Lesage, Société de pédiatrie, février
L'hôpital moderne d'enfants, que nous avons en vue dans celle description, est un hôpital idéal, offrant, dons l'état actuel de nos connaissances, le maximum de garantie [tour la prophylaxie et le traitement.
S'il n'y a pas d'établissements réunissant tous les perfectionnements dont il sera question, il existe néanmoins dans divers pays des hôpitaux de création récente, qu'il est utile de connaître ; aussi utiliserons-nous les^ notes et les documents recueillis au cours de la visite d'un certain nombre d'entre eux.
Nous étudierons successivement la disposition générale d'un hôpital d'enfants, les services généraux, les services principaux, les services annexes.
L'hospitalisation du nourrisson sera trailée dans un chapitre ultérieur.
Les détails dans lesquels nous sommes entrés dans le chapitre précédent nous permettront d'être brefs sur beaucoup de sujets.
i° Disposition générale d'un hôpital d'enfants. — Pour fonder un hôpital d'enfants il faut choisir une situation convenable et élever des constructions appropriées.
A. Situation. — La situation la meilleure est en dehors de la ville. Malheureusement, dans les grands centres entourés de faubourgs étendus, à Paris notamment, les distances ne le permettent pas toujours, car il faut laisser l'hôpital à portée de sa clientèle.
L'amélioration des services de transport des malades, le développement des moyens de circulation faciliteront la création des hôpjiiaux suburbains.
B. Terrain. — Le terrain choisi devra être résistant et sain. Il sera suffisamment élevé et éloigné des régions humides, des marais, des nappes d'eau stagnante, etc. Conformément aux règlements, l'hôpital sera situé à ooo mètres au moins d'un cimetière ; on évitera de l'élever au voisinage d'une école, d'une caserne ou d'un établissement insalubre.
La surface sera suffisante pour permettre l'aménagement entre les pavillons d'espaces de plein air : jardins, préaux, cours, etc.
La forme sera telle que le grand axe des bâtiments aura une orientation nord-est; celle-ci est la plus favorable sous nos climats.
C Plan de l'hôpital. — Le plan de l'hôpital doit répondre aux desiderata suivants, résumés par L. Martin i. « Construire des pavillons séparés qui soient bien ventilés, bien aérés, bien ensoleilles ; les espacer du double de leur hauteur ; les disposer de telle façon que la galerie souterraine qui les reliera soit le moins longue possible et placer les services généraux de telle sorte qu'avec les galeries on puisse atteindre facilement tous les pavillons. »
2° Services généraux. — Les services généraux, comme dans tout hôpital, comprennent : les cuisines, la sommellerie, la lingerie, la buanderie, les magasins et ateliers, un four à incinération, le logement du personnel, le service de la loge et enfin les locaux de l' administration. On réservera dans ces derniers un bureau de renseignements du type que nous décrirons plus loin sous le nom de a, service social à C hôpital)).
Les galeries abriteront les canalisations, destinées à distribuer à travers tout l'hôpital l'eau chaude et l'eau froide, le gaz, 1 électricité et la vapeur.
3»Serviceàprincipaux. — Les services principaux comprennent les services d'admission et de consultation, les services de médecine, les service de chirurgie, le service des douteux, les services de contagieux, les services de spécialités.
A Services d'admission et de consultation. —Les services d'admission et de consultation doivent être divisés en une section de médecine et une section de chirurgie.
Ils sont très importants. De leur aménagement et de leur fonctionnement dépendent, dans une large mesure, les résultats de l'hospitalisation. Les cas de contagion intérieure, en effet, se trouvent très réduits par une organisation méthodique.
La consultation hospitalière réalise une agglomération déniants malades, souvent atteints d'affections transmissibles. Il faut doncfaire en sorte que les contagions ne puissent s'y produire.
Pour prévenir les dangers de contagion, deux principaux types de consultations sont pratiqués à l'heure actuelle : la consultation en salle commune après triage et la consultation en box.
La consultation en salle commune exige moins de place moins de temps, moins de personnel que l'autre Elle existe dans la plupart des hôpitaux et en particulier aux Enfants-Malades. Voici comment elle fonctionne.
Au fur et à mesure de leur arrivée, les mères et les enfants s engagent dans un couloir étroit qui les oblige à se placer sur un seul
i. Louis Martin, loc. cit.
rang. Par ce moyen, on espère limiter les contagions éventuelles aux seuls sujets placés immédiatement devant et derrière le malade dangereux.
Le couloir débouche dans une chambre où s'opère le triage. Cette mesure de prophylaxie a été proposée par Gomby en 1889 et acceptée par la commission médicale des hôpitaux '. Un médecin, généralement un interne au courant des maladies d'enfants, se livre à un examen sommaire de tous les malades qui défilent devant lui. Les non contagieux sont dirigés vers la salle d'attente commune, munis d'un numéro d'ordre ; les contagieux sont renvoyés immédiatement chez eux, s'il s'agit de maladies bénignes comme la varicelle, ou conduits directement dans les pavillons de contagieux ; les suspects enfin sont reçus d'emblée au service des douteux.
La chambre, où s'opère le triage, doit être très claire pour faciliter le diagnostic des maladies éruptives. Le médecin, secondé par une infirmière expérimentée, doit avoir à sa disposition un lavabo, un bec de gaz pour le flambage des instruments usuels et un grand nombre d'abaisse-langueen bois, car toutes les gorges doivent être systématiquement examinées. Après le passage d'un enfant contagieux ou suspect, le médecin et l'infirmière doivent se laver les mains et changer de blouse.
Le triage constitue un progrès notable. Il diminue les contaminations intérieures, mais il est insuffisant, surtout dans les consultations très fréquentées, comme celles de nos hôpitaux parisiens, parce qu'il laisse passer, malgré tout, quelques enfants atteints de maladies contagieuses à la périoded'invasion, c'est-à-dire alors qu'elles sont grandement transmissibles.
La salle d'attente commune doit avoir des dimensions en rapport avec le nombre d'enfants qui fréquentent la consultation. Elle doit être construite de façon à permettre un nettoyage facile et comporter notamment un plancher dallé, lavable à grande eau. Son mobilier, composé principalement de bancs, doit, comme la salle, pouvoir être désinfecté après chaque séance.
A tour de rôle, les malades passent dans la salle dt examen. Spacieuse et bien éclairée, elle peut comporter une petite estrade permettant aux élèves de se grouper derrière le chef de service. Ello esl meublée d'une table, de chaises, d'un lavabo, d'un lit d'examen avec matelas doublé de moleskine et recouvert, pour chaque enfant, d'une serviette ou d'une alèze propres ; elle renferme les accessoires clin i-