‹ Hygiène sociale de l'enfanceChapitre 42 sur 212 · ASSISTANCE PRIVÉE · texte numérisé non relu

ASSISTANCE PRIVÉE

d'elles1. Nous nous bornerons à étudier les œuvres privées les plus importantes ou les plus iutéressantes au point de vue qui nous occupe.

La Ligue contre la mortalité infantile, fusionnée en 19 1 1 avec le Comité français de l'Union internationale pour la protection de l'enfance du premier âge, a été fondée à Paris par Th. Roussel en 1902. Elle est actuellement présidée par Paul Strauss.

La Ligue contre la mortalité infantile a pour but de combattre par tous les moyens la mortalité des nourrissons. Elle provoque la création ou favorise le développement des œuvres dues à l'initiative privée. Elle prête son concours aux municipalités et aux personnes bienfaisantes pour la fondation de refuges -ouvroirs, de maternités, de sociétés d'assistance maternelle à domicile, de secours d allaitement maternel, de consultations de nourrissons, de pouponnières, de crèches, de dispensaires, de patronages, de colonies infantiles, etc. Elle coopère à toutes les œuvres de protection des mères nécessiteuses et des nourrissons élevés dans leurs familles, en nourrice ou assistés. Elle constitue en un mot un organisme central auquel devraient se rattacher toutes lés œuvres d'assistance maternelle et infantile.

La Société protectrice de l'enfance, fondé en i865 à Paris par Alexandre Meyer et reconnue d'utilité publique le i5 mai i85g, est présidée actuellement par le Dr Henri Leroux.

Elle accorde son aide matérielle et morale à la mère nécessiteuse qui désire élever elle-même son enfant nouveau-né et particulièrement à celle qui a plusieurs enfants. Elle dirige et surveille, par l'intermédiaire de ses médecins inspecteurs, l'allaitement des enfants placés en nourrice. Elle délivre aux mères des secours en nature (bons de viande, bons de laits, berceaux, layettes) et des secours de loyer. Elle décerne aux mères et aux nourrices les plus méritantes des prix en espèces. Elle s'efforce enfin de vulgariser dans les familles les préceptes les plus utiles de 1 hygiène physique et morale des enfants.

Diverses œuvres ont pour but d'apporter aux mères un appui moral et matériel et de favoriser autant que possible l'allaitement maternel.

Une des plus anciennes est la Société de Charité maternelle 2. Elle a été fondée en 1 7S4 » à Paris, par Mma de Fougeret, qui avait été frappée du chiffre considérable d'enfants abandonnés par leurs

1. G. Schreiber, Les œuvres de protection de la Mère et des Enfants du premier âge, Presse médicale, 2 juillet 1910.

2. H. Lecrand, La Société de charité maternelle de Paris, Presse médicale, iô avril 1905. Une femme de bien, Mn,e de Fougeret, fondatrice de la Société de charité maternelle de Paris ( 1 7^6- 18 1 3), Presse médicale, 3o août 1900. Elie Decherf, Etude critique des œuvres françaises de protection de l'enfance, Rapport au IIIe Congrès international des gouttes de lait, Berlin, septembre 191 1.

mères à Y hospice des Enfants trouvés. Elle a été reconnue d'utilité publique le 25 juillet 181 1.

Le but de la Société est d'engager les mères à nourrir ellesmêmes leurs enfants ou à les élever auprès d'elles si elles ne peuvent les allaiter.

La Société de charité maternelle assiste, au moment de leurs couches, les femmes mariées ayant déjà à leur charge trois enfants âgés de moins de treize ans, domiciliées à Paris depuis 5 ans au moins, sans distinction d'origine et de religion. Elle accorde une allocation s'élevant normalement à la somme de 8g francs et se décomposant ainsi :

Indemnité pour frais de couches io IV.

Une layette de la valeur de in fr.

Un trousseau (donné au 4e mois) de la valeur de. . . . . io fr.

Un secours mensuel de 5 fr. pendant io mois 5o fr.

Des allocations supplémentaires sont accordées dans des cas particuliers. Enfin une œuvre annexe, la Société des berceaux, fait don d'un berceau avec sa literie.

La Société possède une consultation de nourrissons-goutte de lait et un orphelinat.

Une centaine de dames déléguées font des visites à domicile et distribuent les allocations accordées.

Chaque année, la Société de charité maternelle secourt environ a.85o femmes, mères de 2.goo enfants, et distribue près de 1 45. ooo francs. La mortalité infantile moyenne de ses assistés est de 7,35 o/o.

L'Assistance maternelle et infantile de Plaisance, fondée en 1901, à Paris, par Mlle Cbaptal 1, poursuit un but analogue à l'œuvre précédente.

Elle s'efforce de relever le nombre des mères nourrissant elles-mêmes leurs enfants. Elle a élevé le pourcentage de l'allaitement maternel (allaitement mixte inclus) de 20 0/0 en 1901 à !\l\ 0/0 en ioo4, à G8 0/0 en 1910, à 71 0/0 en iyi5 et à 85 0/0 en 1917.

Elle possède une consultation obstétricale, une consultation de nourrisson-, un hôpital de nourrissons d'une trentaine de lits ouvert en 1918 à \uteuil, la Maison des tout petits dirigée par le Dr Ancelet, et un service de visites à domicile organisé avec le concours d'une Ecole d'infirmières privées qui suppléent la ménagère quand son état l'empêche de vaquera ses occupations domestiques et veillent sur lesenfants. Elleoffre des cures d'allaitement au sein aux enfants débilités par l'élevage artificiel. Elle envoie dans un sanatorium les enfants faibles ou convalescents ainsi que quelques mères nourrices avec leurs bébés. Enfin, elle possède un jardin d'enfants avec abris couverts, jouets, tables, chaises, petits hamacs pour les enfants qui dorment. L'entrée de ce jardin n'est accordée qu'aux mères munies d'unecarte délivrée par un médecin, pour éviter la propagation des maladies contagieuses et, en particulier, de la tuberculose. La mortalité des bébés surveillés par cette œuvre a été réduite à 2,5 0/0.

1. Mlle Chaptax, -Note sur l'Assistance maternelle et infantile du quartier de Plaisance, Bulletin de V Académie de médecine, a 4 septembre 1 9 1 S, t.LXW, p. 367.

ASSISTAXCE PRIVÉE 167

L'OEuvre de l'Assistance maternelle et infantile de Grenelle prend soin de la mère un mois avant l'accouchement, s'occupe de son ménage et l'assiste au moment de ses couches ; elle surveille l'allaitement et l'élevage de l'enfant jusqu'à trois ans par une consultation de nourrissons et un dispensaire.

L'OEuvre de l'allaitement maternel a été fondée en 1876, à Paris, par Mrae Béquet de Vienne *. Son action s'exerce par des refugesouvroirs : le premier, ouvert en 1892, avenue du Maine, contenant 4o lits ; le second, ouvert en 1904, rue Jean-Baptiste- Dumas, contenant 60 lits. Les femmes enceintes, sans abri et sans ressources, y sont reçues à partir du sixième mois (en 19 10 leur nombre a été de 8o4) ', elles s'occupent à une besogne facile et peu fatigante dont elles touchent le produit.

L'œuvre possède des dispensaires où sont soignés les mères et les enfants. Par des secours d'allaitementet par des aides envoyées à domicile, elle assiste les femmes qui consentent à nourrir leurs enfants au sein -. Elle paie le loyer des accouchées nécessiteuses qui sortent de l'hôpital, ou elle offre asile à celles qui n'ont pas de domicile, durant un ou plusieurs mois, à VAide maternelle de la rue Saint-Fargeau.

Cette institution a l'ait tomber la mortalité infantile à 4,3 pour 100 ; même dans les plus mauvaises années, cette dernière n'a jamais dépassé 6,4 pour 100.

L Abri maternel de Nanterre, fondé en 1909 par la comtesse Hocquart, hospitalise gratuitement les mères sans ressources, qui nourrissent un enfant de moins de trois mois et désirent ne pas s'en séparer.

Elle leur offre un séjour gratuit pendant toute la durée de l'allaitement. Elle leur accorde même, à leur départ, une somme d'argent proportionnée au travail fourni et au temps passé à l'Abri ; en outre, elle leur procure de bonnes places. La moyenne des séjours est de 4 mois et demi, mais certains durent un an. Le nombre des journées d'hospitalisation a été de 2.93g en 1910, de 4-i8o en 1912, de 6.5o5 en 1919. Les dépenses se sont élevées, pour 1912, à environ 17.000 francs ; pour 1919, à plus de 34. 000 francs, soit à 5 fr. 4o (tout compris) par journée de mère et d'enfant.

Cet établissement est à rapprocher du Foyer infantile et maternel de Charlottenbourg-Westend, près Berlin, construit en 1908 3. La femme peut y être admise au cours de la

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