‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 163 sur 212 · DANGERS DU TRAITEMENT COLLECTIF DES ENFANTS · texte numérisé non relu

DANGERS DU TRAITEMENT COLLECTIF DES ENFANTS

n'y règne pas une hygiène rigoureuse ; la salle commune est un foyer permanent de contagions contre lesquelles il est difficile de lutter.

A. Infections secondaires et associations morbides. —

Les maladies spécifiques contagieuses, la rougeole, la coqueluche, la diphtérie, etc., ont généralement une évolution plus régulière en ville qu'à l'hôpital, où elles se terminent plus souvent par la mort. Celle-ci est fréquemment le fait, non de la maladie première, mais des infections secondaires qui viennent la compliquer ou d'autres maladies. Comme le déclarait, après bien d'autres, Àrchambault en 1880 : à l'hôpital des Enfants-Malades « on meurt de la maladie qu'on y prend et non de la maladie pour laquelle on y entre ».

Ces infections secondaires et ces associations morbides résultent des contaminations de malade à malade. Elles ne se réalisent pas seulement pour les maladies considérées habituellement comme contagieuses, rougeole, scarlatine, diphtérie, etc., elles s'observent aussi pour les injections banalesel celles-ci sont également transmissibles . Les infections les plus simples de l'appareil respiratoire, les infections intestinales, les infections cutanées, etc., sont susceptibles de passer d'un sujet à l'autre, en provoquant des affections semblables ou différentes de la première.

En même temps que leur transmission, on constate dans le milieu hospitalier l'aggravation des maladies infectieuses, spécifiques ou non spécifiques, par leur développement en série (U.\il'uie\), qui exalte la virulence des germes.

13. Modalités de la contagion hospitalière. — La contagion hospitalière s'effectue surtout par l'air et par te contact.

a. Co?!tagiov par l'air. — La contagion par l'air a longtemps été considérée comme la plus importante (Dieulafoy, Richard et Sevestre). Actuellement la plupart des auteurs, à la suite de Grancher, ne lui attribuent qu'unrole secondaire.

Les poussières atmosphériques des salles de malades sont très riches en bactéries On y rencontre surtout les microbes ordinaires des fermentations (bacilles lactiques, butyriques, etc.), des levures, des champignons, le bacillus sublilis, le streptothrix,etc. Les germes virulents y sont, par contre, assez exceptionnels. La plupart des agents spécifiques des maladies contagieuses sont peu résistants et n'ont en dehors de l'organisme qu'une existence de courte durée. Cependant les poussières contiennent parfois des microbes de la suppuration, comme le staphylocoque, ou même le bacille de Koch ; la transmission de ces germes par l'air semble ne pouvoir s'effectuer qu'à de très faibles dislances et à condition qu'ils soient enrobés

dans des particules de mucus solides ou liquides (gouttelettes bacil- Ufères de Fliigge).

Quant à l'air expiré par les malades, sans expulsion de mucosités, il est amicrobien (Tyndall, Strauss, Granchcr, Charria, etc.).

b. Contagion par le contact. — Comme nous l'avons indique'dans un précédent chapitre (p. 437), la contagion par le contact, de beaucoup la plus importante, se l'ait soit directement, de malade à malade, soit indirectement par l'intermédiaire des médecins ou des infirmiers, par les objets communs à plusieurs malades, etc. Dans certains cas, l'intermédiaire peut être un insecte, une mouche, une punaise, une puce, etc. Ces données imposent des mesures prophylactiques que nous exposerons plus loin.

C. Rôle de l'encombrement. — De tout temps les médecins ont remarqué que, dans les salles, les maladies sont d'autant plus sévères et les contagions d'autant plus fréquentes que le nombre des malades y est plusélevé. Le fait s'explique par la plus grande facili té des contacts quand les malades sont trop serrés, quand le personnel devenu insuffisant néglige les précautions nécessaires. Il s'explique égalementpar l'exaltation de la virulence des germes lorsqu'une salle est occupée sans discontinuité et sans être soumise aux lavages, aux désinfections et à l'aération indispensables pour les détruire.

Enfin l'air des salles est rapidement vicié, lorsque le cube d'air réservé à chaque malade devient insuffisant.

2° Vulnérabilité des enfants. — Les risques de la contagion sont plus grands pour les enfants que pour les adultes (p. 430) : nous avons déjà vu que chaque période de l'enfance présente à cet égard quelques particularités (p. 44o).

A. Prématuré. — Le prématuré est particulièrement difficile à élever dans le milieu hospitalier. Son tube digestif étant inachevé, les troubles gastro-intestinaux sont fréquents. Sa peau et ses muqueuses s'irritent sous l'influence des causes les plus minimes et deviennent perméables aux germes pathogènes qui envahissent rapidement la circulation lymphatique et le sang. Aussi les infections sont-elles fréquentes: dermites, ophtalmies, otites, abcès, etc., de même que rhinites, broncho-pneumonies, infections gastro-intestinales. Presque toutes deviennent rapidement graves et même mortelles.

Grâce à l'isolement, à l'emploi restreint de la couveuse, à la cure d'air, à l'allaitement naturel bien réglé. Ilulinel et Delestre ', aux

i. Hutinel et Delestre, Les couveuses aux Enfants- Assistés, Revue des maladies de l'enfance, déc. 1899.

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