HÔPITAL
<5ohtie Entrée
Fig. ioi. — Plan de consultation en boxes. (Weill-Hallé).
de procéder à une auscultation délicate nécessitant un silenceabsolu, soit que la discrétion s'impose.
La consultation de chirurgie doit posséder une salle de pansements qui peut être utilisée pour certaines petites opérations et pour le service de garde.
La consultation en boxes est préférable, en principe, parce qu'elle remédie aux inconvénients de la précédente (lig. ioi). Les boxes, au nombre d'une dizaine au moins, sont de très petites dimensions. Leurs parois et leur sol doivent permettre de grands lavages antiseptiques. Chacun d'eux ne contient qu'une banquette destinée à la mère et à l'enfant.
Dès qu'ils se présentent, les consultants sont répartis par un infirmier dans les différents boxes. Ils y sont immédiatement examinés
par un médecin qui admet reniant, s'il y a lieu, et le dirige sur le service approprié ou le renvoie chez lui, après avoir formulé les prescriptions nécessaires. Lorsqu'un box a été occupé par un suspect ou un contagieux il est condamné tout de suite et on ne l'utilise à nouveau qu'après désinfection.
La consultation en boxes n'est efficace qu'à la condition de commencer dès l'ouverture des portes et d'être pratiquée simultanément par plusieurs médecins. Il faut procéder rapidement, pour éviter les contacts dangereux devant l'hôpital.
Celte façon de procéder est réalisée à l'hôpital Hérold ; elle y donne toute satisfaction à Lesage. Elle est d'autant plus pratique que l'établissement est moins important.
La consultation en boxes, excellente en principe, est difficilement réalisable clans les grands hôpitaux, où les malades affluent. Il faut un très grand nombre de boxes, sinon les contagions se produisent facilement pendant l'attente et les risques deviennent plus grands qu'avec le système du triage.
Les admissions à l'hôpital sont prononcées pour la plupart au cours des consultations qui ont lieu le matin. Pour éviter 1 agglomération des malades dans les établissements importants, il serait utile de dédoubler les consultations : celle du matin serait assurée parle chef de service, celle de l'après-midi par un assistant. Cette mesure a été réclamée dernièrement par les membres de la Société de pédiatrie de Paris pour l'hôpital des Enfants-Malades, l'hôpital Trousseau etc. *.
Les admissions d'urgence, qui se font pendant la journée et la nuit, sont assurées par un service de garde pour lequel les boxes sont utiles. Le service des gardes est confié à des internes, et. dans les grands hôpitaux, lorsque leur nombre est suffisant, simultanément à un interne en médecine et à un interne en chirurgie.
L'enfant admis à l'hôpital, à la suite de la consultation ou d'urgence, doit cire conduit le plus rapidement possible dans le service destiné à le recevoir. Les formalités d'inscription, souvent longues, peuvent être remplies ultérieurement à l'aide des renseignements fournis par les parents.
Les mesures prescrites à l'hôpital Pasteur pour l'admission des malades peuvent servir d'exemple. Chaque malade est dirigé dès l'arrivée sur une cabine d'isolement où on l'examine. S il est admis,
i. La contagion dans les hôpitaux. Mesures de précaution. Rapport présenté le 2 'i juin iqiq à la Société de pédiatrie, par M. \\ cil 1- lia lié, au nom d'une commission
composée de MM. Armand Delille, Jean Halle, Lesné, Nobécourt
on le transporte dans une chambre spéciale, dite chambre d'entrée, et la cabine d'isolement d'où il sort est aussitôt désinfectée.
Le malade quitte alors ses vêtements du dehors, qui sont portés immédiatement à l'étuve pour la désinfection. S'il n'y a pas decontreindication il passe par la salle de bains, puis il revêt le linge de l'hôpital et on le couche sur un lit que l'on transporte dans la chambre individuelle qu'il occupera durant sa maladie.
Les services de consultation hospitalière jouent un rôle de plus en plus important dans le traitement collectif des enfants.
Nos policliniques sont de mieux en mieux organisées. En plus de la consultation rattachée au service d'admission, beaucoup de chefs de service organisent dans leur propre pavillon une, deux ou trois fois par semaine, des consultations réservées aux malades du dehors, qui demandent un examen approfondi ou des soins particuliers, sans devoir être hospitalisés.
Il existe, d'autre part, diverses consultations spéciales, pour l'orthopédie, l'ophtalmologie, l'oto-rhino-laryngologie, l'odontologie, la radiographie, l'électrolhérapie, etc. En raison des installations qu'elles nécessitent, elles sont généralement annexées aux services dont elles dépendent. Les co/isnllalions de noun'issons malades doivent être effectuées dans un local spécial, parce qu'elles comportent la pesée régulière des enfants, la tenue de fiches, la distribution d'aliments spéciaux, etc. ; nous y reviendrons dans un autre chapitre.
B. Services de médecine. — Les services de médecine doivent être installés dans des pavillons isolés les uns des autres et séparés par des espaces au moins doubles de leur hauteur. Ils seront construits sur caves. En général ils comprendront un rez-dechaussée et un étage. Les combles, qui sont utiles parce qu'ils permettent d'obtenir dans les salles situées au-dessous une température plus régulière, ne doivent pas servir à l'hospitalisation, comme c'est encore le cas dans certains établissements. Des galeries de cure seront ménagées en nombre suffisant.
Les pavillons de malades peuvent être édifiés en matériaux divers. La pierre meulière et les briques rouges sont fréquemment utilisées à Paris. Leurs dimensions varient suivant la population qu'ils sont destinés à recevoir, mais, même dans les grands hôpitaux, le nombre de lits par pavillon ne doit pas dépasser le chiffre de soixante à quatre-vingts.
La disposition des pavillons doit être telle que le soleil ait accès
HYGIÈNE SOCIALE DE l'enEASCE 33
partout. Il n'y aura pas de décorations inutiles qui mettent obstacle au nettoyage.
Des salles différentes seront réservées aux garçons et aux filles, sauf pour les tout petits qui peuvent être réunis.
Des salles divisées en boxes seront destinées à recevoir tous les entrants pendant un laps de temps déterminé. Les maladies aiguës y seront traitées jusqu'à leur terminaison et les maladies chroniques contagieuses pendant toute leur évolution.
Les salles communes non boxées ne doivent pas être supprimées; Des raisons budgétaires d'ailleurs s'opposent souvent au boxage complet de tous les services. Afin d'en limiter les inconvénients, ces salles seront petites et ne renfermeront pas plus de six lits.
Dans certaines de ces salles on mettra les convalescents de maladies aiguës ; dans les autres les malades atteints d'affections chroniques non contagieuses, après la période d'isolement initial.
Chaque lit doit disposer d'au moins 35 mètres cubes d'air.
L'aération doit être facile. Pour la réaliser on aménagera de larges fenêtres placées sur les deux grands côtés de la salle ; on obtient ainsi, en même temps, un bon éclairage. Ces fenêtres seront munies de stores extérieurs.
La ventilation des salles doit être permanente. Elle peut être obtenue au moyen de prises d'air placées au ras du sol et d'impostes composées soit de verres à soufûets, soit de carreaux perforés. L'air pur arrive par en bas, l'air vicié s'échappe par en haut.
La mode de ventilation paraît avoir sur les contagions intérieure, une influence, que montrent les observations faites par Lesage ' dans son service des douteux de l'hôpital Ilérold.
Dans le service d'enfants de l'hôpital Saint- Louis, Jules Renault a installé un système très simple de ventilation permanente sans propulsion qui lui donne toute satisfaction. L'air pur est prélevé dans la cour, au ras du sol, au moyen de deux coffres en ciment ins lallés de part et d'autre du pavillon ; il est amené au sous-sol parmi gros tuyau dans un volumineux caisson, où il pénètre après Qltration sur un lit d'ouate épais non tassé, qui est renouvelé au commencement et au milieu de l'hiver. De ce caisson central parlent latéra-
i. Lesage, De l'importance de la ventilation dans la question de l'isolement individuel, C. R. du Iet Congrès de V tss. internat, de pédiatrie, Paris, 7-9 octobre 191 a p. 3g6.
2. Jiles Renaclt, Utilité d'une bonne ventilation permanente dans un service de contagieux, Académie de médecine, 1 '1 mai 1918.
DESCRIPTION DIX HOPITAL MODERXE DEXFAXTS
lement deux gros tuyaux sur la partie supérieure desquels sont branchés des tuyaux d'échappement, qui aboutissent dans les chambres à des bouches d'aération situées derrière les radiateurs, à raison d'une par radiateur. L'air vicié est évacué au dehors au moyen de persiennes en verres, à lames horizontales, installées en haut des fenêtres, à la place des impostes.
Les prises d'air seront placées derrière les appareils de chauffage par la vapeur ou par l'eau chaude, pour que l'air s'échauffe en pénétrant dans la salle ; on obtient ainsi plus facilement une température régulière, qui doit être en moyenne de 16 à 180.
L'installation de la salle comporte une canalisation d'eau chaude
Fig. 102. — Lit à sommier métallique pouvant être recouvert d'une toile d'amiante.
el d'eau froide, pour pouvoir donner, dans des baignoires roulantes, des bains au lit des malades, et des bouches de vidange, pour éviter le transport des baignoires remplies d'eau.
Les parois de la salle doivent présenter des surfaces planes et être enduites d'une peinture supportant les grands lavages. A leur partie inférieure, on pourra disposer un carrelage de grès cérame, relié au sol par une gorge.
Le sol sera imperméable et facile à laver. Il sera constitué soit en carreaux de grès qui ont l'inconvénient d'être froids aux pieds, soit en xylolith ou en produits similaires, tels que le terrazolilh, le ciment Pink, etc. Gomme ces produits se fendillent facilement, certains médecins préfèrent les parquets eu bois dur, posés sur bitume, qui donnent une surface suffisamment unie et supportent les lavages antiseptiques.
L'ameublement de la salle sera aussi simple que possible. Tous les meubles seront faciles à nettoyer et à désinfecter.
Les lits, dans les salles communes, seront disposés sur deux rangées et placés dans l'intervalle des fenêtres. Un espace de 1 m. 5o au moins séparera les deux lits voisins d'une même rangée.
Les lits seront en fer et faciles à transporter ; ils seront munis d'un sommier métallique à lames d'acier commode à désinfecter.
Nous avons vu (p. 5oo) les précautions à prendre pour la désinfection des matelas. Comme ceux-ci résistent mal ou sont d'un prix élevé, certains médecins préfèrent s'en passer ; ils disposent simplement au-dessus du sommier métallique une sorte de tapis épais en toile d'amiante qui supporte le flambage à l'alcool et peut être ainsi très aisément stérilisé (fig. ioa).
Les autres meubles, tables, tables de nuit, ebaises, seront, ainsi que nous avons déjà dit (p. 5oo), faciles à laver. Les tables seront recouvertes de plaques de faïence vernissée ou de lave ém aillée.
La salle sera pourvue d'un ebariot roulant portant le matériel nécessaire au lavage des mains et aux pansements simples.
Il est également utile d'avoir un porte-bock mobile, pouvant être roulé près de chaque lit, pour pratiquer des injections buccales, rectales, vulvo-vaginales, etc.
Le service comprendra diverses annexes : cabinet avec vestiaire et lavabo pour le chef de service, vestiaires et lavabos pour les élèves, bureau pour la surveillante contenant une armoire à médicaments fermant à clef, laboratoire, lingerie, cabinet de débarras, etc.
Les water closets, munis d'un vidoir, seront séparés des salles par un couloir bien aéré.
Un office spacieux sera pourvu d'un réchaud à gaz pour faire bouillir de l'eau, préparer des aliments simples (bouillies, potages], chauffer les boissons (lait, thé, tisanes, etc.). Il possédera une armoire chaude, destinée à recevoir les plats venant de la cuisine centrale et un lave-vaisselle, dont le chauffage pourra être assuré par la vapeur, une glacière, un fdlre pour fournir de l'eau stérilisée.
Les aliments, préparés à la cuisine centrale de l'hôpital, sont apportés dans des appareils qui permettent de les maintenir chauds. Dans les établissements importants on utilise à cet effet des wagonnets spéciaux sur rails. La distribution dans les salles est facilité"1 par l'emploi de chariots dont il existe divers modèles.
Les régimes alimentaires varient naturellement suivant l'âge des enfants et suivant la nature des affections qu'ils présentent. Sur le rapport de Sevestre, la Société médicale îles hôpitaux a proposé poulies enfants sept régimes différents, qui sont utilisés à l'hôpital des Enfants-Malades :
a. Le régime des nourrissons ; b. le régime des sevrés ; c. le régime des petits enfants ; (/. le régime des grands enfants ; e. le
régime lacté ; f. le régime des convalescents ; g. le régime des suralimentés.
Quelque bien compris que soit un hôpital d'enfants, il ne donne de bons résultats que par l'application des mesures prophylactiques