‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 175 sur 212 · D5EPH · texte numérisé non relu

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; Yhôpital Saint-Joseph à Paris.

E. Services de contagieux. — Los services de contagieux doivent rire éloignés le plus possihlcdcs autres services de l'hôpital. Ils comprendront quatre ou cinq pavillons, séparés les uns des autres par un intervalle de trente mètres au moins. Chacun d'eux sera entouré par un jardin particulier, pour permettre aux convalescents de bénéficier du grand air et du soleil sans exposer les autres enfants à la contamination (fig. io3).

La construction et [ 'aménaqement des pavillons seront établis sur les données précédemment exposées, de façon à assurer L'isolement des malades et une antisepsie méticuleuse. Des salles communes seront destinées à recevoir les convalescents.

Pendant l'évolution de la maladie, les enfants seront traités dans des salles divisées en boxes individuels. C'est le seul moyen d'éviter les infections secondaires qui rendent si meurtrières les affections contagieuses dans le milieu hospitalier (fig. io'i).

Chaque pavillon comportera un nombre suffisant de chambres pour le logement du personnel. 11 devra en outre être relié par téléphone aux bureaux de l'administration pour restreindre le plus possible les relations avec l'extérieur.

he fonctionnement des pavillons de contagieux est compris de plusieurs façons.

Dans la plupart de nos hôpitaux, la destination des pavillons est fixe. Chaque pavillon est destiné uniquement à recevoir une catégorie déterminée de contagieux ; généralement il existe un pavillon de rougeole, un de scarlatine, un de diphtérie, un de coqueluche. \\\ nouvel hôpital général de Vienne, ce dernier pavillon reçoit en outre les varicelles et les oreillons.

Cette méthode présente des inconvénients. Souvent les épidémies ne sont pas simultanées ; aussi la plupart des pavillons se trouvent être même dans les grands centres, trop vastes en temps normal, trop petits en temps d'épidémie.

Pour remédier à cet état de choses, on peut ajouter ;uix pavillons précédents, un pavillon de réchange, ainsi que le demandait, en 1889, la commission nommée par la Société médicale des hôpitaux de Paris. Il est préférable d'avoir des pavillons interchangeables. On «'vite ainsi, d'une part, la non-utilisation d'un graud nombre de lits, d'autre part, l'encombrement. C'est ce qu'Hutinel a pratiqué à l'hospice des Enfants assistés où les pavillons servent successivement ;mx maladies régnantes. 11 faut alors avoir de petits pavillons.

Certains auteurs préconisent les pavillons nuit spécialisés où l'on soigne côte à côte les diverses maladies contagieuses. Les boxes el l'antisepsie permettent de le faire. Bourncvillc, qui lui un promoteur

DESCRIPTION D UN HOPITAL MODERSE D'ENFAXTS 523

de cette méthode, soignait sans dommage à Bicêtre dans un même pavillon des enfants atteints de scarlatine, de rougeole et de diphtérie.

Martin estime que ces dernières maladies peuvent être hospitalisées dans un même pavillon d'isolement. Mais il considère qu'il ne saurait en être de même pour des infections plus rares sous nos climats et plus dangereuses, comme le choléra, la peste et la variole.

S'il est possihle de soigner dans un même pavillon diverses maladies transmissibles, la suppression des pavillons de contagieux devient légitime: Elle a ses partisans et elle est réalisable dans les hôpitaux cellulaires. Les statistiques recueillies dans les pavillons de douteux établissent qu'il n'y a aucun danger à hospitaliser côte à côte les malades contagieux et non contagieux, pas plus qu'il n'est à craindre de faire coucher dans des boxes voisins un scarlatineux, un morbilleux, un diphtérique, etc. C'est ainsi que procède Lesage à Hérold, depuis de nombreuses années et les résultats qu'il obtient sont très satisfaisants.

Toutefois la suppression des pavillons de contagieux dans un grand hôpital ne réaliserait pas un progrès. Le traitement des enfants atteints d'une même maladie dans un même pavillon est la meilleure méthode, car elle simplifie beaucoup le service. Dans un petit hôpital au contraire elle est absolument légitime.

F. Services de spécialités- — Les services de spécialités comprennent le service d 'ophtalmologie , le service d'oto-rhino laryngologie, le service dentaire, les services des agents physiques nécessaires pour le diagnostic et le traitement.

Ces services seront aménagés non seulement pour les malades hospitalisés mais surtout pour donner des consultations externes. Ils seront installés d'après les principes exposés à propos des consultations médicales pour éviter les contagions.

Chaque service comprendra un certain nombre de salles aménagées pour les opérations.

Les services d'ophtalmologie et d'oto-rhino-laryngologie auront à leur disposition un nombre de lits suffisant pour permettre l'hospitalisation de certains opérés ou des malades dont l'état nécessite une surveillance et des soins particuliers.

Le service des agents physiques comprend les sections d'éleclrologie, de radiologie et photographie, d'hydrothérapie, de gymnastique, de mécanothérapie, d' héliothérapie et de cure d'air. Leur installation

doit être en rapport avec leur utilité pour le diagnostic et le traitement des maladies.

Un hôpital d'enfants bien compris doit posséder un service d'élec- Irologie et un service de radiologie bien installés. Les petits services actuels, avec leur matériel insuffisant et leur personnel réduit, ne répondent pas pour la plupart aux nécessités de la clinique et de la thérapeutique.

Les services de gymnastique, destinés à la gymnastique orthopédique, sont pour la plupart bien installés dans nos hôpitaux français et leur fonctionnement est satisfaisant. Mais il faut également un service de gymnastique médicale, où l'on pratique notamment la gymnastique respiratoire, si utile à de nombreux enfants. A la gymnastique doit être associé le massage et la mécanotliérapie. Un service modèle de mécanotliérapie est celui de Denucé, rattaché à la clinique d'orthopédie chirurgicale de l'hôpital des Enfants de Bordeaux.

Il est nécessaire enfin que l'hôpital possède un service d'hydrothérapie installé pour pouvoir donner les différentes variétés de douches et de bains.

Les'sEuviCES d'héliothérapie et de cure d'air prennent chaque

Fig. io5. — La cure d'air et de soleil à ['hôpital des Enfants- assistés de Paris en 1899.

jour une plus grande extension. Ilutinel, un des premiers, a montré le parti qu'on peut tirer de la cure d'air et de soleil au centre même

des grandes villes. Dès 1899, à l'hospice des Enfants-assistés de Paris, il faisait, pendant l'été, placer dans le jardin les litsdes enfants atteints de broncho-pneumonie, de rougeole, de coqueluche ou de tuberculose (fig. io5). Près de la nourricerie une vaste tente permettait d'abriter les bébés pendant la belle saison. Cette thérapeutique était efficace; la mortalité baissaitd'une façon remarquable dès que le temps permettait de profiter de cette installation. Vers cette même

Fig. 106. — La galerie de cure d'air à Yhôpilal des Enfanls-assislés.

époque également, Hutinel avait fait construire le long du bâtiment central de l'établissement une galerie ouverte destinée à la cure d'air et les enfants y pouvaient séjourner même par un temps médiocre (fig-f 106).

L'action de la lumière solaire sur les diverses localisations de l'infection tuberculeuse, mise en relief par Poncet en 1899, a été confirmée en ces dernières années en particulier par Malgat, Bernhardt, Revillet, d'Oelsnitz, Pascal et surtout Rollier. Des travaux de ces divers auteurs et de bien d'autres encore 1 il ressort que les effets

1. Aimes, L'héliothérapie, Thèse de Montpellier, 191 2. Rapports et communications

thérapeutiques de la lumière solaire sont indiscutables (fig. 107) Sans doute, pour la mise en pratique de L'héliothérapie, il est des régions privilégiées : stations d'altitude, comme Leysin' ou Saint- Moritz, et stations marines, comme celles du littoral méditerranéen (Hyères, Cannes, Juan-les-Pins, Nice, Beaulieu, Menton) ou de l'Océan (Biarritz, Arcachon), mais les résultats obtenus à Lyon, par Poncet, par Milloz ; à Nîmes par Reboul ; à Montpellier par Estor, par Aimes, etc., montrent que l'héliothérapie peut donner des résultats satisfaisants même en terrain de plaine. Comme ledit

Fig. 107. — Lit de cure solaire à {hôpital Saint-Roch de Nice (d'Oelsnitz .

d'Oeslnitz, il serait regrettable de ne pas faire bénéficier les malades des effets heureux de la lumière solaire dans les régions moins favorisées, sous le prétexte que les résultats seront plus lents et moins complets.

Cette opinion est aujourd'hui partagée par tous les médecins d'en

du Congrès de V Association Internationale de thalassothérapie. Cannes, 191 4 Rollieu, Paris médical, février 1 9 1 "3 et 23 mai 1914 ; cTOelsiutz, Journal médical français,

nov. 1913, p. 46a, et Paris médical, au juin 191 \, p. 61 ; A. Thèyes, Soo. de pédiatrie, 12 mai 191 4.

fants. En iqi/j, la Société de pédiatrie de Paris ' a émis le vœu que tout service de médecine ou de chirurgie nouvellement construit soit doté d'une galerie permettant de pratiquer l'insolation.

Quelques hôpitaux urbains disposent déjà depuis un cerlain nombre d'années d'installations spéciales réservées principalement aux tuber-

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Fig. 10S. — I/héliothérapie à l'hôpital Hérold, à Paris.

culeux. Il en est ainsi, en particulier, à L'hôpital Hérold à Paris (fig. 108) et à l'hospice général à Rouen -.

Lorsque l'organisation des galeries est insuffisante, on peut mettre en pratique le système adopté à l'hôpital maritime d'Ilbarritz où chaque lit est protégé par une forte capote imperméable et un large tablier de toile huilée. On supprime ainsi, d'autre part, l'inconvénient des galeries couvertes qui est d'obscurcir les salles voisines (P. Peyrel) 3.

4° Services annexes

Ce sont : le service social, les labo-

ratoires, la pharmacie, le service des morts, les amphithéâtres d'enseignement, le service des transports.

À. Service social — Le service social constitue une innovation

i. Société de pédiatrie de Paris, 12 mai 19 1 4.

2. E. ÎNicolle, La cure d'air pour les enfants tuberculeux à l'hôpital Hérold. Thèse de Paris, icjo'i.

3. P. Petret, Héliothérapie, aérothérapie, La Presse médicale, 18 octobre 1919-

récente d'un très grand intérêt. Le premier fut organisé, en 1908, aux Etats-Unis à Boston par Cabot ', médecin du Massachusett's gênerai Hospital. Ayant constaté que souvent les prescriptions médicales n'étaient pas appliquées par ignorance ou pour des raisons matérielles, il créa un service destiné à enseigner aux malades ou à leurs familles la meilleure façon de mettre en pratique les conseils des médecins et à leur indiquer la marche à suivre pour obtenir les secours, les placements, etc., dépendant d'œuvres publiques ou privées.

En 1914» le service social du MassactiuselCs Hospital occupait toute la journée 9 employées rétribuées et 26 volontaires qui travaillaient sous leur direction. Il est divisé en plusieurs sections. La section de la tuberculose poursuit surtout la prophylaxie au domicile des tuberculeux. La section des filles-mères leur procure un abri et du travail au cours de la grossesse, puis s'occupe de l'enfant après la naissance. La section d'hygiène assure la propreté du logis; elle fait de l'éducation ménagère ; elle envoie les enfants au bain, à la gymnastique, aux colonies de vacances, etc.

A l'hôpital des Enfants-malades un service social a été organisé en 191/i à la consultation du professeur Marfan. Il fonctionnait grâce à une aide principale, qui recevait un traitement de 3oo francs par mois, et à des dames bénévoles. La création d'autres services semblables dans les divers hôpitaux d'enfants de Paris est actuellement en voie de réalisation.

B. Laboratoires- — Le laboratoire a pris en médecine une telle importance que son installation doit être aussi complète et aussi moderne que possible. Un examen clinique complet comporte nécessairement des recherches de laboratoire.

Deux organisations sont en présence et ont chacune leurs partisans. Une solution univoque présente des inconvénients.

Les médecins chefs de service sont actuellement instruits des recherches de laboratoire appliquées à la clinique. Ils doivent avoir chacun leur laboratoire particulier annexé à leurs pavillons de malades, muni des instruments nécessaires pour la bactériologie, l'hématologie, l'anatomie pathologique, la chimie simple, etc.

Mais il y a des médecins qui préfèrent ne pas se livrer eux-mêmes aux travaux du laboratoire et il y a des travaux qui nécessitent une instrumentation coûteuse utilisée de loin en loin. C'est dans ces cas

1. Richard G. Cabot, Essais de médecine sociale, Paris, 1919. Mm° Na<;eotte, Le service social à l'hôpital, Société de pédiatrie, novembre 1913, Les débuts du service social à l'hùpilal des Enfants malades. Société de pédiatrie, 9 juin 191^.

qu'intervient le laboratoire central de l'hôpital. Un chef de laboratoire et des préparateurs de bactériologie, d'anatomie pathologique, de chimie, de physiologie y font les examens demandés par les chefs de service. L'instrumentation y est complète. Une ménagerie contient les animaux destinés aux expériences. Au besoin, les laboratoires particuliers et le laboratoire central peuvent être réunis dans un pavillon spécial.

C. Pharmacie- — Son installation ne présente rien de particulier à l'hôpital d'enfants. Elle sera organisée spécialement pour le contrôle du lait qui peut d'ailleurs être pratiqué, si on le préfère, au laboratoire central.

D. Service des morts. — Le service des morts doit être éloigné des pavillons de malades et posséder sur la rue une entrée particulière. Il comprend une glacière pour la conservation des corps, une salle d'autopsie installée suivant les données modernes, une salle d'anatomie pathologique pour la présentation des pièces macroscopiques aux étudiants et une salle de médecine opératoire pour permettre à tous les étudiants fréquentant l'hôpital de répéter sur le cadavre les manœuvres du tubage et de la trachéotomie.

E. Amphithéâtres d'enseignement. — Les amphithéâtres d'enseignement doivent être suffisamment nombreux et vastes pour permettre aux différents chefs de service de faire des leçons régu Hères. Chaque amphithéâtre sera aménagé de manière à faciliter la présentation des malades. Il sera muni d'appareils à projection pour permettre une illustration abondante.

F Service de désinfection. — Le service de désinfection doit occuper une place importante dans les hôpitaux d'enfants en raison du nombre d'affections contagieuses qu'on y soigne. Son installation ne présente rien de particulier. Il sera muni d'étuves spéciales permettant la désinfection des objets de literie et d'habillement par la vapeur d'eau sous pression à n5 ou 1200.

G. Serv'ce du transport des malades. — Le service du transport des malades est généralement indépendant de l'hôpital. Mais l'hôpital d'enfants ne doit pas s'en désintéresser, étant donné le nombre de contagieux qui y sont conduits

En principe tout malade devrait être transporté par une voiture d'ambulance qui serait désinfectée à son retour, le cas échéant.

En pratique, les voitures publiques sont très souvent utilisées. Quand une d'elles amène un enfant contagieux à l'hôpital, le personnel de celui-ci devrait la désinfecter immédiatement. D'où la nécessité d'avoir un service spécialisé. Une indemnité devrait être allouée au conducteur en raison de la perte de temps subie.

HYGIENE SOCIALE DE l'eNFANCE 3j

A Paris, malgré un vœu émis en 191 2 par la Société de pédiatrie, de nombreuses et regrettables négligences persistent à cet égard. Cependant l'exemple d'autres villes pourrait être suivi avec profit, en particulier celui de Bruxelles où le transport des malades contagieux est bien réglementé.

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