parents se pratique suivant les règles exposées dans le chapitre précédent. Elle portera principalement sur les linges et les objets souillés.
Les mesures de prophylaxie, que nous venons d'envisager, ont été longuement discutées en 1920 à la Société de pédiatrie, à la suite d'un rapport présenté par Harvier au nom d'une commission composée de Martin, Méry, Gillet, Halle et Weill-Hallé.
Outre l'isolement rigoureux de tous les malades contagieux, des convalescents et d'une large application de la sérothérapie préventive, la Société de pédiatrie réclame une modification de la loi du 10 février 1902, pour rendre obligatoires la désinfection et la déclaration précoce non seulement des diphtéries confirmées, mais encore des diphtéries frustes.
20 Scarlatine. — La scarlatine, rare dans les crèches, est commune dans les écoles. Sa contagion est à la fois directe et indirecte. car son germe est très résistant. On doit donc prescrire l'isolement du malade, de ses frères et sœurs, ainsi que la désinfection à l'école et au domicile familial.
La contagiosité de la scarlatine, qui s'exerce peut être déjà vers la fin de la période d'incubation, existe sûrement pendant la période d'invasion, c'est-à-dire 1 ou 2 jours avant l'éruption. Elle persiste, suivant les auteurs, soit jusqu'à la fin de l'éruption, soit jusqu'à la fin de la desquamation et même au delà. Les faits de contagion réalisée après 60, 70, 77 jours (Sorensen Ustved) sont exceptionnels
1. Jules Renault et P. -P. Lévy. Sur la diphtérine-réaction (réaction de Schick) ; Annales de médecine, t. VII, n° i, 1920.
2. Jules Renault et P. -P. Lévy, Académie de médecine, 10 février 1920.
et douteux. Le rôle des squames épidermiques dans la diffusion du contage n'est plus guère admis. C'est dans la salive, dans Les sécrétions nasales et pharyngées que le germe conserve sa vitalité.
La durée de {éviction du malade est fixée, par le règlement, à .\o jours, comptés du début de la maladie. La réadmission ne peut être prononcée que sur présentation d'un certificat médical constatant que la desquamation est terminée et que l'enfant a pris un bain.
Ce délai est ou trop long ou trop court, suivant les cas. Quand la scarlatine est compliquée, en particulier d'une infection pharyng ou d'une otite, il est parfois nécessaire de prolonger l'isolement pendant deux et même trois mois (Netter).
L'éviction des frères et des sœurs sera de 8 jours, lorsque le malade a été isolé, car l'incubation de la scarlatine varie de (\ à 7 jours. Les enfants qui ont déjà eu la scarlatine doivent être soumis à la même règle, car ils peuvent, bien qu'immunisés, être des porteurs de germes.
Pour pratiquer une prophylaxie rigoureuse, il faut, en temps d'épidémie, se méfier des formes frustes et des angines rouges qui peuvent être la seule manifestation de la maladie.
3" Rougeole. — La rougeole, très fréquente dans les crèches et dans les écoles, est causée par un virus très diffusible. Elle est contagieuse déjà 3 ou ^ jours avant l'éruption ; aussi le médecin doit-il dépister les symptômes de la période d'invasion, la fièvre, la touv. sèche, incessante et pénible, la rougeur des yeux, le larmoiement, le coryza et faire isoler immédiatement le malade. Le signe de Koplik présente une réelle valeur diagnostique.
La rougeole se transmet pratiquement par contagion direct* . le virus morbi lieux n'a qu'une très faible vitalité en dehors de l'organisme humain. La contagion indirecte est possible, d'après Grancher, mais, pour qu'elle se réalise, il faut d'une part que le contact ait été prolongé entre l'intermédiaire et le malade, d'autre pari qu'un intervalle très court se soit écoulé entre le moment où l'intermédiaire a pris le germe et celui où il le transmet au futur malade. Ces conditions ne se rencontrent guère en pratique scolaire.
Pour ces raisons, La désinfection que la loi de 1902 rend obligatoire est inutile.
JJéviction du malade doit.d'après le règlement, durer i(i jours après lèdébut de l'éruption. Cette durée de l'isolement pourrait être diminuée, car la contagiosité cesse avec la disparition de l'éruption et
peut être même encore plus lot. Quelques exceptions à cette règle ont été signalées, en particulier par Hutinel et L. Martin, qui, dans un cas, ont vu la contagion se faire onze jours après le début de l'éruption ; mais il ne faut pas tenir compte de ces faits en pratique. L'éviction des frères et des sœurs est fixée à 18 jours après l'isolement du malade. Ce délai est justifié pour le nourrisson, chez. lequel l'incubation de la maladie est longue ; il pourrait être réduit à i4 jours pour les écoliers. Chez ceux-ci, en effet, on compte, en général, à partir du moment de la contagion, 8 à 10 jours jusqu'au début de la période d'invasion, i3 à i5 jours jusqu'au début de l'éruption.
[\° Rubéole. — La rubéole est surtout une maladie de la moyenne et de la grande enfance. Il convient de lui appliquer les mêmes règles prophylactiques qu'à la rougeole.
La durée de l'éviction du malade de ses frères et de ses sœurs est la même pour ces deux maladies, d'après le règlement.
Mais ici encore, l'isolement exigé est trop prolongé. Il suffirait, quand l'affection a été bénigne, d'éloigner le malade de l'école pendant 8 ou io jours, ses frères et somrs pendant i4 ou i5 jours. L'incubation delà rubéole, en effet, ne dépasse pas habituellement i4 jours, et les observations, comme celles d'Aviragnet et Apert, dans les quelles l'incubation fut de 2 à 3 semaines, sont exceptionnelles.
5° Varicelle. — La varicelle se propage par contagion directe. Le virus étant peu résistant, il n'y a pas de contagion à distance, sauf peut-être dans une zone très restreinte. La désinfection n'est pas nécessaire.
L'éviction du malade est fixée à 16 jours après le début de la maladie. Cette durée est tantôt trop longue, tantôt trop courte ; en pratique, le mieux serait de maintenir l'isolement jusqu'à la disparition des croutelles, laquelle s'effectue généralement au bout de 8 ou io jours.
L'éviction des frères et des sœurs est fixée à 18 jours, car l'incubation, qui est en moyenne de i.\ jours, peut varier entre il et 17 jours.
6° Variole. — La variole est rare depuis que la vaccination est pratiquée régulièrement. Les enfants ne sont, en effet, admis dans les crèches et dans les écoles que sur production d'un certificat de vaccine. Néanmoins la vaccination n'est pas encore aussi généralisée en France qu'elle devrait être.
Le virus de la variole, très résistant cl 1res diffusible, se trouve dans le contenu des pustules et dans les sécrétions bucco-pharyngées. Il se propage par contagion directe cl indirecte. Aussi convient-il d'avoir recours à ['isolement du malade et à la désinfection de l'école et du domicile familial.
h' éviction du malade est fixée par le règlement à 'io jours comp tés du début de la maladie et la réadmission ne peut être autorisée que sur présentation d'un certificat médical constatant qu'il n'existe plus de croûtes et de squames et que l'enfant a pris un bain ; dans le cas contraire, l'isolement sera prolongé.
L'éviction des frères et des sœurs doit être de 18 jours à partir du dernier contact avec le malade. L'incubation de la variole toutefois ne dure que 8 à i4 jours.
La vaccination constitue la mesure prophylactique la plus efficace. En temps d'épidémie on vaccine les nouveau nés dès le huitième ou le dixième jour, comme on le fait d'ailleurs en temps normal dans les Maternités. Mais cette vaccination précoce ne réu^-ii pas dans un grand nombre de cas { ; aussi est-il préférable, lorsqu'on le peut, d'attendre pour la pratiquer que l'enfant soit âgé de six semaines.
La revaccination est obligatoire pour tous les enfants et pour le personnel lorsqu'un cas de variole est survenu dans une collectivité. D'autre part, même en labsence d'épidémie, elle doit Être pratiquée régulièrement tous les 8 ou 10 ans ; on admet, en effet, que l'immunité, très variable d'un sujet à l'autre, a une durée moyenne de sept ans.
Pratiquée pendant l'incubation de la variole, la vaccination peul exercer sur son évolution une influence d'autant plus favorable que l'élément vaccinal apparaît-plus longtemps avant les premiers symptômes.
7° Coqueluche. — La coqueluche se transmet par contagion directe ; la contagion indirecte est discutable.
L'époque de la contagion, pour les classiques, est surtout la période des quintes. Actuellement beaucoup de médecins soutiennent au contraire que la coqueluche est déjà contagieuse avant l'apparition de ces dernières, c'est-à-dire dès sa première phase. Pour E. Weill même, la maladie cesserait d'être transmissible huit jours après l'apparition des quintes.
i. Boiss.vrd, Le nouveau règlement sur la vaccination chez le nouveau-né, JltiU.de la Soc. d'Obst.de Paris, (5juin uni. — Bonnajre, Discussion sur la vaccination précoce du nouveau-né, idem, 7 juillet iqii.
La coqueluche est malheureusement difficile à reconnaître au début. Elle se manifeste en effet d'abord par une période catarrhale, d'une durée de ioou iô jours, présentant les symptômes d'uue infection banale des voies respiratoires supérieures. Cependant, au bout de quelques jours, la toux est plus quinteuse, plus tenace que dans les affections ordinaires.
Quoi qu'il en soit, dès le diagnostic posé, on doit ordonner l'isolement du malade. Il est prudent ensuite de prescrire la désinfection.
L'éviction des malades, d'après le règlement, doit être prolongée pendant 3o jours après la disparition définitive des quintes spasmodiques, constatée par certificat médical. Cette constatation est malheureusement difficile à établir, car, à la période terminale, les quintes sont rares et espacées.
D'autre part, la toux peut persister et garder un caractère coqueluchoïde, sans que le germe de la coqueluche soit encore en jeu. Il en est ainsi dans certaines coqueluches prolongées ou au cas de complications tardives : tuberculose pulmonaire, adénopathie trachéobronchique, infections naso-pharyngées ou broncho-pulmonaires. \ la suite de la coqueluche, certains enfants même présentent une toux persistante, véritable tic coquelachoïde (Lesage et Collin l).
En tout cas, l'éviction prescrite par le règlement est trop longue, car au moment où les quintes disparaissent, la coqueluche n'est plus contagieuse.
L'éviction des frères et sœurs est fixée à 21 jours à dater de leur séparation avec le malade. La période d'incubation de la coqueluche dure, en effet, 6 à 7 jours, et la première période catarrhale, 10 à iô jours.
8° Oreillons. — Les oreillons sont exceptionnels au-dessous de 2 ans. Ils constituent surtout une maladie scolaire, car leur maximum de fréquence est de 5 à i5 ans.
Le germe des oreillons a une diffusibilité restreinte et une résistance faible ; il se transmet surtout par contagion directe, encore faut-il un contact prolongé ou des contacts répétés.
L' isolement du malade est donc nécessaire.
La contagion indirecte est très rare, mais sa possibilité justifie les mesures de désinfection quand plusieurs cas se succèdent.
La durée de la période contagieuse est très discutée. Pour certains auteurs, les oreillons sont contagieux pendant toute leur évolution ;
1. Lesage et Collin, Sur la persistance de la toux dans la coqueluche. Evolution vers le tic coqueluchoïde, Gazette des hôpitaux, janvier 191 1, no -y.
4(i'2 PROPHYLAXIE DES MALADIES INFECTIEUSES
pour d'autres, seulement au début et même i ou 2 jours avant l'apparition des premiers symptômes. En réalité, les oreillons semblent surtout transmissihles durant les périodes d'invasion et de tuméfaction parotidiennes.
L'éviction du malade est fixée par le règlement à 21 jours, mais ce délai est en général trop long, car les oreillons guérissent habituellement en une huitaine de jours.
L'éviction des frères et sœurs doit être de 2 4 jours après l'isolement du malade. La période d'incubation de la maladie est, en effet, de trois semaines.
9° Méningite cérébro-spinale à méningocoques. — La méningite cérébro-spinale à méningocoques s'observe surtout chez les enfants au-dessous de 10 ans (90,5 pour 100 des cas, d'après Flatter). C'est une maladie épidémique dont le mode de transmission prête encore à de nombreuses discussions *.
La contagion directe par le malade lui-même se produit assez rarement.
Le rôle le plus important dans la dissémination des méningocoques est dévolu aux sujets sains porteurs de germes dans leur rhino-pharvnx, où ils déterminent une inflammation spécifique, une rhino-pharyngile méningococcique (Dopter).
La contagion indirecte par l'intermédiaire des objets, des vêtements, etc., est rare, car le méningocoque est rapidement détruit en dehors de l'organisme.
Ces notions montrent que les mesures prophylactiques dictées par les règlements ne sont pas toutes également justifiées. Elles n'en doivent pas moins être prises, car il s'agit d'éviter une maladie encore redoutable malgré les bienfaits de la sérothérapie antiméningococcique.
L' isolement du malade est indispensable. Il faut se méfier des formes frustes et isoler tout enfant qui présente des symptômes méningés même mal caractérisés.
L'éviction du malade est fixée par le règlement à io jours après la guérison clinique constatée par certificat médical. La réadmission à l'école ne peut avoir lieu que sur attestation que l'enfant n'esl pas atteint de coryza chronique rebelle consécutif à la maladie. Ce délai peut être abaissé, s'il est établi par certificat bactériologique que deux
1. Gh. Dopter, La contagiosité delà méningite cérébro-spinale, La Pressï mâlicale, 17 décembre IQ13, p. 1035,
ensemencements opérés à huit jours d'intervalle avec le mucus du rhino-pharynx n'ont pas décelé de méningocoques.
L'éviction des frères et des sœurs est fixée à 28 jours, sauf production d'un certificat établissant les mêmes constatations bactériologiques.
On pratiquera la désinfection des locaux et des objets souillés par les sécrétions naso-pharyngées.
La recherche systématique des porteurs de germes est nécessaire- On les isolera s'il est possible et on poursuivra la destruction des méningocoques qu'ils hébergent dans leur nez et dans leur pharynx, au moyen de gargarismes à l'eau oxygénée, de badigeonnages à la glycérine iodée, d'inhalations antiseptiques. "N incent et Bellot recommandent de pratiquer ces dernières trois fois par jour pendant deux minutes, en inhalant lentement et alternativement par chaque narine le mélange suivant :
Iode 20 grammes.
Gaïacol 2 —
Acide thymique. ... o gr. 20
Alcool à Go° 200 grammes.
Ce mélange est versé dans une petite tasse plongeant elle-même dans de l'eau chaude et maintenue par un support métallique.
On pourra également insuffler trois ou quatre fois par jour, dans le nez et dans le pharynx des porteurs de germes sains ou convalescents, du sérum antiméningococcique desséché, pulvérisé avec un appareil analogue à celui utilisé pour le traitement des porteurs de germes diphtériques. Ces insufflations ont été employées avec de bons résultats par Carnot en 1 910 à l'hôpital militaire Champbeauvert ; elles permettraient de réduire l'isolement à une dizaine de jours (Cayrel ') ; mais leurs effets sont inconstants.
io° Poliomyélite épidémique ou maladie de Heine-Medin. — Les épidémies récentes de poliomyélite épidémique ou maladie de Heine-Medin ont montré la nécessité d'avoir recours à des mesures prophylactiques énergiques.
La contagiosité de la maladie est établie par un certain nombre défaits (Cordier, Medin, Leegard, YYickman, etc. -.). La contagion peut être directe et, dans ce cas, on peut suivre les étapes de l'épidé-
1. Cayrel, Traitement des porteurs de méningocoques par le sérum antiméninjococcique desséché, Soc. méd. des hôpitaux, 18 mai 1917.
2. G. Schreiber, La poliomyélite épidémique. Thèse de Paris, 191
mie dans une école, une famille, elc. Plus généralement elle est indirecte et s'effectue surtout par l'intermédiaire des sujets sains porteurs de i/ermes. Le médullo-urus, comme le méningocoque, se développe surtout dans les sécrétions naso-pharj ngées.
Ces notions commandant ['isolement des sujets atteints et la déûinfection des objets souillés. En outre, en temps d'épidémie, on pratiquera chez les enfants malades et chez les suspects, des lavages antiseptiques ou des badigeonnages de la gorge à l'eau oxygénée et on désinfectera les cavités nasales avec de l'huile gomérolée ou résorcinée.
L'éviction des malades, réclamée par Netter ', est fixée à 3o jours après le début de la maladie.
L'éviction des frères et sœurs doit être de 28 jours après isolement du malade. La période d'incubation, en effet, habituellement de 1 à 4 jours, paraît pouvoir durer parfois 27 jours (Wickman). Les recherches expérimentales confirment ces variations. Chez le singe, l'incubation moyenne est de 7 à 11 jours, mais elle peut être plus courte (4 jours) ou plus longue (46 jours).
Le licenciement de l'école est parfois nécessaire, à la campagnetout au moins. L'école semble, en effet, avoir joué un rôle primordial, au point de vue de la contagion, clans certaines épidémies, telles que celles de ïràstena, Gardsby, Tingsryd, etc., observées en Suède par Wickman.
ii° Fièvres typhoïdes et paratyphoïdes. — L;> fièvre hphoide et les infections paratyphoïdes s'observent surtout au delà de 5 ans. La contagion directe est rare. Assez souvent interviennent des sujets sains porteurs de germes. Le plus habituellement la Iranmission s'effectue par l'intermédiaire des aliments, par l'eau de boisson, par un lait coupé avec de l'eau contaminée, par du lait souillé par un porteur de germes.
L'éviction du malade est [\\vc par le règlement à 28 jours après la guérison constatée par certificat médical.
L'éviction des frères et des sœurs doit être de 21 jours à la suite de l'isolement du malade. L'incubation variant habituellement entre 8 et 10 jours, on voit que le chiffre précédent esl arbitraire.
Etant donnés les modes de transmission, l'éviction systématique des frères et sœurs, de même que celle du malade après sa gué rison (réserve faite de la nécessité d'une convalescence), parait, inu-
1. Netter, Prophylaxie des maladies contagieuses dans les écoles, Revue d'hygiène
et de police sanitaire, 1912, 11" 3.
tile. On pourrait se borner à éloigner de l'école les sujets porteurs de germes, mais il faut alors des recherches bactériologiques difficiles ou impossibles à poursuivre.
En temps d'épidémie, on pourra avoir recours à la vaccination antitypho-paratyphique (T. A. B.), que les enfants supportent bien. Les vaccins stérilisés par la chaleur ou par l'élher s'emploient chez les enfants de la façon suivante (Alliot ') :
ire
injection
o cm3
ae
OO
Le lipo-vaccin de Le Moignic est utilisé en une seule injection des doses suivantes :
3 ans o cm3 2
io à i3 ans o — 5
ii à i(3 ans o — 8
Adultes i — o
12° Dysenterie. — La dysenterie, peu commune chez les enfant-. est habituellement, en France, de nature bacillaire'2.
D'une façon générale la dysenterie peut se transmettre par contagion directe d'homme à homme ou par contagion indirecte par l'intermédiaire des objets ou milieux souillés.
L'isolement du malade et la désinfection des linges souillés, des vêtements, des chaussures et surtout desselles sont indispensables.
L'enfant convalescent ne pourra retourner à l'école que lorsque ses fèces ne renfermeront plus de bacilles dysentériques, si l'on peut s'en assurer. Sinon l'éviction du malade, comme pour la fièvre typhoïde, doit être prolongée 28 jours après la guérison constatée par certificat médical.
h' éviction des frères et sœurs est fixée à 21 jours. Ces mesures ne paraissent guère justifiées. Pour Dopter il suffit par prudence de prolonger l'isolement du malade pendant une dizaine ou une quinzaine de jours après que les selles seront redeveuues complètement normales.
La dysenterie amibienne a été observée, en France, chez le nour-
1. Alliot, Prophylaxie antitvphoïdique et antiparat\phoïdique chez les adultes et les enfants, Paris médical, 2 août 1 g 18, n° 3i,p. 100.
2. Ch. Dopter, Prophylaxie de la dysenterie bacillaire, Paris médical, 1916, p. 2o3.
UYGIÈNE SOCIALE DE l'eMAM'E 3o
risson et chez l'enfant parmi certain nombre de médecins (Lésa ot Bohillier d, Lesné et Ramond, Apert 2). Le cas échéant on devra pratiquer des examens bactériologiques répétés des selles. Les enfants porteurs d'amibes ou de kystes seront soumis au traitement mixte émétino-arsénieal ; les mesures de prophylaxie prescrites contre fa dysenterie bacillaire seront appliquées aussi longtemps que les examens de laboratoire seront positifs.
i3° Affections diverses. — A côté des maladies précédentes il en est d'autres qui ne sont pas officiellement reconnues coula gieuses, mais qui nécessitent des précautions spéciales dans 1< collectivités infantiles.
Certaines conjonctivites, telles que la conjonctivite blennorragique qu'on observe surtout dans les crèches et la conjonctivite granuleuse ou trachome, sont contagieuses. Cette dernière nécessite l'éviction du malade jusqu'à guérison, mais ses frères et sœurs peuvent continuer à fréquenter l'école.
Les otites sont assez communes dans les crèches et dans les écoles. Lorsqu'elles sont suppurées, il est prudent d'exclure l'enfant .
La stomatite ulcéro- membraneuse est contagieuse et nécessite l'éviction du malade jusqu'à guérison.
Les affections à pneumocoques peuvent également être conta gieuses, ainsi que l'un de nous l'a montré avec J. Paraf et H. lionnet 3 ; on peut en particulier observer dans les crèches des pneumococcies épidémiques responsables des rhino-pharvngiles. des angines, des broncho-pneumonies, des pleurésies purulentes qui atteignent les bébés ou les lemmes qui les soignent. Ces constatations imposent l'isolement individuel des sujets atteints d'infections à pneumocoques et l'emploi éventuel du sérum anlipneumococcique à litre préventif, comme le recommande Apert1.
La vulvo-vaginile à gonocoques est assez fréquente chez les petites filles, en particulier dans les crèches. La contagion s'effectue par l'intermédiaire d'objets de toilette communs, de thermomètres, etc. Il faut donc exercer une surveillance attentive à ce sujet.
i. A. Lesage etC. Bobilliek, La dysenterie amibienne chez les tout petits enfants, La Pédiatrie pratique, i5 novembre ioi3.
2. E. Lesm'; et L. Ramond, Dysenterie amibienne autochtone chea un enfant, Soc. de Pédiatrie de Pari*, ao mai 1919. — A.peht, id,
3. P. Nobécoiut, .1. Paraf et II. Bohhet, Recherches épidémie-logiques sur les affections à pneumocoques du nourrisson, Presse médicale, 19 mai [9