III. — ŒUVRES PRÉVENTIVES D'ABANDON
Les secours préventifs réduisent dans des proportions notables le chiffre des abandons, mais ils sont souvent insuffisants et doivent être complétés par la création d'œuvres publiques ou privées. Ces œuvres, actuellement très peu nombreuses, peuvent être divisées en deux catégories : i° les œuvres préventives d'abandon des nouveau^ nés ; 20 les œuvres préventives d'abandon des enfants plus âgés.
i° Œuvres préventives d'abandon des nouveau-nés. — Un grand nombre d'abandons sont dus à ce fait que la femme qui vient d'accoucher est mise à la rue sans savoir où loger et sans avoir les moyens de se nourrir, alors même qu'elle bénéficie des secours réglementaires. Pour éviter cet abandon il suffit de créer des asiles maternels pour femmes nouvellement accouchées, sur le modèle de l'Abri maternel de Nanterre fondé en 1909, près de Paris, parla comtesse Hocquart (p. 167).
Bosc i a fait ouvrir à Tours, en 1916, un asile semblable, et les résultats qu'il en a obtenus paraissent très probants.
1. Bosc, Un progrès social : un moyen simple de diminuer la mortalité infantile et les abandons de nouveau-nés, Académie de médecine, \ novembre 1919, et Soc. de pédiatrie, 18 novembre 1919. L'allaitement maternel dans les maternités, Conférence nationale de la Ligne contre la mortalité infantile, Paris, a3 mai 1920.
Cette mesure devrait être appliquée à toutes les maternités-, car elle réduit simultanément la mortalité infantile et le chiffre des abandons dans des proportions considérables. La création de nombreux Asiles maternels est urgente et l'un de nous * a montré récemment leur insuffisance à Paris.
, 2° Œuvres préventives d'abandon des enfants plus âgés.
Fig. 126. — La maison maternelle de l'avenue du parc de Montsouris à Paris.
— Un assez grand nombre d'abandons peuvent encore être évités, -1 les parents, momentanément dans la gêne, peuvent s'adresser à une œuvre qui accepte de recueillir gratuitement leurs entants pour un temps limité, car la très grande majorité d'entre eux n'envisagent qu'avec une profonde douleur une séparation qui comporte l'abandon compléta l'Assistance publique.
La maison maternelle fondée à Paris par Louise koppe, le 20 novembre 1891, est une œuvre privée qui donne asile auxenfanls pendant plusieurs mois Lo lilles
1. P. Nobéuoukt, Les asiles maternels de Paris. Leur^insuffisance, Conférence nationale de la Ligue contre la mortalité infantile, Paris, a3 mai 1020, et la Presse médicale, 3o juin 1920.