DANGERS DU TRAÏTEMEM COLLECTIF DES ENFANTS
Enfants-Assistés, ont fait tomber la mortalité à 1 5,4 pour ioo sur i36 prématurés.
B. Nouveau-né. — Le nouveau-né normal est plus résistant que le prématuré ; il s'infecte toutefois facilement. Pour lui, un agent pathogène redoutable est le streptocoque de l'infection puerpérale (p. 44o). Il se trouve en outre exposé aux mêmes dangers que le nourrisson.
C. Nourrisson. — Le nourrisson placé dans le milieu hospitalier y contracte facilement des infections varices.
Les infections de l'appareil respiratoire, extrêmement fréquentes, donnent souvent naissance à des broncho-pneumonies, dont le pronostic est particulièrement grave à l'hôpital, et à des otites.
Des infections cutanées dues en général au streptocoque ou au staphylocoque apparaissent très souvent. Ces pyodermites se manifestent par de Vimpéligo, de Yecthyma, ou des abcès sous-cutanés multiples. Elles peuvent se compliquer de lymphangites, d'adénites, de bronchopneumonies et même donner lieu à des sep/icémies. L'entrée à l'hôpital d'un eczémateux, quand il est rachitique ou porteur d'une hypertrophie du thymus, peut entraîner rapidement sa mort.
Les affections gastro-intestinales sont favorisées à la fois par la contagion et par l'alimentation défectueuse. Dans la plupart, de nos hôpitaux d'enfants actuels, en effet, les cuisines sont étroites, mal outillées, et, d'autre part, les enfants se trouvent presque livrés à eux-mêmes au moment des repas, faute de personnel.
L'infection, l'alimentation défectueuse, l'insuffisance du personnel, le défaut d'insolation, le séjour prolongé au lit, expliquent les mauvais résultats de l'hospitalisation des nourrissons; celle-ci se traduit par une mortalité de 4oà 5o pour ioo clans la plupart de nos crèches hospitalières parisiennes i.
D. Petit enfant. — Le petit enfant contracte avec une grande facilité dans la salle commune de l'hôpital les maladies contagieuses spécifiques. Si un malade y est admis par erreur pendant l'incubation ou à la phase de début d'une rougeole, d'une scarlatine, d'une coqueluche, d'une diphtérie, il contamine ses camarades ; une épidémie de salle se développe.
Les infections buccales et pharyngées : angines généralement dues aux streptocoques [angines du milieu d'Hutinel), stomatites érythé-
i. H. Triboulet, Rapport sur les améliorations à apporter au fonctionnement des crèches d'hôpital, Bail, de la Soc. de pédiatrie, ig 13, n° 7 F. supplémentaire. Discussion : Nobécourt. Weill-Hallé, Marfan, GuiNON,etc. — G. Sciireiueh, L'Assistance au nourrisson, La Presse médicale, 20 février 1914.
mateuses, pultacécs, plus rarement ulcéreuses ou gangreneuses ; les otites suppurées se contractent facilement par contagion.
Les infections broncho-pulmonaires sont moins fréquentes et moins graves que chez le nourrisson ; ellescompliquent toutefois couramment les fièvres éruptives, la diphtérie et la coqueluche.
Les affections gastro-intestinales et les infections cutanées sont moins à craindre pour le petit enfant que pour le nourrisson. Cependant les (jaleux en traitement présentent parfois des accidents comparables à ceux des eczémateux dont il a été question plus haut. Il n'est pas exceptionnel, en outre, de voir apparaître des érythèmes toxi-infeçtieux, dus principalement au streptocoque (Hutinel, Nobécourl et Pr. Merklen) J, qui peuvent réaliser de petites épidémies.
Enfin les vulve -vaginites ne sont pas rares ; elles sont presque toujours de nature gonococcique et leur transmission est due à l'usage commun de thermomètres, de bassins, etc.
E. Grand enfant. — Le grand enfant se montre de plus en plus résistant aux infections banales du milieu hospitalier à mesure qu'il avance en âge, mais il contracte encore facilement les diverses maladies contagieuses traitées à l'hôpital.
La mortalité, qui résulte des maladies d'origine hospitalière, peut être réduite au minimum, sinon supprimée, par l'isolement individuel et l'antisepsie.
Pourles uns, l'isolement individuel se suffit à lui-même. A l'hôpital Ilérold, dans le service de Lesage, médecins, étudiants, infirmiers vont d'un malade contagieux à un autre sans changer de blouse et sans se laver les mains, à moins qu'ils n'aient été souillés par des mucosités rejetées par un malade qui tousse.
Pour d'autres, et c'était l'opinion soutenue par Grancher, l'antisepsie rigoureuse donne plus de garanties.
En réalité, il ne faut pas opposer l'isolement à l'antisepsie, il convient de les associer.
i° Isolement Individuel. — L'isolement individuel est pratiqué de plus en plus dans les hôpitaux d'enfants, mais il esl rarement encore organisé comme il devrait l'être. Tout enfant admis à l'hôpi
t. Nobécoi rt et Pr. Merklen, Du rôle du streptocoque et dos altérations hépatiques dans la production de certains érythèmes infectieux. Revue des maladies de
l'enfance, juillet 1901.
MOYESS D'EVITER LES DAXGERS
tal devrait être considéré comme suspect d'être en incubation de maladie contagieuse et par conséquent séparé des autres.
L'isolement ne peut être réalisé que dans un hôpital cellulaire. « Seul un boxage complet de toutes les salles sans exception, écrivait l'un de nous 1 en 1911, permettra de soigner les petits malades de l'hôpital dans des conditions analogues à celles de la ville .»
Boxes. — L'isolement individuel est réalisé par le box ; celuici ne doit contenir qu'un seul lit.
Les boxes hospitaliers sont d'origine française. Ils sont encore
Fig. 97. — Box du type Hutinel do l'hôpital maritime de Berck- sur-Mer.
plus répandus chez nous que partout ailleurs. A Paris ils se trouvent dans les hôpitaux suivants : Pasteur, Hérold, Saint-Joseph, Enfants- Assistés, Bretonneau, Trousseau, Enfants-Malades, etc.
Il en existe plusieurs types : box Grancher, box Hutinel, box Pasteur.
Le box Grancher est réalisé par un grillage métallique mobile, dont on entoure le malade à isoler. Il est insuffisant et ne sert guère aujourd'hui qu'à titre de moyen de fortune.
Le box Hutinel, box vitré, installé pour la première fois en 189/4
1. G. Scureiber, La protection des enfants et des nourrissons à Berlin, La Presse médicale, 191 1, n°> 89,93, 9^ et 98.
-aux Enfants-Assistés, est, avec quelques variantes, employé dans la plupart de nos hôpitaux d'enfants (fig. 97). C'est une cellule de 2 m. 5o de longueur sur 2 m. 20 de largeur, cellule sans plafond, ouverte à sa partie supérieure et communiquant par le haul avec les autres boxes.
Les cloisons latérales, vitrées à leur partie supérieure, ont une
Fig. 98. — Les boxes de Y hôpital Pasteur à Paris. La galerie extérieure.
hauteur de 2 m. 3o, mais celle-ci est généralement jugée insuffisante, parce qu'elle n'empêche pas les enfants de se jeter des objets ou des jouets qui peuvent être contagieux.
Les deux autres parois de la cellule sont occupées, l'une par la fenêtre, l'autre par la porte, vitrée également à sa partie supérieure.
Le box du type llulinel réalise un bon isolement. Son nettoyage est facile, car la partie inférieure des cloisons et le sol sont carrelés. Grâce au vitrage transparent, d'autre part, la surveillance des enfants est aisée.
Le box Pasteur, cellule complètement fermée, est beaucoup plus coûteux (fig. 98). A Y hôpital Pasteur, chaque'box constitue une
Moyens d éviter les dangers de l'hospitalisation 497
chambre individuelle de 3 m. 45 de long sur 2 m. 70 de large. Sa construction et son aménagement satisfont à tous les desiderata de l'hygiène hospitalière moderne l (fig. 99).
Un service divisé en boxes n'a jamais besoin d'être fermé, parce qu'il ne s'y produit pas de contagion intérieure. Le séjour des malades est abrégé, parce qu'on évite les infections secondaires et intercur-
Vue intérieure et lavage il un box Pasteur.
rentes. Avec le box Pasteur, il devient même possible de supprimer les pavillons spécialisés pour chaque maladie contagieuse, avantage considérable pour les petits établissements. L'isolement individuel n'exige d'ailleurs pas un personnel plus nombreux que le traitement en salle commune.
20 Antisepsie hospitalière. — L'antisepsie hospitalière a pour base les deux règles suivantes formulées par Martin :
i° Tout ce qui pénètre dans la chambre du malade doit être stérile ou privé du moins de germes nocifs ;
20 Tout ce qui sort de sa chambre doit être aussitôt stérilisé.
1. Martin, Hygiène hospitalière, in Chante messe et Mosnv, Traité d'hygiène, 1906, t. VIII.
hygiène sociale de l ehfance
L'antisepsie hospitalière porte sur le malade lui-même et sur les personnes qui l'approchent ; elle vise la destruction des parasites et des insectes susceptibles de propager les contages ; elle agit sur les matériaux et les objets qui peuvent être souillés.
A. Antisepsie du malade. — L'antisepsie du malade porte „sur la peau, les muqueuses, les sécrétions et les excrétions.
Pour réaliser la propreté de la peau on donne à l'enfant un grand bain, quand il entre à l'hôpital, puis on lui fait revêtir du linge de l'hôpital, tandis que ses vêtements sont envoyés à la désinfection. Pendant son séjour, le malade doit être lavé chaque jour et prendre des bains aussi souvent qu'il est utile. Les soins de la peau comportent également le pansement immédiat des lésions les plus minimes : plaies, abcès, croûtes impétigineuses, etc.
L'antisepsie des muqueuses doit être pratiquée, systématiquement.
L 'antisepsie de la bouche et du bucco-pharynx est réalisée à l'aide de gargarismes ou de lavages avec diverses solutions antiseptiques : liqueur de Labarraque à l\ p. ioo, résorcine à i p. ioo, eau oxygénée à 10 p. ioo, etc.
\J antisepsie du nez et du naso-pharynx s'obtient par l'instillation journalière de quelques gouttes d'huile résorcinée ou goménolée à i p. ioo, de collargol à i p.. ioo, de sérum borate à 3 p. ioo ou par l'introduction d'un peu de pommade (vaseline résorcinée à i p. l\o, vaseline dermatolée à i p. 3o, etc.).
Pour Y antisepsie des yeux on utilise la pommade au précipité jaune à i p. 5o contre la blépharite, les instillations d'un collyre au nitrate d'argent ou au sulfate de zinc à i p. ioo contre la conjonctivite.
Pour I'antisepsie des oreilles on nettoie l'entrée du conduit auditif externe avec un petit tampon d'ouate et on pratique des instillations de glycérine phéniquéeà i p. 3o ou d'alcool à 900.
La désinfection des crachoirs est obtenue par l'cbullition dans de l'eau sodée ou par le passage à l'autoclave.
La désinfection des selles, surtout utile pour les enfants atteints de fièvre typhoïde, de dysenterie, d'affections gastro-intestinales ou de colites aiguës, de tuberculose pulmonaire ouverte ou de tuberculose intestinale, est réalisée par l'emploi de solutions antiseptiques : sulfate de cuivre en solution à 60 p. 1.000 avec addition de 5o p. 1.000 d'acide sulfurique ; lait de chaux qu'on mélange aux selles dans la proportion de 25 à 3o p. 100 ; eau de Javel à la dose de 200 grammes par litre de matières fécales ; chlorure de chaux en poudre à raison de deux cuillerées à soupe par demi-litre de selles liquides ; crésylol