MOYENS D EVITER LES DANGERS DE L HOSPITALISATION
Pour la désinfection du linge, Martin recommande les mesures suivantes :
Chaque salle ou box doit être muni d'un seau pour les serviettes, torchons, etc., et d'une grande poubelle en tôle galvanisée avec couvercle. Les seaux et les poubelles sont transportés chaque jour dans une pièce où on les remplit d'un liquide antiseptique destiné à mouiller le linge, puis celui-ci est versé dans des bacs où il trempe pendant 24 heures pour être essaugé et désinfecté.
L'essaugeage consiste à solubiliser les taches d'albumine au moyen d'un liquide alcalin. Cette opération peut être pratiquée en même temps que la désinfection, il suffit d'ajouter à l'eau des bacs 2 à 4 pour 100 du mélange suivant :
Crésyline.
Lessive de soude du commerce à 3o p. 100 \ aa
Ce mélange agit plus énergiquement si le liquide est porté à 6o°, ce qui est facile lorsqu'on peut avoir recours à la vapeur.
Les mesures précédentes ne sont pas suffisantes. E. Weill * et son élève Dennery ont constaté que le linge s'infecte de nouveau par le contact des mains des infirmiers au cours des diverses manipulations qu'il subit avant de servir à l'habillage de l'enfant. Pour éviter ce danger, Weill emploie, à la clinique infantile de Lyon, du linge préalablement disposé dans des sacs clos ou dans des boîtes métalliques et stérilisé à l'étuve.
A défaut d'étuve, on peut stériliser le linge en employant le fer à repasser à une température de i/jo à 1600, à condition que le linge soit humide.
Pour la DÉSINFECTION DES USTENSILES SERVANT AUX REPAS, On peut
employer le procédé qu'utilisait Grancher dans son service. Les ustensiles sont rigoureusement individuels. L'assiette, le bol, la timbale, la fourchette, le couteau et la serviette de chaque petit malade sont placés dans un petit panier en fil de laiton à plusieurs compartiments. Après le repas on porte le panier et son contenu à l'office où le tout est soumis pendant cinq minutes à l'ébullition clans une marmite spéciale, remplie d'eau additionnée de carbonate de soude. On rince ensuite avec de l'eau propre.
La DÉSINFECTION DES ACCESSOIRES DESTINÉS AUX SOINS 6St plllS Utile
encore. Il est indispensable d'affecter à chaque enfant une brosse à dents, un peigne en métal, un thermomètre, des sondes, des vases, etc. Dans certains hôpitaux, à chaque lit est annexée une
1. E. Weill, Emploi des linges stérilisés chez le nourrisson, Arch. de méd. des enfants, 19 10. t. XIII, p. 241.
armoire de verre qui contient les objets et instruments nécessaires à l'enfant (fig. ioo).
Fig. ioo. — Armoire individuelle renfermant les objets et instruments nécessaires à chaque enfant.
Nous devons mentionner en terminant la nécessité de détruire par le feu les jouels ayant servi aux enfants contagieux.
SOMMAIRE. — /. Historique des hôpitaux d'enfants. — t° Première période : Hospitalisation commune des enfants et des adultes. — 2° Deuxième période : Séparation des enfants et des adultes. — 3° Troisième période : Isolement en commun des enfants contagieux. — 4° Quatrième période : Isolement individuel des enfants contagieux. — 5° Résultats des réformes hospitalières. Statistiques des diverses maladies contagieuses. Résultats de l'isolement individuel.
II. Description d'un hôpital moderne d'enfants. — 1° Disposition générale. A. Situation. B. Terrain. C. Plan de V hôpital. — 2° Services généraux. Galeries. — 3° Services principaux. — A. Services d'admission et de consultation. Consultation en salle commune : salle de triage, salle d'attente, salle d'examen. Salle de pansements pour la consultation de chirurgie. Consultation en boxes. Admissions d'urgence et service de garde. Policliniques. Consultations spéciales. — B. Services de médecine. Pavillons séparés. Salles divisées en boxes. Salles communes. Cube d'air. Aération. Ventilation. Chauffage. Baignoires. Parois et sol des salles. Ameublement. Annexes. Régimes alimentaires. Mesures prophylactiques contre les contagions intérieures. — C. Services de chirurgie. — D. Service des douteux. Son importance dans les hôpitaux non cellulaires. — E. Services de contagieux. Xombre de pavillons. Fonctionnement. — F. Services de spécialités : service d'ophtalmologie, service d'oto-rhino-laryngologie, service dentaire, service des agents physiques, électrologie, radiologie, photographie, hydrothérapie, mécanothérapie, hydrothérapie et cure d'air. — 4° Services annexes. A. Service social. B. Laboratoires. C. Pharmacie. D. Service des morts. E. Amphithéâtres d'enseignement. F. Service de désinfection. — G. Service du transport des malades.
Un hôpital d'enfants, construit et aménagé d'après les données modernes, doit, d'une part, réaliser les moyens d'éviter la contagion parmi les malades, d'autre part, permettre la mise en œuvre des méthodes thérapeutiques dont l'utilité est démontrée.
Un hôpital, aussi moderne qu'il soit, présente toujours des lacunes, car les considérations budgétaires empêchent souvent de réaliser
toutes les demandes des hygiénistes. D'ailleurs les connaissances médicales ou architecturales sont toujours en évolution, comme le montre l'historique des hôpitaux d enfants.