INDISPENSABLES CONTRE LES CONTAGIONS INTÉRIEURES
Elles ont pour base l'isolement des malades. Celui-ci est facilement réalisé avec les boxes (p. 4<p). Il demande plus d'attention avec les salles communes.
Pour empêcher les épidémies de salles, il est indispensable d'examiner chaque jour tous les enfants et de guetter les premiers symptômes révélateurs d'une diphtérie, d'une coqueluche ou d'une maladie éruptive. Si l'un d'eux présente quelque phénomène suspect, il doit immédiatement être isolé et transporté dans le service des douteux.
Quand un cas de diphtérie est apparu, beaucoup de médecins font chez tous les autres malades de la salle, des injections préventives de sérum antidiphtérique. Certains auteurs même conseillent l'injection préventive à tous les enfants entrant à l'hôpital. Lesage, à 1 hôpital Hérold. qui a adopté cette méthode depuis igo3, n'a jamais constaté de cas intérieur de diphtérie, et les « angines du milieu » elles-mêmes seraient devenues moins fréquentes.
Ces précautions ne nous semblent pas indispensables ; il ne faut pas abuser des injections de sérum et il convient de ne les employer qu'à bon escient. Le plus souvent, on évitera l'extension de la diphtérie en ensemençant le pharynx et le rhino-pharynx des enfants rendus suspects par leur voisinage avec le malade, pour déceler les porteurs de bacilles, et en examinant matin et soir leur gorge. Si les ensemencements sont positifs, s'il apparaît le moindre symptôme suspect, on injecte du sérum. On fera exception seulement pour-les nourrissons et pour les rougeoîeux, car chez eux la diphtérie se manifeste souvent d'emblée par le croup et peut être rapidement grave.
En présence d'une épidémie de salle, ilconvientde n'y plus recevoir de nouveaux malades jusqu'à ce qu'elle soit vidée et désinfectée. Il peut même être utile de l'évacuer et de la fermer momentanément pour procédera sa désinfection. Les enfants contaminés sont alors répartis dans les pavillons de contagieux ; ceux qui ont été en contact avec eux, sont isolés pendant le temps que dure la période d'incubation.
C. Services de chirurgie. — Les services de chirurgie doivent
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être construits et organisés suivant les mêmes principes que les services de médecine ; les enfants qui y sont soignés sont, en effet, exposés auxmêmes maladies transmissibles, et, d'autre part, le chirurgien a tout intérêt à posséder un service aseptique.
Toutefois leur construction comporte un certain nombre d'an- "nexes : salles d'opérations, l'une pour les interventions aseptiques, l'autre pour les interventions sepliques ; salle d'anesthésie ; salle de pansements, etc.
Comme Y orthopédie et la fabrication des appareils constituent une des branches les plus actives de la chirurgie des enfants, un pavillon spécial doit lui être réservé dans chaque service. Ce pavillon possédera en outre une salle de gymnastique.
L'hôpital possédera un pavillon de chroniques destiné aux enfants atteints de tuberculoses chirurgicales, de paralysies infantiles, d'ostéomalacies, etc. Il doit être construit et aménagé de façon à pouvoir pratiquer l'héliolhérapie.
D. Service des douteux. — Le service des douteux * est un des plus importants d'un hôpital d'enfants qui ne comprend que des salles communes. Il est destiné à recevoir les enfants suspects de maladies contagieuses, mais qui ne présentent pas encore les symptômes caractéristiques permettant de porter un diagnostic ; or à la période d'invasion la plupart des maladies sont déjà transmissibles
En principe, tout nouvel arrivant devrait être considéré comme suspect et isolé. C'est ce quia lieu dans les hôpitaux à boxes, où se pratique l'isolement cellulaire. Pour eux, un service de douteux n'a pas d'utilité ; tous les services, sauf les pavillons de maladies contagieuses avérées, sont des services de douteux.
Dans les hôpitaux, par contre, où les enfants pénètrent directement dans des salles communes, il est nécessaire de réserver un pavillon spécial aux malades suspects.
Ce .pavillon pourra d'ailleurs servir au traitement des maladies contagieuses rares ou exceptionnellement hospitalisées : variole, varicelle, oreillons, érysipèle, pour lesquelles il n'y a généralement pas de pavillons spéciaux.
Le pavillon des douteux doit naturellement ne contenir que des
i, Moiz.vud, Le service des douteux à l'hôpital des Enfants-malades. Arch. de mt'd. des enfants, 1900, t. lit, p. £i4. — Emile Vi.vlle, Le service des douteux à l'hôpital des Enfants-malades, Thèse de Paris, 1900.
boxes ; une salle commune lui sera annexée pour les convalescents. En prenant les précautions exposées plus haut, à propos du fonctionnement des boxes, on évitera les contagions intérieures malgré
l'hospitalisation dans des boxes voisins de malades atteints d'affections contagieuses différentes. Même les enfants admis pour des affections que l'évolution montrera être banales n'en éprouveront
aucuu dommage.
Le personnel infirmier doit prendre les mêmes précautions que dans les services de contagieux. Il doit avoir un logement séparé, si possible dans le pavillon même, et prendre ses repas dans un office annexé au service.
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