CENTRALISATION ET UNION DES ŒUVRES D'ASSISTANCE
L'assistance aux mères et aux nourrissons ne saurait d'autre part se limiter à la distribution des secours que nous avons envisagés précédemment. Dans de multiples circonstances, l'existence de l'enfant sera sauvegardée par d'autres mesures susceptibles d'éviter, si elles sont prises à temps, un abandon ou une séparation. L'assistance sous toutes ses modalités doit être mise en œuvre pour favoriser l'hygiène infantile, qu'il s'agisse de trouver aux parents ou aux enfants un logement, des vêtements, du travail, etc. ; de les soigner ou de leur permettre de bénéficier d'une convalescence nécessaire. La centralisation et l'union des œuvres d'assistance permet d'atteindre ces différents buts.
1° Centralisation des œuvres d'assistance — Depuis de nombreuses années, des Offices centraux de la charité fonctionnent avec succès à l'étranger. Tels sont : à Londres, la Charity Organisation Society, depuis 1869 ; à Stockholm, le Comité général de protection des pauvres, depuis 188g ; à Berlin, la Ligue des sociétés de bienfaisance.
A Paris, l'Office centrai des œuvres de bienfaisance a été fondé en 1890 ; mais le mouvement en faveur d'une collaboration méthodique des œuvres n'a pris de l'extension que dans ces dernières années ; il s'est surtout manifesté par les Unions d œuvres que nous étudierons plus loin.
La centralisation des œuvres d'assistance au nourrisson rendrait de grands services. Un de nous1, peu avant la guerre, avait dressé le projet suivant pour un arrondissement de Paris.
Une maison du nourrisson, dont il proposait la création, serait un office de renseignements ou le centre de lutte contre la mortalité infantile dans un rayon déterminé, comme le dispensaire antituberculeux est aujourd'hui le pivot de la lutte antituberculeuse.
Située autant que possible à proximité de la mairie, elle donnerait aux parents toutes les indications utiles à la mère et à l'enfant.
Elle signalerait les consultations de nourrissons et les sections de la Mutualié maternelle, les crèches auxquelles les mères peuvent s'adresser.
Les crèches de l'arrondissement devraient tenir d'une façon régulière la maison du nourrisson au courant des places dont elles disposent pour les enfants que les mères ne peuvent garder auprès d'elles durant la journée.
1. G. Schreiber, L'Assistance au nourrisson. Rapport présenté à la Ligue contre la mortalité infantile, 17 décembre 191 3, et Presse médicale, a5 février 19 i!i.
Si la mère était obligée de se séparer de son enfant, elle lui fournirait l'adresse d'une pouponnière ou d'un centre d'élevage placé sous son contrôle.
Elle servirait d'intermédiaire entre les mères indigentes et les œuvres de secours appartenant à l'Assistance publique ou privée. Elle indiquerait aux intéressés les démarcbes à entreprendre pour obtenir les versements prévus par la loi ou accordés parles bureaux de bienfaisance.
Pour remplir son rôle, elle devrait être en rapport avec les diverses institutions de l'arrondissement et avec les Unions d' œuvres où elle aurait un délégué.
La maison du nourrisson enfin devrait être en mesure de diriger l'assistance au nourrisson malade, en lui assurant des secours à domicile et l'aide de ses infirmières-visiteuses, ou en le faisant entrer soit dans une crèche-infirmerie, soit à Y hôpital .
Pendant la guerre, V office central d'assistance maternelle et infantile, présidé par Paul Strauss, a été créé dans un but décentralisation analogue. Il s'est efforcé de grouper les œuvres privées, les œuvres d'assistance publique dépendant de l'Etat, du déparlement ou de la ville, pour assurer, dans toute l'étendue du gouvernement militaire de Paris, aux femmes nécessiteuses en état de geslation ou ayant un enfant de moins de trois ans, la protection sociale, légale et médicale. Il avait organisé dans les maternités, dans les mairies de Paris et de la banlieue des centres de renseignements fonctionnant delà manière indiquée plus haut.
Les résultats qu'il a obtenus sont satisfaisants, à en juger par la statistique municipale de Paris.
En iqi5 sur ioo enfants né£ à Paris il en succombait. . . . ii,'i<> En 191 6 — — — .... 10
En 1917 — — — .... 9,30
2° Union des œuvres d'assistance '. — Les unions des œuvres d'assistance ont pour but de réunir toutes les œuvres ou sections d* œuvres exerçant leur action dans un rayon déterminé, ville ou partie de ville, pour coordonner leurs efforts, tout en laissant à chacune d'elles une entière indépendance.
Elles constituent un centre de renseignement sur les œuvres, sur leur fonctionnement et les ressources dont elles disposent ; un centre • le renseignement sur les familles qui s'adressent aux œuvres, empêchant l'éparpillement des ressources et les doubles emplois. Elles
1. G. Schreiber, L'Union des œuvres d'assistance, la Presse médical